Le CH rencontre le Lane Hutson québécois: Montréal sous le choc

Le CH rencontre le Lane Hutson québécois: Montréal sous le choc

David Garel
Le 2026-06-10

Il suffit de regarder Xavier Villeneuve pendant quelques secondes pour comprendre pourquoi il fait autant parler de lui.

On parle d’un défenseur qui pourrait entendre son nom dès le milieu de la première ronde. Certains classements le placent même autour du 17e rang au total. Des recruteurs le voient comme l’un des meilleurs fabricants de jeu du repêchage. Un quart-arrière offensif capable de changer complètement la dynamique d’un avantage numérique.

Puis tu regardes son entrevue après avoir rencontré les dirigeants des Canadiens de Montréal.

Tu vois un jeune homme tout maigre, presque timide, avec un visage qui lui donne encore l’air d’un adolescent qui sort du secondaire.

On dirait un enfant.

Et pourtant, ce même jeune homme est en train de devenir l’un des espoirs les plus polarisants du repêchage de 2026.

Son talent offensif est impossible à ignorer.

Plusieurs recruteurs voient chez lui certaines qualités qui rappellent Lane Hutson. Évidemment, la comparaison doit être utilisée avec prudence, mais elle revient constamment. Sa mobilité. Ses changements de direction. Sa créativité. Sa capacité à conserver la rondelle sous pression. Son calme à la ligne bleue.

Villeneuve est capable de manipuler une structure défensive entière avec ses feintes et ses déplacements.

Lorsqu’il transporte la rondelle, il force les adversaires à réagir.

Lorsqu’il passe la rondelle, il voit des lignes de passe que la majorité des joueurs ne voient même pas.

C’est ce qui explique pourquoi plusieurs équipes le projettent maintenant au milieu de la première ronde.

Les Kings de Los Angeles sont régulièrement associés à son nom dans les simulations de repêchage au 17e rang.

Mais pourquoi le Canadien de Montréal se retrouve dans l'équation?

Même si tout indique que Villeneuve ne sera plus disponible lorsque le Canadien parlera au 28e rang, l’organisation a tout de même investi énormément de temps avec lui au Combine.

Et selon nos informations, les employés de Montréal était sous le choc devant la maturité du kid.

Même si le CH va de toute évidence échanger son choix, leurs psychologues ont pris le temps de challenger le kid.

Sa rencontre avec les dirigeants montréalais a visiblement laissé une forte impression.

“Super bien. C’était vraiment incroyable. Le staff, les psychologues, ils challengent, c’est vraiment le fun.”

Ça paraît dans son visage lorsqu’il raconte l’expérience.

Ça paraît dans son enthousiasme.

On sent un jeune joueur qui a adoré l’exercice.

Et comme plusieurs espoirs avant lui, il a dû passer à travers les fameux tests psychologiques du Canadien.

Le plus célèbre demeure celui de la poubelle.

Une rondelle.

Une poubelle.

Une salle.

Tu choisis ton emplacement.

Tu lances pour faire un "panier imaginaire"... comme au basket...

Simple en apparence.

Beaucoup moins simple lorsqu’une organisation tente d’analyser ta personnalité à travers chacun de tes choix.

Villeneuve a raconté qu’il aurait reculé jusqu’au fond de la pièce avant d’effectuer son lancer.

Selon ce qu’on lui a dit, pratiquement personne n’avait tenté quelque chose du genre depuis des années.

"Je suis le premier en 20 ans à me rendre à l'autre bout de la salle".

Puis il a réussi son lancer.

Le geste résume assez bien le personnage.

Confiant.

Créatif.

Un peu différent.

Pas particulièrement intéressé à faire comme tout le monde.

Ce profil intrigue énormément les recruteurs.

Le problème demeure toutefois le même.

Son risque.

Car si son potentiel offensif est immense, son jeu défensif continue de diviser.

À 5 pieds 11 pouces et environ 157 livres, il est loin d’être un colosse. Surtout, il a d'énormes faiblesses au niveau défensif.

Il veut faire mentir ses détracteurs comme Lane Hutson. Pas pour rien qu'il ira jouer pour Boston University la saison prochaine.

Exactement le chemin de Lane Hutson.

Certaines équipes adorent ce genre de défenseur moderne.

D’autres détestent le risque associé à ce profil.

C’est pourquoi Villeneuve pourrait sortir entre le 15e et le 25e rang sans surprendre personne.

Et c’est aussi pourquoi le Canadien a probablement voulu apprendre à le connaître en profondeur même en sachant qu’il sera déjà parti lorsque son tour arrivera.

De toute façon, plusieurs personnes à travers la LNH croient déjà que le 28e choix du Canadien pourrait servir dans une transaction importante.

On parle de centres.

On parle de défenseurs établis droitiers.

On parle de renfort immédiat.

Le choix ne sera jamais utilisé.

Ce qui rend l’histoire encore plus amusante.

Le Canadien a consacré énormément de temps à un jeune Québécois qu’il ne repêchera probablement jamais.

Mais après avoir vu Xavier Villeneuve raconter son expérience avec un sourire d’enfant qui vient de visiter Disneyland pour la première fois, on comprend rapidement pourquoi les dirigeants ont voulu passer du temps avec lui.

Le talent saute aux yeux.

Et sa personnalité aussi.