Martin St-Louis nous avait habitués à ses petites phrases imagées, mais l’entraîneur du Canadien de Montréal vient de pousser la métaphore un peu plus loin lorsqu’il a parlé de Juraj Slafkovsky.
Cette fois, le jeune Slovaque n’était pas simplement question de statistiques, de buts ou de passes.
Pour St-Louis, Slafkovsky est un artiste...
« Des joueurs talentueux comme ça, ce sont des artistes. Tu ne veux pas les faire peinturer avec les chiffres. Tu veux les laisser être artistes », a expliqué l’entraîneur du Canadien.
Difficile de trouver une façon plus originale de parler du développement d’un jeune joueur.
St-Louis a poursuivi son explication en utilisant l’image d’une toile. Selon lui, le travail du personnel d’entraîneurs consiste à créer cette toile, à établir les limites nécessaires, puis à permettre à Slafkovsky de s’exprimer à l’intérieur de celles-ci.
« Il faut juste qu’il peinture en dedans du canvas. Fait que nous autres, faut créer le canvas pour lui, faut le laisser être un artiste. »
Le message derrière la métaphore est assez clair : Montréal ne veut pas transformer Slafkovsky en joueur prévisible.
Wow !
Le Canadien souhaite lui donner des balises collectives tout en conservant ce qui fait sa force. Son gabarit, sa créativité, son coup de patin et sa capacité à transporter la rondelle doivent pouvoir ressortir sans qu’on lui demande de suivre une recette identique à chaque présence.
St-Louis ne considère d’ailleurs pas que le produit final est déjà terminé.
« Je sais pas quel genre d’artiste qu’il va être, mais j’aime… c’est pas un artiste fini. »
Cette dernière partie est particulièrement intéressante lorsqu’on regarde l’évolution du premier choix total de 2022.
Slafkovsky vient d’augmenter sa production à chacune de ses quatre premières saisons dans la LNH. Il a atteint 73 points l’an dernier et amorce maintenant une cinquième campagne avec des attentes beaucoup plus élevées.
Le Canadien ne parle donc plus simplement d’un jeune joueur qui doit apprendre les rudiments de la LNH.
On parle maintenant d’un attaquant qui pourrait devenir l’un des moteurs offensifs de l’équipe.
La déclaration de St-Louis arrive aussi à un moment où Slafkovsky reçoit de plus en plus de reconnaissance autour de la Ligue nationale. Sidney Crosby, qui entame sa 22e saison dans la LNH, a récemment identifié le Slovaque lorsqu’on lui a demandé quel joueur du Canadien il fallait surveiller.
Le compliment prend une autre dimension lorsqu’il vient d’un joueur de cette expérience.
Crosby connaît parfaitement les exigences nécessaires pour devenir un joueur dominant dans la LNH. Voir Slafkovsky attirer son attention donne donc une indication intéressante sur la perception du jeune attaquant à l’extérieur de Montréal.
St-Louis, de son côté, préfère parler de potentiel plutôt que de résultat final.
Il sait que Slafkovsky n’a que 22 ans et qu’il possède encore plusieurs étapes à franchir. L’entraîneur veut lui donner suffisamment de liberté pour développer son propre style tout en maintenant les exigences collectives du Canadien.
C’est probablement tout le défi.
Un artiste peut improviser, mais il doit tout de même respecter les limites de sa toile.
Pour Slafkovsky, cette toile représente le système de Martin St-Louis.
Le reste appartient au joueur.
Si le Slovaque continue de progresser comme il l’a fait depuis son arrivée à Montréal, St-Louis pourrait bien découvrir exactement quel genre d’artiste il avait devant lui depuis le début.
Pour l’instant, le message est simple : le Canadien ne veut pas lui donner un pinceau avec les numéros déjà dessinés.
Il veut voir ce que Slafkovsky peut créer.
