Kirill Marchenko à Montréal : le piège se dévoile au grand jour

Kirill Marchenko à Montréal : le piège se dévoile au grand jour

André Soueidan
Le 2026-09-19

Kirill Marchenko continue de faire parler de lui à Columbus, mais sa dernière rencontre avec les journalistes pourrait justement donner une raison de plus au Canadien de réfléchir avant de bouger.

Derrière le talent et les 27 buts de la dernière saison, une question commence à prendre de la place… est-ce vraiment le joueur dont Montréal a besoin?

Le Russe a encore été placé devant les micros avec une série de questions sur son avenir, son contrat et la possibilité qu’il ne souhaite pas prolonger son aventure avec les Blue Jackets.

Sa réponse n’a pratiquement pas changé depuis le début de cette histoire. Marchenko veut parler de hockey, et rien d’autre.

« Je vous l’ai déjà dit. Je joue au hockey. Je peux parler seulement de hockey. Le côté affaires, c’est Don et Dan qui s’en occupent. Mon objectif, c’est d’être prêt sur la glace. »

Le message est difficile à manquer.

Marchenko ne veut pas s’aventurer dans le jeu des rumeurs, ne veut pas commenter son avenir et refuse de donner aux journalistes une petite phrase qui pourrait devenir le sujet du lendemain.

Même lorsqu’on lui demande s’il veut rester à Columbus, il préfère retourner vers son sujet préféré.

« Il y a trop de bonnes questions en ce moment. Je veux jouer au hockey. C’est tout ce que je peux dire. J’aime mes coéquipiers, j’aime profiter des entraînements, j’aime le hockey. »

@br_openice Marchenko faced the media today and was asked about his future (via x/mark_scheig) #nhl #hockey #marchenko #columbusbluejackets ♬ original sound - BR_OpenIce

Sur papier, cette attitude peut être perçue comme une qualité. À Montréal, toutefois, ce genre de situation pourrait rapidement devenir beaucoup plus compliquée.

Le marché québécois ne laisse pratiquement aucune place au silence lorsqu’un joueur important est au centre d’une saga contractuelle. Chaque réponse devient une manche de plus dans une histoire qui peut durer des semaines.

Dylan Larkin vient justement de nous rappeler à quel point une situation contractuelle peut devenir envahissante lorsqu’un joueur est placé sous les projecteurs.

Montréal n’a aucun intérêt à importer un dossier qui risque de devenir une distraction alors que l’organisation vient tout juste de trouver une certaine stabilité autour de son noyau.

Surtout, il faut regarder la composition actuelle du Canadien.

Kent Hughes vient d’aller chercher Chris Kreider à rabais, sans sacrifier d’actif, avec un contrat d’un an et une possibilité de bonus.

Le vétéran connaît Martin St-Louis, connaît Jeff Gorton et possède déjà une certaine familiarité avec plusieurs réalités du hockey montréalais.

Surtout, il s’est immédiatement intégré au groupe et apporte exactement ce qu’on voulait ajouter au top-6 : du gabarit, de l’expérience et une présence autour du filet.

Marchenko, lui, est un ailier.

Le problème prioritaire du Canadien demeure au centre.

C’est ici que le piège commence à apparaître.

Si Marchenko débarque à Montréal, il ne vient certainement pas pour jouer sur une troisième ligne. Il faudrait donc réorganiser le top-6, et quelqu’un devrait forcément descendre.

Kreider? Slafkovsky? Un autre joueur? Pour quelle raison chambouler une structure qui commence à prendre forme afin d’ajouter un ailier alors que l’organisation cherche toujours une solution au centre?

La situation serait différente si une transaction à trois équipes permettait à Montréal de transformer Marchenko en véritable pièce de transition vers un centre.

Mais sans ce genre de scénario, le Canadien risque simplement de résoudre un problème qu’il n’a pas.

Pendant ce temps, d’autres solutions se rapprochent naturellement de Montréal.

Adam Fantilli demeure dans une situation tendue à Columbus, toujours sans contrat alors que le camp avance.

Michael Hage doit poursuivre son développement au Michigan avant de rejoindre éventuellement l’organisation.

Alexander Zharovsky continue son apprentissage dans la KHL et pourrait représenter une option beaucoup plus intéressante à moyen terme pour remplir une place dans le top-6.

Zharovsky pourrait même arriver au moment où le contrat de Kreider prendra fin.

Le vétéran ne rajeunira pas, tandis que le jeune Russe continuera de progresser.

Montréal possède donc déjà des cartes dans son propre jeu.

Marchenko demeure un excellent joueur.

La question n’est pas de nier son talent.

La vraie question est de savoir si le Canadien doit réellement payer le prix pour l’ajouter maintenant, avec une formation qui commence à trouver son identité et un besoin beaucoup plus évident au centre.

Le Russe peut continuer à répéter qu’il veut seulement jouer au hockey. Montréal, de son côté, doit continuer à jouer sa propre partie… celle de construire une équipe capable de gagner pendant plusieurs années.

Et parfois, le meilleur coup à jouer consiste justement à ne pas toucher à une pièce qui n’a pas besoin d’être déplacée.

Ouf…