La plus grande humiliation de Marc Bergevin? Même Detroit ne semble plus vouloir de lui…
Pendant des années, chaque fois qu’un poste de directeur général se libérait dans la LNH, un nom revenait presque automatiquement.
Marc Bergevin.
Toronto.
Pittsburgh.
Columbus.
Les Islanders.
Nashville.
À chaque ouverture, on disait qu’il serait dans la course. À chaque fois, son expérience, sa finale de la Coupe Stanley avec le Canadien de Montréal et son passé de dirigeant étaient présentés comme des arguments importants.
Puis quelqu’un d’autre obtenait le poste.
Mais ce qui est en train de se produire à Detroit est encore plus brutal.
Cette fois, on ne parle même plus de lui.
Lorsque Steve Yzerman a quitté son poste de directeur général pour devenir simple conseiller auprès du propriétaire Chris Ilitch (congédiement déguisé), plusieurs croyaient pourtant que cette occasion était faite sur mesure pour Bergevin.
Après tout, Detroit représente beaucoup plus qu’une simple organisation pour lui.
Il y a joué.
Il connaît parfaitement la culture des Red Wings.
Il comprend ce que représente Hockeytown.
S’il existait une organisation susceptible de lui offrir au moins une entrevue, c’était probablement celle-là.
Et pourtant…
Selon Elliotte Friedman, les Red Wings ont décidé de ratisser extrêmement large afin de trouver le dirigeant qui remplacera Yzerman.
Le mandat est clair : moderniser complètement le département hockey.
Les propriétaires veulent des idées nouvelles.
Ils veulent une vision moderne.
Ils veulent des dirigeants capables d’intégrer davantage les statistiques avancées, le développement des joueurs, la biomécanique et les nouvelles méthodes d’analyse.
Ils cherchent exactement le profil qui domine aujourd’hui dans la nouvelle génération de dirigeants de la LNH.
Les candidatures internes de Kris Draper et Shawn Horcoff seront étudiées.
Brendan Shanahan fait aussi partie des noms évoqués.
Des dirigeants issus du milieu analytique comme Sam Ventura ou Tyler Dellow attireraient également l’attention.
Même Brett Peterson, l’adjoint de Bill Zito en Floride, représenterait le type de gestionnaire moderne qui plaît énormément aux propriétaires.
Puis il y a un nom qui résume à lui seul le changement d’époque.
Jeff Greenberg.
Oui…
Le directeur général… des Tigers de Detroit.
Un homme de baseball.
Selon Max Bultman, de The Athletic, Greenberg pourrait lui aussi être consulté… ou même obtenir une véritable entrevue pour diriger les opérations hockey des Red Wings.
Voilà où se trouve la véritable gifle.
On parle sérieusement d’un dirigeant dont l’immense majorité de l’expérience provient du baseball majeur.
Pendant ce temps…
Marc Bergevin n’est même plus mentionné.
Imaginez la scène.
Un homme qui a dirigé le Canadien pendant près de dix ans.
Un homme qui a construit une équipe ayant atteint la finale de la Coupe Stanley.
Un homme qui possède des centaines de transactions, de négociations et de décisions hockey derrière la cravate.
Et malgré tout…
Les Red Wings semblent davantage intrigués par un directeur général de la MLB.
Le symbole est extrêmement fort.
Parce qu’il ne s’agit plus seulement d’une candidature rejetée.
Il s’agit d’un changement complet de philosophie.
Pendant longtemps, les propriétaires privilégiaient les anciens directeurs généraux expérimentés.
Aujourd’hui, ils semblent vouloir exactement le contraire.
Des cerveaux différents.
Des profils innovateurs.
Des gestionnaires provenant parfois même d’autres sports professionnels.
Elliotte Friedman l’explique depuis des mois : la LNH entre dans une nouvelle ère.
Les anciens directeurs généraux reviennent beaucoup moins à la mode.
Les organisations recherchent désormais des bâtisseurs capables de transformer complètement leur département hockey.
Et Bergevin semble malheureusement appartenir à la génération précédente.
Le plus cruel dans toute cette histoire demeure le contexte.
Steve Yzerman ne quitte pas après une réussite.
Il quitte après un immense échec.
Sept saisons.
Aucune participation aux séries éliminatoires.
La plus longue disette active de toute la LNH.
Un Dylan Larkin qui demanderait maintenant à quitter l’organisation.
Le fameux « Yzerplan » s’est complètement écroulé.
Dans un tel contexte, plusieurs croyaient qu’un dirigeant expérimenté pouvait représenter la solution idéale.
Marc Bergevin cochait pourtant plusieurs cases.
Il connaît la pression.
Il prend des décisions rapidement.
Il n’a jamais eu peur des gros marchés.
Son profil a souvent été décrit comme celui d’un dirigeant capable de relancer rapidement une organisation en difficulté.
Mais visiblement…
Ce n’est plus ce que recherchent les propriétaires.
Même Detroit semble vouloir repartir sur des bases complètement différentes.
Selon Max Bultman, les Red Wings ne veulent pas simplement embaucher un directeur général.
Ils sont prêts à revoir entièrement leur structure, qu’il s’agisse d’un président des opérations hockey, d’un directeur général ou d’une combinaison des deux.
Le futur dirigeant aura pleine autonomie.
Steve Yzerman ne prendra même plus les décisions hockey une fois son successeur nommé.
Tout sera repensé.
Tout sera modernisé.
Et pendant que Detroit prépare son avenir…
Marc Bergevin regarde encore une fois le train passer.
Il est aujourd’hui conseiller à Buffalo après avoir occupé un rôle semblable à Los Angeles.
Il accumule les titres.
Les fonctions de soutien.
Les rôles de conseiller.
Mais le téléphone ne sonne plus lorsqu’il est question du fauteuil principal.
C’est probablement la partie la plus difficile à accepter.
Parce qu’une organisation où il a joué.
Une organisation dont il connaît parfaitement l’identité.
Une organisation qui sort d’un échec retentissant.
Une organisation qui représente probablement sa meilleure occasion de revenir comme directeur général…
…ne semble même pas le considérer.
Et lorsqu’un directeur général de baseball devient un candidat plus discuté qu’un ancien DG ayant mené le Canadien jusqu’en finale de la Coupe Stanley, le message envoyé au reste de la Ligue nationale est extrêmement dur.
Il ne s’agit plus seulement d’une candidature écartée.
Il s’agit peut-être de la confirmation que la LNH a tourné la page.
Pour Marc Bergevin, cette recherche des Red Wings ressemble malheureusement à bien plus qu’une occasion ratée.
Elle ressemble à une véritable humiliation publique.
