Transaction Montréal-Chicago: un choix de première ronde qui change tout

Transaction Montréal-Chicago: un choix de première ronde qui change tout

Par Nicolas Pérusse le 2025-08-28

C’est peut-être le secret le moins bien gardé de la LNH en cette fin d’été 2025 : les Blackhawks de Chicago veulent absolument ajouter un défenseur gauchier à leur alignement.

Et pas n’importe lequel. Selon Frank Seravalli, l’organisation explore activement toutes les options pour combler un vide énorme à gauche, quitte à sortir un choix de première ronde ou un jeune espoir dans une transaction.

« Je pense que les Blackhawks regardent actuellement entre neuf et dix défenseurs légitimes de la LNH, et quelqu’un devra bouger », a révélé Seravalli dans une entrevue rapportée par Bleacher Report le 26 août.

Une déclaration qui a immédiatement mis la puce à l’oreille aux partisans du Canadien de Montréal. Car s’il y a bien un défenseur gaucher sous pression au Québec en ce moment, c’est Mike Matheson.

La situation à Chicago est claire: à droite, Chicago n’a aucun stress de profondeur. Il dispose déjà de Sam Rinzel (espoir de premier plan), Artyom Levshunov (2e choix au total en 2024), et de l’expérimenté Connor Murphy. Trois droitiers solides, prometteurs, complémentaires. Mais à gauche? C’est le chaos total.

Actuellement, le meilleur défenseur gaucher du club est… Alex Vlasic. Derrière lui? Wyatt Kaiser, qui peine à s’établir dans la LNH, et Ethan Del Mastro, robuste mais limité offensivement. C’est ridicule.

Aucun vétéran. Aucun général. Aucun mentor pour encadrer la jeune garde. Et surtout : aucun joueur capable de jouer 24 minutes par soir, de manière constante, face aux meilleurs trios adverses.

Le portrait est alarmant. Et c’est dans ce contexte que les Blackhawks rêvent à un coup de circuit défensif.

Les rumeurs autour d’un possible échange impliquant Arber Xhekaj ont fait couler beaucoup d’encre cette saison. Notamment à cause des tensions grandissantes entre le « Shérif » et Martin St-Louis. au point où Xhekaj a explosé de colère à l’entraînement à plusieurs reprises.

Mais malgré ces remous, Xhekaj ne bougera pas. Du moins pas maintenant. Pourquoi? Parce qu’il est trop précieux sur le plan marketing.

Sa relation avec son frère Florian, tout proche du CH, son statut de chouchou des fans, son histoire émotive… Tout cela fait de lui un atout unique que Kent Hughes ne peut pas sacrifier sur un coup de tête.

Montréal ne le laissera pas filer à moins d’une offre astronomique, que Chicago n’est pas prêt à faire.

Alors qui reste-t-il? Mike Matheson.

Le défenseur québécois entre dans la dernière année de son contrat de 4,875 M$, et il voit sa place dans la hiérarchie défensive du Canadien s’effriter à vue d’œil.

Avec l’arrivée de Noah Dobson, l’éclosion attendue de Lane Hutson, la stabilité de Kaiden Guhle, l’émergence de David Reinbacher et l’arrivée d’Alexandre Carrier, il n’y a plus de place pour Matheson dans le top 4.

Surtout qu'Adam Engstrom est NHL-ready.

Pire : il risque d’être "pogné" à un rôle de troisième paire, avec moins de temps de glace et une exclusion quasi-totale des unités spéciales offensives.

Or, ce scénario est un cauchemar contractuel pour un joueur qui vise un gros contrat à l’été 2026. Un agent nous a même confié :

« Si tu enlèves 8 minutes à Matheson par match, ça lui coûte au moins 2 millions $ par année sur son prochain contrat. »

Cruel pour un joueur qui veut "cash in" sur son prochain contrat. À moins qu'il accepte un contrat à rabais pour demeurer à Montréal.

On va parle de transaction tant et aussi longtemps que Matheson n'est pas prolongé. Certains pensent qu'il est prêt à accepter des peanuts pour rester à Montréal.

Mais la majorité des fans du CH veut le voit se faire échanger.

Et c’est là que Chicago entre en scène.

Ce qui rend la piste des Hawks crédible, c’est que le DG Kyle Davidson a un atout de taille à offrir : le choix de première ronde de la Floride obtenu dans la transaction de Seth Jones.

Ce choix, bien qu’il risque d’être tardif (les Panthers visent une 3e Coupe Stanley de suite), représente une monnaie d’échange crédible pour un vétéran comme Matheson, surtout dans un contexte où plusieurs équipes cherchent désespérément à améliorer leur côté gauche.

Ce même choix pourrait servir au Canadien dans un "package deal" pour ensuite acquérir un deuxième centre, poste que Kent Hughes cherche à combler depuis la disparition de Kirby Dach.

Un nom commence aussi à circuler en coulisses : Jayden Struble.

Le robuste défenseur américain a le profil physique qui plaît à Chicago : intense, mobile, combatif. Et surtout : il coûte beaucoup moins cher que Matheson, avec un contrat à 1,4 M$ pour les deux prochaines saisons.

S’il ne perce pas à Montréal, il pourrait devenir un plan B pour Chicago, notamment si le prix de Matheson devient trop élevé.

Mais pour l’instant, Matheson reste le plan A. Car les Hawks ont besoin d'un vétéran avant tout.

Le problème pour Kent Hughes, c’est le facteur temps. Plus il attend, plus la valeur de Matheson risque de s’effondrer.

S’il commence la saison sur une troisième paire, sans avantage numérique, sa production va chuter. Et son prix aussi.

À ce moment-là, Chicago, ou une autre équipe, pourra faire une offre plus faible. Et Hughes devra choisir entre encaisser des miettes ou perdre Matheson gratuitement à l’été 2026.

C’est pourquoi le bon moment pour agir, c’est maintenant. Pendant que Chicago est prêt. Pendant que la valeur de Matheson est intacte. Et pendant qu’une équipe comme les Hawks craint pour sa stabilité défensive.

Tout ceci est cruel pour Mike Matheson. Lui qui aime Montréal, qui s’y est enraciné avec sa famille, qui a traversé la tempête médiatique, et qui rêvait de conclure sa carrière chez lui.

Mais le hockey est une entreprise froide et sans pitié. Et dans une organisation en reconstruction comme le CH, la jeunesse passe avant tout.

Surtout, il ne faut pas oublié que Mike Matheson s’est vidé le cœur.

Tanné et fatigué par les critiques incessantes, vidé mentalement par la pression médiatique et populaire, le défenseur québécois a craqué :

« C’est très difficile quand tu ouvres ton cellulaire et qu’il y a une centaine de personnes qui te disent que tu es mauvais », a-t-il avoué sans filtre aux journalistes.

Puis, au bord des larmes, il a failli craquer:

« Parfois, c’est facile d’oublier qu’on est des êtres humains. »

Ces mots résonnent aujourd’hui plus fort que jamais. Matheson n’en peut plus. Il a tenté de rester digne, de faire face, de jouer son rôle. Mais la réalité est sans pitié : Montréal n’est plus un environnement sain pour lui.

Et dans ce contexte, un nouveau départ, loin des projecteurs, loin des réseaux sociaux toxiques, pourrait être exactement ce qu’il lui faut pour retrouver son équilibre et redevenir le joueur qu’il est vraiment.

À moins d’une surprise, Matheson ne signera pas de prolongation à Montréal. Il est déjà considéré comme remplaçable par la direction, malgré le fait qu'il soit apprécié dans la chambre.

La balle est dans le camp de Kent Hughes. Si les Blackhawks tendent la main… il serait fou de ne pas saisir sa chance.