Pauvre Stéphane Robidas.
Il faut regarder ce qui se passe au camp du Canadien en ce moment pour comprendre à quel point son rôle est devenu inconfortable.
Le Canadien a embauché Derek Lalonde avec une mission très claire : améliorer le jeu défensif et particulièrement le désavantage numérique.
Officiellement, Lalonde doit travailler avec Robidas pour organiser la défensive et le jeu en infériorité numérique. C’est ce que le Canadien avait annoncé et ce que les joueurs ont eux-mêmes expliqué.
Dans la réalité du camp, Lalonde prend toute la place.
Et Robidas?
Il rase les bandes. Hier, il a tenté d'aller donner un conseil à Lalonde qui l'a rejeté aussitôt en faisant un signe de la main pour lui dire de retourner à sa place.
Son nom est encore dans l’organigramme. Mais le pauvre est rejeté de toutes les décisions.
Lorsqu’on regarde qui intervient, qui enseigne, qui corrige, qui modifie les lectures et qui impose la nouvelle philosophie du désavantage numérique, le message devient assez clair.
Derek Lalonde est en train de prendre le contrôle total.
Le Canadien a terminé la dernière saison au 18e rang de la LNH avec une efficacité de 78,2 % en désavantage numérique. On ne parle donc pas d’un système qui fonctionnait et auquel on a décidé d’apporter deux petites corrections.
Le système de "Midget Robidas" a été lancé aux poubelles.
Lalonde arrive et détruit tout ce que Robidas a construit.
Il demande davantage de pression.
Il veut des attaquants plus agressifs.
Il exige que les quatre joueurs lisent le jeu ensemble.
Il désire réduire les espaces, couper les lignes de passe et empêcher l’adversaire de s’installer tranquillement en zone offensive.
Noah Dobson a lui-même expliqué que Lalonde ajoutait constamment de nouveaux éléments aux répétitions. Phillip Danault a parlé d’un système qui demande davantage de travail aux attaquants. Alexandre Carrier a insisté sur l’importance de la synchronisation lorsque l’un des joueurs décide d’appliquer de la pression.
Et pendant que Lalonde enseigne tout ça…
Robidas regarde... comme un pauvre rejet...
Malaisant à souhait.
Derek Lalonde n’est pas arrivé à Montréal pour être un figurant. Il possède une longue expérience dans la LNH, deux conquêtes de la Coupe Stanley comme adjoint avec Tampa Bay et une expérience récente à Toronto.
Son arrivée a précisément été justifiée par son expertise défensive. Le Canadien l’a placé au poste d’entraîneur associé.
Alors forcément, quelqu’un allait perdre du territoire. Évidemment que c'est le coach qui est venu directement du Midget AAA.
Quand un entraîneur intervient constamment pour repositionner les joueurs, corriger leurs lectures et expliquer les nouvelles responsabilités, il devient le professeur du système. Le joueur sait rapidement vers qui se tourner.
Lalonde est en train de devenir cette personne.
Robidas, lui, se retrouve dans une position extrêmement étrange. Dans le coin de la glace, à regarder comme un spectateur.
Il est pourtant officiellement responsable de la défensive avec Lalonde.
Mais le nouvel entraîneur associé ne veut rien savoir de travailler avec Robidas.
C’est comme engager un nouveau patron pour ton département et lui demander de travailler avec toi avant de lui donner progressivement les clés du département.
Le Canadien cherche depuis des années à devenir meilleur défensivement.
On parle constamment des erreurs individuelles, du positionnement, de la couverture devant le filet, des deuxièmes chances, des joueurs laissés libres dans l’enclave.
Martin St-Louis répète encore cette semaine que Montréal veut passer moins de temps dans sa propre zone.
C'est rendu que le seul qui défendait Robidas l'envoie aussi sous l'autobus, pour faire comprendre à tout le monde à quel point il est incompétent.
Tout à coup, les joueurs parlent d’un système plus agressif et de responsabilités plus claires.
Alors je pose la question que tout le monde devrait poser :
Qu’est-ce qu’il reste à Stéphane Robidas?
Son entente arrive à échéance à la fin de la saison.
Martin St-Louis vient de recevoir une prolongation de quatre ans.
Lalonde possède aussi un contrat à lomg terme.
Robidas, lui, n’a toujours pas obtenu cette sécurité.
Son congédiement est déjà décidé pour l'été prochain?
On l'espère pour lui. Il fait trop pitié sur la glace à Brossard.
La pitié... ça pue au nez...
