Mutinerie chez les Hurricanes : Nicolas Deslauriers au cœur de l’histoire

Mutinerie chez les Hurricanes : Nicolas Deslauriers au cœur de l’histoire

André Soueidan
Le 2026-07-18

Le mot a fait sursauter tout le monde… mutinerie. Pas une dispute, pas un simple débat à l’interne. Une véritable mutinerie.

Voilà le terme choisi pour décrire ce qui se serait produit si Nicolas Deslauriers n’avait pas obtenu sa place sur la Coupe Stanley.

Une phrase qui résume à elle seule le respect immense que le Québécois inspire dans un vestiaire de la LNH.

À première vue, rien ne garantissait pourtant une telle issue.

Acquis des Flyers de Philadelphie à la date limite des transactions, Deslauriers n’a disputé que sept matchs en saison régulière avec les Hurricanes.

Durant les séries éliminatoires, son rôle s’est limité à une seule rencontre en finale.

Normalement, les critères sont clairs.

Un joueur doit participer à au moins 41 matchs de saison régulière avec l’équipe championne ou prendre part à au moins un match de la finale de la Coupe Stanley pour voir automatiquement son nom gravé sur le mythique trophée. Deslauriers ne répondait pas à ces exigences.

La Caroline devait donc demander une dérogation officielle à la LNH. Une démarche qui n’a visiblement suscité aucune hésitation dans l’organisation.

« Ça semble irréel. La dérogation… c’est un gros plus pour ma carrière, pour le travail accompli et tout le reste », a raconté Deslauriers au site officiel de la LNH, au moment de célébrer sa journée avec la Coupe Stanley au New Jersey.

Le véritable choc est toutefois venu des coulisses.

« Son nom allait être là. Il y aurait eu une mutinerie s’il n’y était pas. »

Cette déclaration n’est pas venue d’un partisan emporté par l’émotion. Elle appartient à Justin Williams, triple champion de la Coupe Stanley et aujourd’hui conseiller spécial du directeur général des Hurricanes. Une phrase lourde de signification.

Dans un vestiaire rempli de vedettes, un joueur utilisé avec parcimonie était devenu tellement apprécié que son absence sur la Coupe aurait été impensable.

Ce n’est pas la première fois que le nom de Deslauriers est associé au respect de ses coéquipiers.

Depuis le début de sa carrière, sa réputation dépasse largement les statistiques. Les mises en échec, les combats et le travail de l’ombre racontent une partie de l’histoire.

L’autre se vit derrière les portes du vestiaire, loin des caméras.

Les Hurricanes l’ont compris très rapidement.

Quelques semaines après son arrivée, l’organisation lui offrait déjà une prolongation de contrat de deux saisons devant une foule en délire pendant les célébrations de la conquête de la Coupe Stanley.

Une scène peu commune pour un joueur de soutien.

« Je n’ai jamais eu de difficulté à me joindre à une nouvelle équipe, mais c’était l’une des transitions les plus faciles que j’ai jamais eues », a expliqué Deslauriers.

Il raconte aussi que les dirigeants et le propriétaire prenaient le temps de venir lui parler après les matchs, un geste qui lui donnait le sentiment de faire partie intégrante du projet malgré un temps de glace limité.

Toute cette histoire devient encore plus intéressante lorsqu’on se rappelle la récente controverse entourant la Coupe Stanley.

Plusieurs amateurs avaient vivement critiqué la présence de nombreux membres de la famille du propriétaire des Hurricanes parmi les noms inscrits sur le trophée.

Certains trouvaient que ces places auraient dû revenir à des personnes ayant contribué directement au championnat.

Dans ce climat déjà chargé, une chose ne faisait pourtant l’objet d’aucun débat à Raleigh. Nicolas Deslauriers devait être sur cette Coupe.

Le contraste est frappant.

D’un côté, des inscriptions qui ont fait grincer des dents un peu partout dans le monde du hockey.

De l’autre, un joueur qui ne remplissait pas automatiquement les critères, mais dont personne à l’interne n’imaginait une seule seconde l’exclure.

Les deux dossiers sont complètement distincts, mais ils démontrent à quel point certaines décisions peuvent provoquer des réactions opposées.

Pendant ce temps, d’autres joueurs des Hurricanes, comme Jesperi Kotkaniemi, remplissaient les exigences prévues par le règlement et voyaient leur nom gravé automatiquement grâce au nombre de matchs disputés.

Pour Deslauriers, le chemin était différent.

Il passait par une demande exceptionnelle… et par une marque de confiance qui en dit probablement beaucoup plus que n’importe quelle statistique.

Après plus de 700 matchs dans la LNH et seulement quelques apparitions en séries éliminatoires en quatorze saisons, Nicolas Deslauriers obtient finalement une récompense qui dépasse largement les chiffres inscrits sur une feuille de match.

Lorsque des champions parlent de mutinerie simplement à l’idée de ne pas voir ton nom sur la Coupe Stanley, c’est que ton héritage ne se mesure plus en buts, en aides ou en minutes de pénalité.

Amen