Jason Robertson à Montréal?
Il y a quelques jours encore, toute la planète hockey montréalaise ne parlait que d’une chose : trouver un deuxième centre capable d’enlever du poids sur les épaules de Nick Suzuki et d’offrir à Ivan Demidov un partenaire de trio capable de suivre son talent offensif.
Les noms de Dylan Larkin, Nico Hischier, Robert Thomas (retirés du marché), Mason McTavish et Vincent Trocheck reviennent constamment dans les discussions. Puis soudainement, un autre dossier a commencé à prendre de l’ampleur.
Jason Robertson.
Et contrairement à plusieurs rumeurs qui meurent aussi vite qu’elles apparaissent, celle-là repose sur quelque chose de bien réel : les Stars de Dallas sont coincés.
Coincés financièrement par leur masse salariale.
Le timing est le pire pour les Stars. Une offre hostile peut être déposée à tout moment et Dallas va devoir bientôt envisager une transaction si le DG Jim Nill ne s'entend pas avec sa supervedette.
Jason Robertson a parfaitement le droit d’exiger un contrat gigantesque.
À 26 ans, le buteur vient de connaître une autre saison élite avec 45 buts et 96 points en 82 matchs. Il a ajouté 8 points dont 5 buts en 6 rencontres éliminatoires. L'ailier gauche mesure 6 pieds 3 pouces, pèse 204 livres, et se trouve encore au sommet de sa carrière. Des joueurs comme lui ne deviennent pratiquement jamais disponibles.
C’est précisément pourquoi Marco D’Amico de RG Media continue d’associer le nom du Canadien au dossier.
Le problème, c’est que Robertson ne négocie plus comme un très bon joueur.
Il négocie comme une supervedette.
Et les chiffres qui circulent dans l’industrie donnent le vertige.
On parle de 12 millions... minimum...
Peut-être 13 millions.
Peut-être même davantage si une offre hostile entre dans l’équation. Les Blackahawks de Chicago seraient prêts à lui offrir 15 M$ par année.
Ouch,
Dallas aimerait le garder.
Les partisans des Stars adorent Robertson.
L’organisation a bâti une partie de son identité autour de lui.
Mais l’amour ne paie pas les factures sous le plafond salarial.
Les Stars disposent d’un peu plus de 10 millions de dollars d’espace disponible alors que plusieurs décisions importantes doivent encore être prises. Tyler Seguin occupe toujours près de 10 millions sur la masse. Roope Hintz, Mikko Rantanen, Jake Oettinger, Miro Heiskanen, Thomas Harley et Wyatt Johnston occupent déjà une énorme portion du budget.
L’année prochaine, le problème disparaît presque naturellement avec l’augmentation du plafond salarial et l’expiration de certains engagements.
Le problème est aujourd’hui... cet été... maintenant.
C’est pourquoi les journalistes de Dallas continuent de croire que le Stars écoutent les offres même s’il préféreraient éviter un échange.
Et si Dallas échange Robertson, ce ne sera pas seulement pour des choix au repêchage.
Même 4 choix de 1re ronde en cas d'offre hostile acceptée ne va pas satisfaire les Stars,
Les Stars vont exiger des morceaux capables de les aider à court terme tout en préparant l’avenir.
C’est là que Montréal devient intéressant.
Les Canadiens de Montréal possèdent exactement le genre d’actifs que Dallas pourraient convoiter.
Michael Hage: en ce moment, Matt Duchene est le 2e centre des Stars. Pas l'idéal pour le futur alors qu'on parle d'un joueur de 35 ans. Et aucun espoir des Stars ne joue au centre.
David Reinbacher: le côté droite de la défensive est vieillissant derrière Miro Heiskanen. Ilya Lubushkin (32 ans) et Alex Petrovic (34 ans) vieillissent. Reinbacher a toujours intéressé les Stars.
Alexander Zharovsky: l'espoir russe a été proposé pour Matthew Knies. Il est encore sur la table pour s'améliorer maintenant.
Des choix de première ronde.
Du talent jeune et contrôlé financièrement qui pourrait aider Dallas à survivre à la perte potentielle de Robertson, tout en préparant l'avenir.
On comprend RG Média de nommer le CH dans ce dossier. Montréal a tous les atouts pour convaincre les Stars.
Est-ce que le fameux package qui circulait dans le dossier Matthew Knies (Alexander Zharovsky, Bryce Pickford et deux choix de première ronde) serait suffisant?
Imposisble. Pas pour un ailier de 45 buts qui produit près de 100 points.
C’est exactement là que les choses se compliquent pour Kent Hughes.
Parce que les Stars pourraient très bien répondre :
“Merci pour Zharovsky. Merci pour les deux choix. Maintenant, parlons de Michael Hage.”
Et soudainement, le prix change complètement.
Il faut comprendre une chose : le véritable problème de Dallas n’est pas à l’aile.
Le véritable problème de Dallas est au centre.
Pendant ce temps, d’autres équipes commencent à tourner autour du dossier.
Chicago est constamment mentionné parce que Connor Bedard a besoin d’aide et les Blackhawks possèdent des actifs extraordinaires. (Frank Nazar serait impliqué dans la transaction)
D’autres regardent du côté de Los Angeles.
Le nom de Quinton Byfield a été évoqué publiquement dans certaines conversations médiatiques américaines.
Byfield est un gros centre droitier, jeune, établi, contrôlé à long terme, mais les Kings ne voudraient pas s'en départir et ils n'ont pas d'autres atouts pour convaincre les Stars,.
L'avantage du CH est que Montréal n'est pas dans la conférence de Dallas.
Mais Jason Robertson est-il réellement le joueur dont cette équipe a besoin?
Le problème au centre demeure entier. À moins de vouloir faire jouer Ivan Demidov au centre de Robertson?
Mais attention. Une fois la transaction complétée, il faut encore lui remettre un contrat qui pourrait faire exploser toute la hiérarchie salariale bâtie patiemment par Kent Hughes et Jeff Gorton.
Nick Suzuki est à 7,875 millions.
Cole Caufield est à 7,85 millions.
Juraj Slafkovsky est à 7,6 millions.
Toute la structure du vestiaire repose sur ces chiffres.
Faire sauter directement à 12 ou 13 millions pour Robertson changerait complètement les règles du jeu.
Voilà pourquoi cette rumeur est aussi fascinante qu'inquiétante.
Le joueur est pratiquement parfait sur papier.
Les problèmes financiers de Dallas sont réels.
Les actifs de Montréal sont réels.
Mais le prix à payer pourrait être tellement gigantesque que même Kent Hughes, qui n’a jamais eu peur d’être agressif, pourrait décider qu’il existe une différence entre faire un gros coup… et hypothéquer une partie de l’avenir pour un joueur qui n’occupe même pas le poste que le Canadien cherche à combler depuis le début de l’été.
Saga à suivre...
