Un vol d’Air France qui devait atterrir à Detroit a finalement été redirigé vers Montréal mercredi soir, dans une situation qui soulève déjà beaucoup de questions à quelques heures d’un week-end où la métropole québécoise sera sous haute pression avec le Grand Prix de Formule 1 et, surtout, une troisième ronde des Canadiens de Montréal qui ferait exploser l’achalandage au centre-ville avec le party de visionnement prévu samedi.
Selon plusieurs médias américains, le vol AF378 d’Air France, qui avait quitté Paris en direction de Detroit, a été interdit d’atterrir aux États-Unis après que les autorités américaines eurent constaté qu’un passager ayant récemment voyagé en République démocratique du Congo se trouvait à bord, malgré des restrictions sanitaires imposées cette semaine en raison d’une éclosion d’Ebola.
Why the fuck is the US authortities forcing this Air France plane to land in Montreal Canada? pic.twitter.com/OULg7b8wEr
— Bev 🇨🇦 (@Garnet_2203) May 20, 2026
L’avion, un Boeing 777 pouvant transporter plus de 300 passagers, a donc été dérouté vers l’aéroport Montréal-Trudeau, où il a atterri mercredi soir.
Les autorités américaines parlent plutôt d’un non-respect des règles d’entrée imposées récemment par le CDC, l’équivalent américain de la santé publique, qui bloque temporairement l’entrée de plusieurs voyageurs étrangers ayant séjourné dans certaines régions d’Afrique centrale au cours des 21 derniers jours.
Selon les autorités frontalières américaines, Air France aurait embarqué ce passager “par erreur”, ce qui aurait forcé Washington à refuser l’atterrissage à Detroit.
Reste que le timing ne pourrait pas être plus délicat pour Montréal.
La ville s’apprête déjà à vivre un week-end parmi les plus chaotiques de l’année. Entre les centaines de milliers de visiteurs attendus pour le Grand Prix, les hôtels remplis, les restaurants bondés, les rues congestionnées et l’ambiance électrique autour des Canadiens de Montréal qui pourraient prolonger leur parcours éliminatoire, voir un avion lié à des restrictions Ebola être redirigé vers Montréal risque forcément de faire réagir.
Geoff Molson et Gary Bettman ont des sueurs froides au moment où l'on se parle.
Même si la situation semble avoir été gérée rapidement et selon des protocoles précis, le simple mot “Ebola” suffit à créer un climat d’inquiétude.
Le virus, associé historiquement à des taux de mortalité élevés, revient dans l’actualité internationale depuis quelques jours avec une éclosion recensée en République démocratique du Congo.
L’Organisation mondiale de la santé et les autorités sanitaires suivent particulièrement une souche appelée Bundibugyo, pour laquelle il n’existe actuellement aucun vaccin approuvé ni traitement spécifique.
Plus de 600 cas suspects seraient actuellement recensés dans certaines régions touchées, selon des responsables internationaux.
Mercredi soir, plusieurs passagers à bord du vol AF378 ont raconté que l’équipage avait mentionné une situation liée à un virus et que certains agents de bord portaient des masques pendant le vol.
Des témoignages rapportent aussi que les pilotes auraient expliqué aux voyageurs que les autorités américaines refusaient simplement de laisser l’avion entrer dans leur espace d’atterrissage à Detroit.
Il faut tout de suite préciser un élément important afin d’éviter la panique totale : à l’heure actuelle, rien n’indique que le passager en question était malade ou présentait des symptômes d’Ebola.
Pour Montréal, la question n’est pas de sombrer dans la peur ou le sensationnalisme. La réalité, c’est que les autorités canadiennes possèdent aussi des protocoles stricts lorsqu’un vol est détourné dans un contexte sanitaire sensible. Rien ne laisse croire qu’il y aurait actuellement un risque pour la population montréalaise.
Mais soyons francs : avec une ville qui s’apprête à accueillir une marée humaine, un centre-ville qui sera déjà congestionné comme rarement, des partisans des Canadiens de Montréal prêts à envahir les rues si le club poursuit son rêve, l’histoire d’un avion dérouté à Montréal dans un dossier associé à Ebola n’arrive certainement pas au moment idéal.
Et dans une ville où tout devient vite une source de débat, cette histoire-là risque d’alimenter beaucoup de conversations d’ici la fin de semaine.
La question à un million de dollars: pourquoi accepte-t-on cet avion alors qu'il a été refusé à Détroit?
Et pourquoi Montréal et non Toronto, beaucoup plus proche de Détroit?
Après tout, les Maple Leafs ne sont pas en séries... et le Grand Prix est chez nous.
Misère...
