Ça faisait presque trois semaines qu’on l’attendait.
Trois semaines que Samuel Montembeault traînait ce poids-là sur les épaules : des défaites en cascade, un rôle de numéro un glissé tranquillement vers Jakub Dobeš, une confiance égratignée sans qu’il puisse vraiment intervenir.
Et finalement, à Vegas, ce vendredi après-midi, il a arrêté l’hémorragie… pour lui-même autant que pour le Canadien.
Ce match-là n’avait rien d’une promenade.
Pas pour un gardien qui n’avait pas gagné depuis le 8 novembre contre Utah, et qui sortait de soirées difficiles contre Boston et Los Angeles.
Et pourtant, Montembeault s’est présenté comme quelqu’un qui refuse la disparition tranquille, quelqu’un qui se bat pour reprendre sa place sans lancer de phrases vides.
« On dirait que j’ai arrêté de penser trop. J’ai essayé de juste jouer, d’être dans le moment », explique-t-il calmement après la rencontre.
Parce que oui, il est humain, et dernièrement, ça paraissait.
« Ça faisait un bout que ça rentrait plus souvent que d’habitude. Je voulais juste retrouver un match où je me sentais solide, où je pouvais aider l’équipe. Aujourd’hui, je l’ai senti revenir. »
Ce retour-là, Martin St-Louis en avait besoin autant que lui.
Le coach avait pris un pari énorme : Dobeš contre le Colorado demain, Montembeault aujourd’hui. Un pari risqué dans une ville où les paris se perdent vite.
Mais Montembeault a tenu le coup, a cassé le scénario catastrophe et a permis au Canadien d’arriver au Colorado avec trois victoires de suite dans les poches, plutôt qu’avec un nuage de doutes.
Et tout ça, il l’a fait en retrouvant les gestes les plus simples, les plus fondamentaux de son ADN de gardien.
« J’ai aimé la façon dont j’ai réagi quand ça brassait. J’ai aimé comment j’ai challengé les lancers. Ça, c’est un bon signe pour moi. »
Quand un gardien parle comme ça, c’est que la technique revient, que les jambes répondent, que la tête respire.
Ce n’est pas encore le grand revirement, et Montembeault le sait. Il reste lucide, très loin de crier victoire :
« Je ne me considère pas comme “back”, là. J’ai juste joué un bon match. Faut que j’enchaîne. Faut que je recommence. »
C’est la phrase d’un gars qui a compris sa situation : le filet ne lui appartient plus automatiquement.
Chaque départ est un test. Chaque erreur a une conséquence. Mais chaque performance comme celle de Vegas peut remettre du poids sur la balance.
Et c’est là que l’histoire devient intéressante.
Le Canadien traverse l’Ouest avec un momentum fragile mais réel.
La confiance de Dobeš grimpe. Le jeu d’équipe se stabilise.
Et au milieu de tout ça, Montembeault, lui, essaie de réinscrire son nom dans la discussion.
Pas en parlant. Pas en jouant aux victimes. En arrêtant des rondelles, point final.
Aujourd’hui, c’était un match nécessaire.
Demain, ce sera une bataille différente, mais Samuel Montembeault vient de rappeler quelque chose que beaucoup avaient oublié : dans la LNH, un gardien peut passer d’ombre à lumière en un seul après-midi.
Et surtout : il n’a pas l’intention de disparaître. Pas maintenant.
Let's goooo...
