La nouvelle nous a frappé droit au coeur parce qu’elle touchent un homme dont la crédibilité ne repose pas sur des mots, mais sur une vie entière à encaisser les coups sans jamais reculer.
Et ce qui est arrivé à Gilbert Delorme vendredi dernier nous donne des frissons dans le dos.
Le pauvre est tombé du toit de la maison de sa fille, a été transporté d’urgence et a passé deux jours à l’hôpital…
Déjà, le simple récit donne le ton. Mais quand les détails médicaux sortent, on comprend rapidement l’ampleur réelle de l’accident.
Des côtes fracturées. Un poumon perforé. Une séparation de l’épaule. Une déchirure à l’ischio-jambier. Le haut du corps atteint. Le bas du corps atteint. Littéralement brisé de partout. Le genre de bilan qui cloue n’importe qui au lit pendant des semaines, sans discussion.
Et pourtant, quelques jours plus tard, il est là. En studio. À son micro. De bonne humeur.
Vous n'avez pas idée comment cet homme m'impressionne. Il pourrait être à la retraite les deux pieds sur le pouf! Mais non, il aide à reconstruire une maison, vient de combattre un cancer, et il fidèle au poste ce matin pis bien de bonne humeur. Un exemple à suivre!
— Anthony Marcotte (@anthonymarcotte) April 20, 2026
Ce n’est pas normal au sens humain du terme. Mais c’est totalement cohérent avec ce qu’est Gilbert Delorme depuis toujours.
Parce que ce qui rend cet épisode encore plus marquant, c’est la bagarre qu'il vient de livrer. On parle d’un homme qui, il y a à peine quelques mois, traversait un combat silencieux contre un cancer de la prostate.
Un combat qu’il n’a même pas jugé bon d’exposer publiquement au départ. Il a continué à travailler. À parler hockey. À débattre. À livrer ses opinions comme si de rien n’était, alors que derrière le micro, il encaissait des traitements lourds, une fatigue réelle, et une incertitude que peu de gens peuvent comprendre.
Il a manqué quoi… trois jours de travail?
Ça explique exactement pourquoi, quand Delorme parle d’effort, d’engagement, de sacrifice, il ne parle jamais dans le vide.
Quand il critique un joueur comme Kirby Dach en disant qu’il aimerait le voir “manger les bandes”, ce n’est pas un commentaire de radio pour remplir du temps d’antenne. C’est un standard personnel. C’est ce qu’il a été. C’est ce qu’il est encore aujourd’hui, même en dehors de la glace.
A-t-on laissé trop de chances à Kirby Dach? 🔵⚪️🔴 pic.twitter.com/oQIb1pS20y
— BPM Sports (@BPMSportsRadio) April 13, 2026
Il ne s’invente pas une mentalité. Il la vit.
Et c’est exactement ce qui explique aussi sa sortie émotive dans le dossier Brendan Gallagher. Oui, il a débordé. Oui, le ton était trop fort. Oui, son intervention a créé un malaise. Mais il faut comprendre d’où ça vient.
Delorme ne voit pas Gallagher comme un cas statistique ou un problème d’alignement. Il voit un joueur qui, comme lui, s’est construit en absorbant les impacts, en jouant blessé, en refusant de tricher avec l’effort.
Quand il entend qu’on parle de Gallagher comme d’un joueur “fini” ou interchangeable, il réagit avec ses tripes.
“Vous avez tendance à le traiter comme un morceau de viande… ça fait 14 ans que le gars est icitte…”
Le parcours de Brendan Gallagher avec les Canadiens se rapproche-t-il de la fin? pic.twitter.com/OLvSQrdida
— BPM Sports (@BPMSportsRadio) January 20, 2026
Ce n’est pas une analyse froide qui vient de nulle part. C’est une réaction intense d’un ancien joueur qui reconnaît un autre guerrier.
Et c’est là que le personnage devient fascinant, parce qu’il est à la fois profondément admirable… et parfois complètement déconnecté de la réalité moderne du hockey.
Oui, Gallagher ralentit. Oui, le rythme du jeu actuel expose ses limites. Oui, les décisions difficiles approchent. Ce sont des faits. Le problème, ce n’est pas de les dire. Le problème, c’est quand l’émotion empêche de les voir.
Mais en même temps, comment reprocher à Delorme d’être "câblé" comme ça?
On parle d’un gars qui revient à la radio avec un poumon perforé.
D’un gars qui travaillait en pleine bataille contre le cancer.
D’un gars qui, il y a quelques années, s’était déjà relevé d’un AVC.
À un moment donné, ça dépasse le cadre du sport. Ça devient une question d’identité.
Gilbert Delorme ne comprend pas le concept de ralentir. Il ne comprend pas l’idée de lever le pied. Et surtout, il ne respecte pas ce réflexe-là. Dans sa tête, dans son vécu, tu te présentes. Peu importe le prix. Peu importe la douleur.
C’est pour ça que, même quand il se trompe dans ses prises de position, même quand il force un discours qui ne tient plus parfaitement la route dans le hockey d’aujourd’hui, il garde une forme de légitimité que peu d’analystes peuvent revendiquer.
Parce qu’il vit exactement ce qu’il exige.
Et ça, ça change tout.
Dans une époque où plusieurs parlent d’effort sans jamais l’avoir incarné, Delorme reste une anomalie. Un homme qui ne joue pas un rôle. Qui ne calcule pas son image. Qui ne filtre pas son intensité.
Ça le rend parfois excessif. Mais ça le rend surtout authentique.
Et au final, c’est peut-être ça qui marque le plus dans toute cette histoire.
Pas seulement l’accident.
Pas seulement le cancer.
Pas seulement les blessures.
Mais la continuité.
Peu importe l’épreuve, peu importe le contexte, Gilbert Delorme reste le même gars. Un gars qui se présente. Un gars qui endure. Un gars qui refuse de disparaître.
Mais derrière cette image du gars amoché mais invincible, il y a forcément une autre réalité plus silencieuse : celle de ses proches, de sa femme surtout, qui doit regarder tout ça avec une certaine inquiétude, en se demandant jusqu’où il peut continuer à pousser sans que ça finisse par lui coûter encore plus cher.
Mais Delorme va préférer mourir au micro que de rester à la maison.
Un vrai guerrier...
