Daniel Brière est-il en train de se mettre toute la LNH à dos?
Poser la question, c'est y répondre.
Daniel Brière voulait envoyer un message à toute la LNH.
Mission accomplie.
Le problème, c’est que le message n’est peut-être pas celui qu’il espérait.
Depuis son offre hostile historique de 90 millions de dollars sur cinq ans à Leo Carlsson, le directeur général des Flyers est devenu l’un des hommes les plus détestés de la Ligue nationale.
Et selon plusieurs dirigeants de la LNH, les conséquences commencent déjà à se faire sentir.
Pierre McGuire l’a reconnu sans détour.
Selon lui, cette offre hostile n’a pas du tout été bien accueillie aux quatre coins de la LNH.
Les offres hostiles sont parfaitement légales.
Personne ne remet cela en question.
Mais dans le petit monde des directeurs généraux, les relations comptent énormément.
Les mêmes dirigeants négocient ensemble pendant des années.
Ils s’échangent des joueurs.
Ils se rendent des services.
Ils entretiennent des relations de confiance.
Or, en offrant 18 millions de dollars par saison à Leo Carlsson, un montant largement supérieur à sa valeur actuelle, plusieurs ont vu la manœuvre comme une tentative de mettre Anaheim dans une situation impossible plutôt que comme une simple négociation de hockey.
Surtoit, il a élevé le marché au complet avec cette offre insensée.
Et selon Pierre McGuire, plusieurs dirigeants n’ont pas apprécié la méthode.
La grande question est maintenant la suivante.
Qui aura encore envie de faire affaire avec Daniel Brière?
Cette réputation pourrait lui coûter beaucoup plus cher que l’échec de l’offre hostile elle-même.
Parce qu’un directeur général ne travaille jamais seul.
Il a constamment besoin de ses collègues.
Aujourd’hui, c’est le DG Pat Verbeek qui n'oubliera jamais cette tentative de lui arracher son joueur de concession.
Daniel Brière voulait se venger pour s'être fait avoir dans la transaction de Cutter Gauthier pour Jamie Drysdale.
Mais aujourd'hui, Verbeek a barré Brère à vie pour une transaction.
Demain, ce sera un autre DG qui refuera de faire affaire avec lui.
Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que la colère explose maintenant… à Philadelphie même.
La lune de miel est terminée.
Les critiques ne viennent plus seulement de l’extérieur.
Elles viennent directement de la maison.
L’animateur Hunter Brody, l’une des voix les plus influentes de la radio sportive de Philadelphie, a complètement démoli le travail de Daniel Brière.
Il a déclaré un appel public à son congédiement.
Selon Brody, les Flyers ont complètement saboté leur reconstruction.
« Ils ont complètement saboté la reconstruction. Tous les actifs accumulés ont été jetés aux toilettes. »
Des mots extrêmement lourds.
Selon lui, Daniel Brière a voulu accélérer le processus beaucoup trop rapidement.
Il aurait tenté de reconstruire tout en agissant comme si son équipe était déjà prête à lutter pour la Coupe Stanley.
« Tu ne peux pas avoir un pied dedans et un pied dehors. Ils ont fait ça. Et maintenant, ils paient le prix. »
Puis sont venues les attaques sur les repêchages.
Hunter Brody n’a eu aucune pitié pour Jett Luchanko.
« Luchanko, ça pue. Il pue. C’est une évaluation complètement ratée. »
Même traitement pour Jack Nesbitt.
Selon lui, monter au repêchage pour sélectionner un joueur qui n’est même pas capable de produire un point par match dans le junior constitue une erreur qui pourrait faire reculer une organisation de plusieurs années.
Les contrats?
Même catastrophe.
Le contrat de huit ans accordé à Owen Tippett?
« Tu devrais être congédié juste pour ça. »
Celui de Travis Konecny?
Une autre erreur majeure.
La prolongation de Christian Dvorak?
Encore un mauvais calcul.
Même le développement de Matvei Michkov est remis en question.
Pour Brody, lorsqu’un jeune joueur arrive hors de forme, l’organisation porte aussi une part de responsabilité.
Brody y voit le symptôme d’une organisation qui tourne en rond.
Son verdict est brutal.
Selon lui, les Flyers devraient pratiquement tout recommencer.
Échanger Konecny.
Échanger Travis Sanheim.
Échanger Cam York.
Repartir de zéro.
Et lorsqu’un animateur aussi influent réclame ouvertement le congédiement de son directeur général, c'est toujours de la fumée avant le feu.
Daniel Brière est fait comme un rat.
À l’extérieur de Philadelphie, plusieurs directeurs généraux lui reprocheraient son approche extrêmement agressive avec l’offre hostile à Leo Carlsson.
À l’intérieur de Philadelphie, une partie grandissante des partisans et des médias remet maintenant en question l’ensemble de son travail.
C’est un mélange explosif.
Mais attention.
Toutes les critiques formulées par Hunter Brody ne relèvent pas de Daniel Brière.
Par exemple, le choix de Cam York avant Cole Caufield au repêchage de 2019 ne peut évidemment pas lui être reproché, puisqu’il n’était pas directeur général à l’époque.
Mais plusieurs décisions prises depuis son arrivée alimentent bel et bien le débat.
Et maintenant, des voix de plus en plus importantes qui demandent publiquement son départ.
Les DG... tout comme les journalistes.
Dans la LNH, la réputation est presque aussi importante que les transactions elles-mêmes.
Un directeur général peut être audacieux.
Il peut déranger.
Mais lorsque les autres dirigeants commencent à perdre confiance… et que sa propre ville commence à réclamer son congédiement… c'est le début de la fin.
Daniel Brière vient d’entrer dans son cauchemar.
L’offre hostile à Leo Carlsson devait démontrer que Philadelphie était redevenue une organisation agressive et ambitieuse.
Aujourd’hui, elle risque plutôt de devenir le symbole d’une gestion qui a isolé son directeur général à travers la Ligue nationale… pendant que, chez lui, les appels à son congédiement se multiplient de semaine en semaine.
