Samuel Montembeault vit en ce moment la saison la plus intense de sa carrière, mais aussi, paradoxalement, l’une des plus injustes sur le plan salarial.
En route pour disputer possiblement 60 matchs cette année, le gardien québécois est sur le point d’atteindre un sommet qu’aucun portier du Canadien n’a effleuré depuis les 66 départs de Carey Price en 2018-2019.
Pourtant, à 3,15 millions de dollars par saison, Montembeault touche un maigre 52 500 $ par rencontre. Et dans l’économie actuelle de la LNH, ce chiffre fait carrément sursauter.
Comment expliquer qu’un gardien appelé à jouer 60 fois en saison régulière soit aussi peu rémunéré comparativement à ses homologues?
Et surtout, comment son agent a-t-il pu négocier un contrat aussi défavorable? C’est la question qui résonne un peu partout dans les médias et les réseaux sociaux, alors que l’ampleur du rôle de Montembeault dans la saison du CH ne cesse de grandir.
Martin St-Louis lui-même a reconnu que « Sam a mérité ces matchs-là », soulignant son évolution et la confiance qu’il a su gagner.
L’entraîneur a été clair :
« Ce n’est plus la première fois, c’est quelque chose qu’il a mérité ». Dans d’autres mots, Montembeault est devenu une pierre angualire de l'équipe. Et un pilier à 3,15 M$, c’est du jamais-vu en 2025 dans la LNH.
Une charge de travail colossale pour un salaire dérisoire.
À ce rythme, Montembeault aura disputé plus de matchs cette saison que plusieurs gardiens payés entre 5 et 6 millions de dollars.
Et pendant qu’il enfile les départs, encaisse les charges mentales et physiques, et sert de colonne vertébrale à un club qui tente désespérément de rester dans la course aux séries, tout le monde réalise qu’il a été outrageusement sous-évalué lors de sa signature.
Martin St-Louis, un brin moqueur devant le sujet de Montembeault a préféré en rire devant les journalistes :
« C'est une difficile question pour un coach (que de parler du gardien). Marc Denis est mieux placé que moi pour ça ! »
Le coach du CH avait le fou rire:
Un petit clin d’œil à son ancien collègue gardien, maintenant analyste, mais aussi un aveu à demi-mot qu'il ne voulait pas entrer dans les détails de son gardien.
On le répètel. À 3,15 millions pour 60 matchs, Montembeault touche l’équivalent de 52 500 $ par match. C’est à peine plus qu’un joueur de quatrième trio payé au salaire minimum, mais c’est lui qui porte le poids de la relance du Canadien, soir après soir.
Et il ne bronche pas. Il encaisse. Il livre la marchandise, ou du moins, tente de le faire dans un contexte toujours plus exigeant.
Difficile de ne pas pointer du doigt son agent dans cette situation. À l’époque de la signature du contrat, plusieurs ont salué la « sécurité » offerte par une entente de trois ans.
Mais à voir ce que Montembeault endure, cette sécurité ressemble maintenant à une prison dorée. Il est bloqué. Sous-payé. Et condamné à devoir se battre chaque soir pour une reconnaissance qui ne vient pas.
Quand on regarde les comparables dans la ligue, la situation de Montembeault fait pitié. Des gardiens avec moins de responsabilités, moins de départs, et parfois même de moins bonnes statistiques, touchent bien plus que lui. Le contraste est choquant.
La vérité, c’est que Samuel Montembeault paie pour sa docilité. Pour ne pas dire sa soumission.
Il n’a jamais exigé un plus grand rôle publiquement. Il n’a jamais mis de pression. Il a accepté son sort, avec humilité, en espérant que le mérite parlerait pour lui.
Et il a bien fait. Mais dans le hockey moderne, la patience est rarement récompensée à sa juste valeur. Ce sont souvent ceux qui cognent le plus fort à la porte qui obtiennent les plus gros chèques.
Et c’est là que réside toute l’ironie de la situation : Montembeault est le gardien numéro un du Canadien. Il l’est sur la glace, dans le vestiaire, dans les décisions du coach.
Mais sur papier? Il est rémunéré comme un gardien de transition. Un simple « bridge ». Une option temporaire. Et c’est injuste.
Alors que la fin de saison approche et que les projecteurs s’intensifient sur le rôle des gardiens dans la course aux séries, Montembeault se retrouve dans l’œil du cyclone.
Il doit composer avec une pression énorme, des attentes démesurées, tout en sachant que Jacob Fowler et Jakub Dobeš attendent dans l’ombre, avec l’étiquette de futurs titulaires.
Et pendant que certains réclament déjà que Dobeš obtienne plus de départs, Montembeault doit se battre non seulement contre les adversaires, mais contre un vent de doutes qui ne cesse de souffler sur lui.
S’il flanche, s’il craque, s’il encaisse deux mauvaises sorties de suite, il sait que les couteaux sortiront. Encore.
Montembeault sait qu’il ne terminera probablement pas son contrat à Montréal. Sans clause de non-échange, il est vulnérable. Et dans un marché comme celui du CH, où la moindre erreur est amplifiée, sa marge de manœuvre est quasi nulle.
Et pourtant, malgré tout ça, il continue de se lever. De livrer des performances honnêtes. De se présenter au travail, chaque jour. Ce n’est pas seulement admirable. C’est héroïque.
Alors oui, on peut dire que Samuel Montembeault s’est fait avoir sur toute la ligne. Mais ce n’est pas parce qu’il a été sous-payé qu’il est moins essentiel. Bien au contraire : c’est parce qu’il est essentiel qu’on réalise à quel point il est sous-payé.
La saga du contrat de Samuel Montembeault ne cesse de faire grincer des dents, et plus on décortique les chiffres, plus l’indignation monte. Et l’homme pointé du doigt dans cette débâcle, c’est son agent : Paul Corbeil.
Corbeil, pourtant vétéran dans le monde de la représentation sportive, a raté la cible de façon spectaculaire. La LNH a beau être un milieu féroce, les bons agents savent quand frapper, quand protéger leur joueur, et surtout, quand encaisser.
Or, dans le cas de Montembeault, c’est tout le contraire qui s’est produit. Il aurait été en droit d’exiger au moins 4 à 5 millions par année, voire plus, pour un rôle de partant dans un marché exigeant comme Montréal.
Mais au lieu de cela, il s’est retrouvé enfermé dans un contrat de 3 ans, à 3.15 millions par saison, sans aucune clause de non-échange. Une prison dorée, mais une prison quand même.
Et cette mauvaise gestion contractuelle vient avec des conséquences très concrètes. Non seulement Montembeault est sous-payé pour ce qu’il accomplit présentement, mais il devra vivre chaque match comme une audition permanente.
Car l’avenir, lui, est déjà en marche. Jakub Dobeš gagne du terrain dans l’opinion publique et dans l’organigramme de l’équipe.
Et Jacob Fowler, perçu comme un prodige, s’apprête à entrer dans la danse. À 21 ans, il représente tout ce que Montembeault n’a jamais eu : l’aura d’un futur numéro un incontesté, l’étiquette d’élu, et une hype médiatique irrépressible.
Samuel, lui, est coincé. Coincé dans un rôle de titulaire qu’il n’a jamais officiellement gagné, mais qu’il porte à bout de bras.
Coincé dans un contrat qui ne reflète ni son niveau de jeu ni la pression qu’il endure. Coincé entre deux générations : celle qui doute encore de lui, et celle qui a déjà tourné la page vers Fowler.
Et pendant ce temps, Paul Corbeil, silencieux, semble introuvable. Aucune prise de responsabilité publique, aucune explication sur les raisons de ce contrat catastrophique.
Comment peut-on justifier un tel accord dans un marché où la pression est aussi grande, les attentes aussi lourdes, et l’avenir aussi imprévisible?
Corbeil avait entre les mains l’occasion de sceller la sécurité financière de son client. Il a échoué. Et Montembeault devra en porter les conséquences.
Dans un monde juste, Montembeault serait aujourd’hui célébré comme un héros local, avec un contrat à la hauteur de ses efforts, de sa persévérance, et de sa loyauté envers l’organisation.
Au lieu de ça, il est traité comme un gardien de transition, un simple pion dans une stratégie à long terme qui ne l’inclut pas.
On dit souvent qu’un joueur se définit par ce qu’il accomplit sur la glace. Mais il serait temps que les agents, eux, soient jugés pour ce qu’ils font en dehors de la patinoire. Et à ce chapitre, Paul Corbeil a lamentablement failli.