Depuis des mois, le nom de Carey Price ne plane plus seulement comme une ombre du passé glorieux du Canadien de Montréal.
Il est devenu un enjeu comptable, un casse-tête administratif, et surtout un outil de négociation.
Kent Hughes rêve d’enfin se libérer de ce contrat de 10,5 millions de dollars par année. Et pendant un moment, les Blackhawks de Chicago semblaient être le partenaire idéal pour absorber ce fardeau. Mais voilà que les négociations ont pris une tournure glaciale : les Hawks viennent de refroidir le DG du Canadien.
On ne le répétera jamais assez : le contrat de Carey Price est une anomalie. Sur le plan sportif, il est un fantôme, incapable de jouer, sa carrière étant pratiquement terminée depuis des années.
Mais sur le plan financier, c’est un bijou pour certaines équipes.
Grâce au boni de 5,5 millions de dollars qu'il va encaisser lundi (1er septembre), le Canadien ne déboursera plus que 2 millions de dollars cette saison, alors que le cap hit demeure fixé à 10,5 M$.
Une équipe qui a besoin d’atteindre le plancher salarial peut acquérir son contrat, profiter du cap hit élevé, mais sans supporter réellement les coûts, surtout que les assurances vont payer minimum 60 pour cent du contrat.
Un deal parfait pour une formation en reconstruction… comme Chicago.
C’est ici que Frank Seravalli apporte un éclairage intéressant. Selon l’insider, les Blackhawks se retrouvent avec « neuf ou dix défenseurs légitimes de la LNH », une congestion évidente qui les pousse à vouloir en liquider un ou deux.
Les Hawks ont placé Connor Murphy sur le marché depuis des lunes.
Le défenseur est sans contredit le joueur que les Blackhawks cherchent le plus activement à bouger. Bien avant de considérer leurs jeunes comme Nolan Allan, Louis Crevier ou Wyatt Kaiser, Chicago a placé Murphy sur le marché des transactions.
À 32 ans, avec un contrat de 4,4 M$ et un lourd historique de blessures, il ne cadre plus dans la nouvelle identité du club centrée sur la jeunesse.
Le vétéran défenseur droitier de 6 pieds 4, qui a cumulé 19 points en 68 matchs l’an dernier, était déjà sur le point d’être échangé lors de la saison passée, mais ses ennuis physiques ont freiné les démarches.
Aujourd’hui, il reste le nom prioritaire que les Hawks veulent sortir de leur alignement, quitte à retenir une partie de son salaire.
Chicago voudrait refiler son défenseur indésirable comme monnaie d’échange pour absorber le contrat de Price.
Inutile de vous dire que Hughes aurait été... refroidi...
Kent Hughes n’a jamais caché son objectif : se débarrasser du contrat de Carey Price pour libérer de l’espace et respirer sous le plafond salarial. Mais il n’a jamais dit qu’il accepterait de recevoir n’importe quoi en retour.
Prendre Connor Murphy, à 4,4 M$ pour cette saison (dernière année de contrat), ce serait ajouter un autre boulet à une masse déjà étranglée, surtout qu'il y a déjà congestion à la ligne bleue du CH.
D'accord, si Reinbacher prend la direction de Laval, il n'y aura que deux droitiers à Montréal, mais Murphy n'est tout simplement pas un fit à Montréal.
En passant, Adam Engstrom et Mike Matheson sont très à l'aise à droite. Jayden Struble peut aussi se débrouiller, alors qu'Arber Xhekaj est déjà maladroit à gauche, il ne faudrait pas tenter le diable.
Hughes a écouté, mais disons qu'il ne veut rien savoir.
Les offres de Chicago manquent de mordant. Elles ressemblent à des tentatives de liquider du stock invendable plutôt qu’à une opportunité réelle d’aider Montréal.
Ce dossier illustre parfaitement le paradoxe Carey Price :
Trop gros pour le Canadien : 10,5 M$ qui étouffent la masse, même si le salaire réel est couvert.
Trop beau pour d’autres équipes : un contrat qui fait gonfler artificiellement la masse sans coûter cher.
Mais il y a une condition : pour que ça marche, il faut que le Canadien ne reçoive pas un autre poids mort en retour.
C’est exactement ce qui se produit avec Chicago. Le Canadien espérait transformer ce contrat comme une séduction pour atteindre le plancher salarial. Mais pour l’instant, il n’est qu’un fardeau qui attire des offres décevantes du côté des Hawks.
Ce n’est pas anodin si ce dossier refroidit Kent Hughes. Le DG montréalais ne voit pas le contrat de Price comme une simple formalité comptable. Il le voit comme un tremplin pour une transaction majeure afin de liquider l'entente au complet sans rien donner de plus dans le deal.
Libérer 10,5 M$ sous le plafond, c’est ouvrir la porte à un coup de circuit : acquérir Mason McTavish, par exemple. Les Ducks demandent un prix exorbitant : David Reinbacher, Michael Hage, ou un premier choix non protégé. Hughes refuse. Reste qu'il continue de négocier avec les Ducks.
Tant que Price est sur ses livres, Hughes doit jongler avec la LTIR et des calculs serrés. Une gymnastique qui complique chaque mouvement. Voilà pourquoi il voulait absolument régler ce dossier dès lundi.
Au départ, tout semblait logique. Les Hawks, en reconstruction, doivent atteindre le plancher salarial. Avec Bedard en vedette, mais peu de contrats lourds autour, ils ont besoin d’un cap hit artificiel. Carey Price semblait parfait.
Mais en analysant les offres, la logique s’effondre. Chicago veut envoyer un défenseur de surplus. Montréal n’a pas besoin d’un autre défenseur indésirable. surpayé.
À moins que Hughes réussisse un « flip » comme avec Jeff Petry (récupéré à Pittsburgh puis échangé à Detroit), cette piste semble bouchée.
San Jose semble être le favori dans ce dossier, sans oublier les Penguins de Pittsburgh. Mais pour l’instant, c’est Chicago qui est au téléphone… et qui "turn off" les dirigeants du CH.
Si Kent Hughes attend trop après le 1er septembre, il pourrait se retrouver piégé. Les autres équipes savent que Montréal est acculé. Elles testeront sa patience, l’obligeront peut-être à inclure un choix tardif ou un espoir B pour se débarrasser du contrat.
Ce serait une catastrophe politique pour Hughes, qui a promis de ne pas sacrifier l’avenir. Mais c’est un scénario qu’il ne peut ignorer.
Le dossier Carey Price est plus qu’une formalité administrative. Il est le symbole de la dernière étape de la reconstruction qui retient encore le Canadien. Tant que ce contrat n’est pas réglé, l’équipe ne peut pas respirer, ni frapper un grand coup.
Les Blackhawks semblaient être la solution. Mais à force d’offrir du remplissage, ils ont refroidi Hughes. Et à moins d’un revirement, le DG du CH devra chercher ailleurs.
San Jose ou Pittsburgh?
En attendant, le Canadien reste coincé. Et Carey Price, malgré tout son héritage, continue d’empoisonner l’avenir de son équipe… non pas sur la glace, mais dans les chiffres.
Si seulement il avait accepté de prendre sa retraite dès le 1er septembre. Son dernier deux millions de dollars était trop important...