Rarement une simple réflexion aura autant touché une corde sensible chez les amateurs de hockey canadiens.
Plus de trente ans après la dernière conquête du Canadien de Montréal, une idée revient avec une insistance presque dérangeante… et elle vise directement Gary Bettman.
Le débat a refait surface à la suite des propos du journaliste Matthew Caceres, qui estime que la LNH devrait cesser de traiter comme une simple curiosité le fait qu’aucune équipe canadienne n’ait remporté la Coupe Stanley depuis 1993.
À ses yeux, ce n’est plus une statistique amusante ni un sujet de blague sur les réseaux sociaux. C’est une véritable question qui touche l’image même de la ligue.
Son raisonnement est difficile à ignorer. Gary Bettman est devenu le commissaire de la LNH le 1er février 1993.
"No Canadian team has won a Stanley Cup since 1993 AND the ways to consume the sport keep getting more expensive...at what point do hockey fans say 'I can't keep doing this'.@mattsekeres | @justBlakePrice | @JeffMarek
— Sekeres and Price (@sekeresandprice) August 1, 2026
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Quelques mois plus tard, le Canadien de Montréal remportait la Coupe Stanley grâce à Patrick Roy, Jacques Demers et une série de dix victoires consécutives en prolongation, un exploit qui appartient encore aujourd’hui à la légende.
Depuis cette soirée historique au Forum, plus rien.
Vancouver est passé tout près en 1994 et en 2011.
Calgary s’est incliné en sept matchs en 2004. Edmonton a échoué en finale en 2006, puis de nouveau en 2024 et en 2025.
Ottawa et Montréal ont aussi atteint la dernière étape sans réussir à compléter le travail.
Pendant ce temps, Gary Bettman est resté solidement en poste.
Aucun propriétaire ne l’a remplacé. Aucun vote n’a remis son autorité en question.
Contrairement aux entraîneurs ou aux directeurs généraux, un commissaire n’est pas embauché par les partisans ni par les joueurs.
Il répond aux propriétaires des 32 équipes, qui peuvent décider de renouveler son mandat aussi longtemps qu’ils considèrent que la ligue prospère financièrement.
Et sur ce plan, les chiffres lui donnent raison.
Sous son règne, la LNH est passée de 24 à 32 équipes.
Les droits télévisés ont explosé. La valeur des concessions a atteint des sommets inimaginables il y a trente ans.
Des marchés comme Las Vegas et Seattle sont devenus des succès financiers presque instantanés.
Voilà pourquoi plusieurs croient que Bettman quittera ses fonctions uniquement lorsqu’il le décidera lui-même… ou lorsque les propriétaires jugeront que le moment est venu de tourner la page.
Reste que l’autre héritage continue de coller à son nom.
Pour une immense partie des amateurs canadiens, cette interminable disette est devenue impossible à séparer de son règne.
Matthew Caceres pousse même la réflexion encore plus loin.
Selon lui, le hockey canadien demeure le moteur économique de la LNH, mais les réalités modernes compliquent de plus en plus la tâche des organisations du pays.
Les marchés américains où les impôts sont moins élevés attirent naturellement plusieurs vedettes. Le climat joue aussi son rôle dans certaines décisions.
À cela s’ajoute le coût grandissant pour suivre son équipe, entre les abonnements télé, les plateformes numériques et les différents forfaits nécessaires pour regarder l’ensemble des matchs.
Son inquiétude dépasse donc largement la simple Coupe Stanley.
Il se demande jusqu’où les partisans accepteront cette réalité avant de décrocher.
Évidemment, personne ne peut sérieusement affirmer que Gary Bettman décide lui-même du prochain champion.
Les matchs se gagnent sur la glace, pas dans le bureau du commissaire.
Mais les émotions, elles, fonctionnent rarement avec la logique.
Pour les partisans du Canadien, l’association est devenue presque automatique.
La dernière parade de la Coupe Stanley dans une ville canadienne a eu lieu à Montréal… quelques mois après l’arrivée de Bettman.
Depuis, toute une génération de Québécois a grandi sans revoir son équipe soulever le trophée.
Voilà pourquoi son éventuel départ risque d’être chargé d’une immense portée symbolique.
Le prochain commissaire n’effacera pas trois décennies d’histoire.
Il n’offrira pas automatiquement une Coupe Stanley au Canadien. Rien ne garantit que Montréal gagnera davantage une fois Bettman parti.
Une chose demeure pourtant difficile à ignorer.
Lorsque Gary Bettman quittera finalement son bureau, une image reviendra inévitablement dans l’esprit de nombreux amateurs.
Patrick Roy levant la coupe au Forum en 1993… puis un interminable silence de plus de trente ans pour toutes les équipes canadiennes.
Peu importe les succès financiers, cette page-là accompagnera toujours son héritage.
Misère…
