Jakub Dobeš est en train de découvrir la face la plus cruelle du hockey de séries à Montréal.
Il y a à peine quelques jours, il incarnait le héros du Québec. Le gardien qui ne semblait jamais ébranlé. Le jeune au caractère flamboyant, capable de provoquer le banc adverse, de répondre à la pression avec un sourire et de transformer chaque arrêt important en moment de théâtre.
Aujourd’hui, le récit change à une vitesse folle. Et ce ne sont plus seulement les critiques habituelles du marché montréalais qui se font entendre.
À Buffalo, certains médias commencent déjà à pousser une théorie qui risque de faire énormément réagir au Québec : Jakub Dobeš serait tout simplement brûlé.
Le journaliste Mike Harrington n’a pas mâché ses mots. Selon lui, le jeune gardien du CH aurait l’air d’un homme vidé, physiquement et mentalement, après avoir porté cette série presque à bout de bras. Il parle d’un gardien « gassed out », complètement à bout de souffle, incapable de retrouver le calme qui faisait sa force au début du parcours.
Après le désastre de samedi soir, la question mérite d’être posée.
Car pour la première fois depuis longtemps, Dobeš avait l’air complètement perdu devant son filet.
Le calme? Disparu.
Le contrôle? Introuvable.
Les déplacements semblaient nerveux, hésitants. Certaines lectures étaient une fraction de seconde trop tardives. Ce n’était plus le gardien qui absorbait la tempête autour de lui. On voyait plutôt un jeune homme submergé par une pression qu’il n’arrivait plus à ralentir.
Même Martin McGuire de Cogeco n’a pas caché son inquiétude, laissant entendre que Dobeš semblait déboussolé dans son demi-cercle.
José Théodore, lui, continue depuis un moment de pointer un style qu’il juge trop brouillon, trop imprévisible, un style capable de produire des miracles une soirée… puis de s’effondrer le lendemain quand le synchronisme disparaît.
Pendant ce temps, Stéphane Waite voit presque une prophétie se réaliser.
L’ancien entraîneur des gardiens des Canadiens de Montréal avait déjà averti que l’attitude de Dobeš risquait de lui revenir au visage. Son trash talk, ses provocations, son côté flamboyant devant le banc adverse : Waite soutenait qu’à un certain moment, l’adversaire allait s’en nourrir.
Quand Dobeš a distribué son coup de bâton à Rasmus Dahlin, plusieurs y ont vu un geste de caractère. D’autres commencent maintenant à croire que ça a réveillé le capitaine des Sabres au pire moment possible.
Dobaš has had enough of Dahlin 😡 pic.twitter.com/A6zivrzmsn
— Spittin' Chiclets (@spittinchiclets) May 17, 2026
Dahlin a ensuite répondu avec une performance monstrueuse de cinq points.
Coïncidence? Peut-être.
Mais dans une série où chaque détail prend des proportions immenses, les perceptions changent vite.
C’est ça, la réalité du poste de gardien à Montréal. Tu peux être adoré samedi et découpé en morceaux lundi.
La vraie question maintenant devient impossible à éviter : est-ce qu’on assiste simplement à un très mauvais match d’un jeune gardien… ou aux premiers signes d’un gardien qui arrive au bout du rouleau?
La bonne nouvelle pour Dobeš, s’il y en a une, c’est qu’un match numéro sept efface tout.
Une seule soirée peut faire taire Mike Harrington, José Théodore, Stéphane Waite et tous ceux qui commencent à douter.
Mais s’il connaît une autre soirée comme samedi?
On va se demander s'il est vraiment le gardien d'avenir des Canadiens de Montréal.
