240 millions de dollars: une triste fin pour Phil Danault

240 millions de dollars: une triste fin pour Phil Danault

David Garel
Le 2026-07-31

Pendant que Kent Hughes récolte les éloges partout dans la LNH pour sa gestion du plafond salarial, Phillip Danault se retrouve malheureusement de l’autre côté du miroir.

Le Canadien vient d’être classé parmi les meilleures équipes de la Ligue nationale en matière de structure salariale par le modèle de Dom Luszczyszyn de The Athletic.

Selon cette analyse, Montréal profiterait d’une valeur contractuelle exceptionnelle grâce à des ententes comme celles de Lane Hutson, Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov.

Au total, le modèle estime que le Canadien bénéficie d’un avantage d’environ 240 millions de dollarspar rapport à la valeur réelle de ses contrats.

Mais au milieu de tous ces succès, deux noms ressortent pour les mauvaises raisons : Phillip Danault et Josh Anderson. Les deux contrats reçoivent la pire évaluation de l’organisation, une note de C-, ce qui signifie que, selon le modèle, leur impact sur la glace ne correspond plus à leur salaire de 5,5 millions de dollars par saison. (voir la suite de l'article sous la photo)

Imaginez pour l'ego de Ti-Phil. Tu es l'un des seuls Québécois de l'équipe... et tu es le seul indésirable.

C’est une réalité difficile à accepter. Personne ne remet en question la carrière de Phillip Danault. Personne n’oublie tout ce qu’il a apporté au Canadien, son leadership, son intelligence défensive, sa capacité à neutraliser les meilleurs joueurs adverses et son professionnalisme exemplaire.

Mais la LNH est une ligue où l’on paie pour ce qu’un joueur apportera demain, pas uniquement pour ce qu’il a accompli hier. Et aujourd’hui, tous les indicateurs pointent dans la même direction : Danault arrive au dernier chapitre de son parcours à Montréal.

Le plus cinglant, c’est que son contrat expire justement au moment où le Canadien verra débarquer une nouvelle vague de jeunes joueurs qui devront être rémunérés.

Avec l’émergence du noyau actuel et les prochaines négociations importantes qui s’en viennent, il devient extrêmement difficile d’imaginer Kent Hughes offrir une nouvelle entente à un vétéran de 33 ans dont la courbe de rendement est en chute libre.

Même Danault semble conscient de cette réalité. Lorsqu’il parle de son avenir, il insiste davantage sur son désir de gagner que sur l’argent.

Ses paroles démontrent tout son attachement au Canadien et à Montréal. Elles forcent le respect. Mais elles ne changent pas les calculs d’une organisation qui construit méthodiquement une équipe aspirante autour d’un jeune noyau appelé à dominer pendant de nombreuses années.

C’est peut-être la partie la plus cruelle du sport professionnel. On peut être un leader irréprochable, un coéquipier exemplaire et un favori des partisans… tout en devenant une victime du plafond salarial et de l’évolution naturelle d’une reconstruction.

Si le modèle de The Athletic encense le travail de Kent Hughes, il envoie aussi un message très clair : les contrats de Phillip Danault et de Josh Anderson représentent les derniers vestiges d’une autre époque.

Et lorsque ces ententes disparaîtront l’été prochain, le Canadien disposera encore plus de flexibilité pour bâtir autour de l’un des meilleurs jeunes noyaux de toute la LNH.

Pour Phillip Danault, cela n’enlève absolument rien à l’héritage qu’il laissera à Montréal. Mais tout indique que son avenir s’écrira ailleurs.

C’est parfois la dure réalité d’une équipe qui passe de la reconstruction… à la conquête.

Le plus triste dans cette histoire, c’est que Danault, lui, ne cache absolument pas son désir de poursuivre l’aventure à Montréal.

« Mon but, c’est de gagner. Je regarde Tampa Bay ou Chicago dans le passé, ils ont bâti une équipe aspirante et c’est ce que le Canadien fait présentement et ça se ressent. Je trouve que je fitte bien dans ce groupe. Pour le reste, on ne sait pas. Mon but premier est de gagner des Coupes et, même s’il n’y a qu’une équipe qui gagne chaque année, je sens que j’augmente mes chances en jouant avec ce groupe. »

Il aurait pu parler d’argent. Il aurait pu envoyer un ultimatum. Il aurait pu mettre de la pression sur Kent Hughes à un an de devenir joueur autonome. Il n’a rien fait de tout ça. Au contraire. Son message est celui d’un vétéran qui veut simplement continuer à faire partie de cette aventurem quitte à être payé des peanuts.

On sent pratiquement qu'il mendie un contrat au salaire minimum.

Quelques instants plus tard, il est même allé encore plus loin en parlant de Montréal.

« Les gens sont vraiment reconnaissants. Ils nous remercient et c’est beau à voir. Les gens sont passionnés et prennent ça à cœur. Je m’ennuyais de ça. Avec l’équipe qu’on a, en plus, on n’a pas fini d’en entendre parler. »

Ces paroles ne ressemblent pas à celles d’un joueur qui prépare déjà son prochain contrat ailleurs. Elles ressemblent plutôt à celles d’un joueur qui espère sincèrement terminer ce qu’il a commencé avec le Canadien. Un vétéran qui voit enfin cette équipe devenir une véritable aspirante à la Coupe Stanley et qui rêve d’en faire partie jusqu’au bout.

Malheureusement, le hockey est souvent plus froid que les émotions. Chaque dollar comptera. Chaque place sur la masse salariale aura une valeur énorme. Prolonger un centre de 33 ans dont le contrat est déjà considéré comme nuisible devient impossible à justifier.

Voilè qui rend les paroles de Danault aussi tristes aujourd’hui. Elles donnent l’impression qu’il sait très bien que cette saison est sa dernière à Montréal.

Ce sont justement les plus belles histoires qui connaissent les fins les plus déchirantes. Ouch.