Le pire scénario imaginable pour Martin St-Louis est peut-être en train de prendre forme sous les yeux de tout le monde.
Pendant des années, le débat a divisé les partisans des Canadiens de Montréal. D’un côté, ceux qui croyaient à la vision de Martin St-Louis. De l’autre, ceux qui étaient convaincus que Patrick Roy était l’homme de la situation pour ramener une véritable culture de compétition à Montréal.
Ce débat n’a jamais disparu.
Et voilà qu’il pourrait exploser plus fort que jamais.
Non seulement Patrick Roy fait officiellement partie du processus d’embauche des Maple Leafs de Toronto, mais Elliotte Friedman est même allé plus loin.
Le journaliste a affirmé que son entrevue aurait été excellente.
@sportsnet590 "The word on the street is that Roy's interview was really good." Elliotte Friedman joins @Matt Marchese and Mike Futa with the latest on Patrick Roy and the Maple Leafs’ head coaching vacancy. #torontomapleleafs #patrickroy #nhl #hockey #leafsforever ♬ original sound - SN590
Wow. Le meeting a ététrès bien reçu à l’interne et Roy a laissé une excellente impression auprès des décideurs torontois.
Imaginez seulement la suite.
Patrick Roy derrière le banc des Maple Leafs.
Le roi à la tête du plus grand rival des Canadiens.
L'idole du Québec qui débarque dans un marché où la pression est immense, où les attentes sont gigantesques et où chaque décision devient un sujet national.
La simple possibilité est déjà suffisante pour créer une onde de choc à Montréal.
Car si Roy obtient ce poste, les comparaisons avec Martin St-Louis vont devenir quotidiennes.
Chaque victoire.
Chaque défaite.
Chaque décision.
Tout sera analysé.
Le jour où Toronto viendra jouer au Centre Bell avec Roy derrière le banc, l’atmosphère sera électrique comme rarement auparavant.
Une partie importante de la base partisane du Canadien n’a jamais accepté que Roy n’obtienne pas sa chance à Montréal. Cette réalité existe encore aujourd’hui. Elle n’a jamais disparu.
Si Roy transforme les Maple Leafs en puissance de l’Association de l’Est, la pression médiatique autour de Martin St-Louis atteindra un autre niveau.
Surtout que Roy arrive avec une philosophie complètement différente.
À Long Island, malgré un alignement nettement inférieur à celui des Maple Leafs, il a réussi à maintenir les Islanders dans la course pendant presque toute la saison.
Plusieurs observateurs considèrent encore aujourd’hui qu’il a obtenu davantage de son groupe que ce que le talent disponible permettait normalement d’espérer.
Toronto lui offrirait quelque chose qu’il n’a jamais eu à New York.
Du talent et des ressources financières importantes. Sans oublier le premier choix au total, Gavin McKenna, qui va débarquer dans la Ville Reine.
Les dirigeants des Leafs seraient grandement séduis de la manière que Roy a géré le tout premier choix au total, Matthew Schaefer.
Le DG des Maple Leafs, John Chayka, affirme vouloir que son organisation soit prête à gagner immédiatement et vise les séries dès la saison prochaine. Il ne veut rien savoir d'une reconstruction.
Et Roy adore les défis de cette nature.
Une autre dimension commence aussi à alimenter les discussions.
Arber Xhekaj.
Depuis des années, Roy répète qu’il aime les équipes difficiles à affronter. Il aime les formations qui imposent un prix physique à leurs adversaires. Il aime les joueurs capables de protéger leurs coéquipiers.
Les Maple Leafs ont souvent été accusés du contraire.
Le souvenir de la blessure subie par Auston Matthews, quand Radko Gudas a explosé son genou, sans aucune réaction de ses coéquipiers, a alimenté énormément de critiques à Toronto.
On a reproché aux Leafs leur manque de robustesse et leur incapacité à répondre physiquement lorsque les matchs deviennent plus intenses.
C’est exactement le type de problème que Roy tenterait probablement de corriger.
Voilà pourquoi le nom de Xhekaj risque de circuler encore davantage si Roy obtient le poste.
Le shérif n'a pas rencontré les médias montréalais au bilan de fin de saison. Martin St-Louis le méprise, il devient agent libre avec restriction et le CH est vulnérable à une offre hostile dans ce dossier.
Imaginez deux secondes si le premier "move arrogant" de Roy est de demander à son DG d'obtenir Arber Xhekaj.
Ouch.
Roy a toujours valorisé les joueurs capables de changer l’atmosphère d’un match par leur présence physique, leur caractère et leur capacité à défendre leurs coéquipiers.
Toronto cherche justement ce genre de personnalité depuis des années.
L’idée d’un Roy qui transforme progressivement les Maple Leafs en équipe plus agressive, plus engagée émotionnellement et plus difficile à affronter risque d’inquiéter plusieurs partisans du Canadien.
D’autant plus que les déclarations de Friedman donnent l’impression que la candidature de Roy est prise très au sérieux.
Il y a quelques semaines à peine, plusieurs croyaient que son congédiement des Islanders avait fermé la porte à un retour rapide derrière un banc de la LNH.
Aujourd’hui, il pourrait se retrouver à la tête des Maple Leafs.
Pour Martin St-Louis, la situation serait particulièrement délicate.
Le fantôme de Patrick Roy sera présent chaque fois que Toronto et Montréal s’affronteront.
Chaque fois que les débats reviendraient sur la décision prise il y a plusieurs années de ne pas lui confier les Canadiens.
Le hockey adore les scénarios hollywoodiens.
Celui-ci serait difficile à battre.
Patrick Roy, l’ancienne légende du Canadien, congédié à Long Island, qui se relève pour prendre les commandes des Maple Leafs de Toronto... et aller chercher le shérif.
À Montréal, le feu médiatique serait instantané.
