Bourde monumentale de Kent Hughes: l'offre hostile annulée

Bourde monumentale de Kent Hughes: l'offre hostile annulée

David Garel
Le 2026-07-03

Kent Hughes s’est-il fait avoir… pour rien?

Plus les heures passent, plus une décision prise par Kent Hughes lors du dernier repêchage soulève des questions.

Pour avancer de quelques rangs et mettre la main sur Gleb Pugachyov, le directeur général du Canadien a accepté de céder son choix de troisième ronde de 2027 aux Golden Knights de Vegas.

À ce moment-là, la décision semblait logique.

Selon ce qui circulait à l’interne, Montréal croyait que les Flyers de Philadelphie s’intéressaient sérieusement à Pugachyov, "le Tom Wilson 2.0".

Le Canadien ne voulait tout simplement pas courir le risque de voir son joueur disparaître quelques choix avant lui.

Voilà pourquoi Hughes a payé le prix pour avancer.

Sauf qu’après le repêchage, Daniel Brière est venu complètement refroidir cette théorie.

Le directeur général des Flyers a affirmé que Pugachyov n’était pas leur cible.

Et lorsqu’on regarde froidement le déroulement du repêchage, plusieurs commencent à comprendre pourquoi.

Les Flyers ont finalement utilisé leur choix pour sélectionner Maksim Sokolovskii, un défenseur de près de 6 pieds 7 pouces et 230 livres, lui aussi originaire du Kazakhstan.

Un monstre que le DG Daniel Brière voulait depuis des lunes, comme il l'a avoué après le repêchage.

Les deux joueurs proviennent du Kazakhstan, Est-ce parce que le CH a appris que les Flyers s'intéressaient a un Kazakh qu'ils ont pensé que Philadelphie allait sauter sur lui?

Hughes a-t-il eu la mauvaise info de ses informateurs?

Avec le recul, plusieurs se demandent si le Canadien n’a pas commis l'erreur de l'année en interprétant un intérêt général des Flyers envers des joueurs kazakhs comme un intérêt précis envers Pugachyov.

Kent Hughes vient de payer un prix important pour un danger qui n’existait même pas.

Le plus inquiétant, c’est la conséquence de cette décision.

En cédant son choix de troisième ronde de 2027, le Canadien s’est pratiquement retiré de plusieurs scénarios d’offres hostiles.

Or, avec toutes les vedettes autonomes avec compensation encore disponibles, tout le monde aurait aimé voir Montréal disposer de toutes ses munitions.

Connor Bedard

Jason Robertson

Cutter Gauthier

Trevor Zegras

Leo Carlsson

Adam Fantilli

Connor McMichael

Mavrik Bourque

Cole Perfetti

Alexander Nikishin

Jamie Drysdale

D'accord, d'accord. On comprend que les Ducks d'Anaheim ont déjà clamé à tous les DG qu'ils égaleraient tout offre hostile. Il ont en masse l'espace sur le cap salarial.

Connor Bedard est un rêve impossibe,

Mais même si une offre hostile est souvent égalée, elle demeure une arme stratégique. Elle force une équipe à réagir. Elle met de la pression sur un directeur général. Elle peut modifier complètement le marché des transactions.

Les Devils viennent de le démontrer avec Barrett Hayton.

Les Blues l’avaient fait avec Philip Broberg et Dylan Holloway.

Le Canadien, lui, s’est privé d’une partie de cette flexibilité.

Et c’est là que le débat commence.

Personne ne remet en question le choix de Gleb Pugachyov, un attaquant robuste, mais pas le plus talentueux.

La vraie question est ailleurs.

Était-il vraiment nécessaire de sacrifier un choix de troisième ronde pour aller le chercher?

Si Daniel Brière dit vrai (et on ne parle pas d'un mentaeur), si les Flyers visaient réellement Sokolovskii depuis le début… alors Kent Hughes s’est peut-être fait peur tout seul.

Et cette peur pourrait aujourd’hui empêcher le Canadien d’utiliser l’une des armes les plus agressives que la convention collective met à la disposition des directeurs généraux.

C’est exactement le genre de détail qui, des mois plus tard, peut finir par avoir beaucoup plus d’impact qu’un simple échange de choix au repêchage.

À cause de lui, l'offre hostile possible... a été annulée...

Dans la convention collective, les compensations sont extrêmement précises. Une offre comprise entre environ 7,1 et 9,5 millions de dollars exige un choix de première ronde, un choix de deuxième ronde et… un choix de troisième ronde.

Entre environ 9,5 et 11,9 millions de dollars, il faut céder deux choix de première ronde, un deuxième et un troisième. Sans ce troisième choix de 2027, plusieurs scénarios deviennent beaucoup plus compliqués, voire impossibles.

Parfois, une offre hostile ne sert pas uniquement à voler un joueur.

Elle sert aussi à mettre une organisation sous pression.

À forcer un directeur général à prendre une décision inconfortable.

À compliquer sa gestion du plafond salarial.

À créer un effet domino qui ouvre ensuite la porte à d’autres transactions.

C’est exactement ce que certaines organisations n’hésitent plus à faire. Voilà comment les Hurricanes de la Caroline ont pu obtenir K'Andre Miller pour des peanuts.

Déranger.

Provoquer.

C’est peut-être ce qui manque actuellement à Kent Hughes.

Personne ne remet en question sa patience.

Personne ne remet en question sa capacité à gérer les actifs du Canadien.

Mais plusieurs commencent à se demander si cette patience ne se transforme pas tranquillement en prudence excessive.

Parce qu’au final, si tu ne tentes jamais ta chance, tu n’as aucune possibilité de frapper un grand coup.

Imaginez une offre gigantesque à Adam Fantilli, de 11,939 M$ tout près du seuil de 12 millions de dollars par saison.

La compensation n'est que de deux choix de 1re ronde, un choix de 2e ronde et un choix de 3e ronde.

Cette offre est annulée pour la grave erreur de Hughes.

Et même si Columbus aurait probablement égalé.

Le message envoyé à toute la LNH aurait été extrêmement puissant.

Le Canadien est prêt à utiliser toutes les armes que lui offre la convention collective.

Aujourd’hui, cette possibilité semble pratiquement disparaître.

Il pourrait offrir plus de 12 M$ par année à Fantilli et donner 4 choix de 1re ronde.

Mais notre DG n'a pas les bijoux de famille en or pour oser ce genre de "move",