Zachary Bolduc vient peut-être de compliquer encore un peu plus sa relation avec Martin St-Louis.
Il vient de le confronter en direct.
Alors que son contrat avec le Canadien de Montréal n’est toujours pas réglé et qu’il reste environ cinq semaines avant le début du camp d’entraînement, le jeune attaquant a décidé de parler publiquement de son futur rôle.
Et lorsqu’on écoute attentivement ses propos, il y a quelque chose d’assez particulier qui ressort : Bolduc semble vouloir envoyer un message à son entraîneur tout en essayant de donner l’impression qu’il lui fait entièrement confiance.
C’est un drôle de jeu de relations publiques.
D’un côté, Bolduc affirme qu’il s’attend à avoir davantage de responsabilités la saison prochaine. De l’autre, il répète immédiatement que ces responsabilités devront être méritées. Puis il remet la décision entre les mains de son entraîneur.
« C’est sûr que tu vas avoir toujours un meilleur rôle, tu vas avoir plus de responsabilité, tu vas avoir plus de temps de glace, mais c’est des choses qui se méritent. »
Qui décide justement du rôle de Bolduc? Martin St-Louis.
Et qui devra lui donner davantage de minutes?
Encore Martin St-Louis.
Le jeune attaquant ne vient donc pas simplement parler de son développement. Il explique publiquement qu’il s’attend à obtenir davantage de responsabilités, tout en précisant que ce sera à lui de convaincre son entraîneur.
C’est presque une façon très polie de dire :
« Je pense que je mérite plus. Maintenant, donnez-moi la chance de le démontrer. »
Hum. Bizarre.
Bolduc n’a toujours pas de nouveau contrat.
Son avenir financier demeure en suspens.
Depuis plusieurs semaines, son discours donne parfois l’impression qu’il oscille entre deux réalités complètement différentes.
Lorsqu’il est question de son contrat, l’argent semble occuper une place importante dans la réflexion. Lorsqu’il est question de son rôle avec le Canadien, il insiste plutôt sur son désir de jouer davantage et d’obtenir plus de responsabilités.
Puis, lorsqu’on lui demande directement s’il pense déjà à ce rôle, il répond :
« Je ne me suis pas vraiment arrêté sur ça. C’est encore une fois des choses que je ne contrôle pas. Je laisse ça entre les mains de mon coach. »
Vraiment?
Parce que quelques secondes auparavant, il venait justement d’expliquer qu’il allait avoir un meilleur rôle, davantage de responsabilités et plus de temps de glace.
C’est là que le discours devient contradictoire.
Bolduc veut plus.
Il sait qu’il veut plus.
Il sait probablement aussi qu’il devra le gagner.
Mais il ne veut surtout pas donner l’impression qu’il exige quoi que ce soit.
Alors il laisse la décision à Martin St-Louis.
Et c’est probablement la meilleure façon de gérer publiquement la situation lorsqu’on est un jeune joueur qui n’a toujours pas signé son contrat.
Le problème, c’est que St-Louis entend tout ça.
Le Canadien aussi.
Et contrairement aux partisans, les entraîneurs ne distribuent pas les minutes de glace en fonction des déclarations faites devant les journalistes.
Bolduc devra donc arriver au camp et démontrer qu’il mérite réellement ce qu’il réclame implicitement.
C’est exactement ce qu’il reconnaît lui-même.
« Ça va être à moi d’arriver au camp et de démontrer que je peux aider cette équipe-là en étant sur la glace, mes minutes et avoir plus de responsabilités. »
Cette partie est importante.
Parce que Bolduc comprend parfaitement la situation.
Il ne peut pas simplement réclamer une place sur un trio supérieur. Il doit démontrer qu’il est capable de la conserver.
Il doit être meilleur que les joueurs qui lui feront compétition.
Il doit être suffisamment constant pour que St-Louis n’ait plus aucune raison de le laisser sur un quatrième trio ou de réduire son utilisation.
Et surtout, il doit arrêter de donner l’impression qu’il attend que le Canadien lui offre ce rôle avant de démontrer qu’il le mérite.
C’est peut-être exactement le message que St-Louis voudra lui faire comprendre au camp.
Tu veux plus de responsabilités?
Prends-les.
Tu veux plus de minutes?
Force-moi à te les donner.
Tu veux jouer avec de meilleurs joueurs?
Démontre-moi que tu peux suivre leur rythme.
Le jeune attaquant est probablement frustré par l’attente entourant son contrat. Il veut savoir quelle sera sa place dans la formation. Il veut évidemment maximiser sa valeur. Et il sait qu’une bonne saison avec davantage de responsabilités pourrait complètement changer sa situation financière lors de sa prochaine négociation.
Mais en même temps, il ne veut pas partir en guerre contre son entraîneur.
Alors il joue constamment sur les deux tableaux.
C’est presque du yin et du yang.
Et plus Bolduc parle, plus on a l’impression qu’il cherche la bonne formule pour ne pas se mettre personne à dos.
Car il y a évidemment une réalité qu’il ne peut pas ignorer : son prochain contrat dépend énormément de ce qui va se passer avec Martin St-Louis.
Cette attente contractuelle doit être frustrante pour lui.
Et pendant ce temps, chaque phrase prononcée devant les journalistes peut devenir un enjeu.
Bolduc devra donc être extrêmement prudent dans les prochaines semaines... les prochains jours...
Martin St-Louis possède une mémoire de rancunier. Il va le faire payer.
Au bout du compte, le coach aura le dernier mot.
Et c’est probablement pour cette raison que la dernière phrase de Bolduc est la plus révélatrice de toutes :
« Je laisse ça entre les mains de mon coach. »
Challenger Martin Napoléon St-Louis.
Jamais une bonne idée...
