Jake Evans vit un sale moment à Brossard.
Le centre du Canadien revient d’une blessure, il réintègre le groupe principal, mais sur la glace, il donne l’impression d’être complètement brûlé. Pendant que les autres se battent pour une place et que les jeunes poussent derrière, Evans ne ressemble pas au joueur qu’on voudrait absolument protéger à tout prix.
Et les partisans commencent à le dire haut et fort.
Sur les réseaux sociaux, les commentaires sont devenus particulièrement cinglants. On le traite de « plombier », on remet en question sa place dans une équipe qui possède maintenant beaucoup plus de talent et certains vont jusqu’à dire qu’Evans ne mérite tout simplement pas d’être dans cette formation.
Le contraste est brutal.
Parce que Jake Evans est précisément le genre de joueur qu’on ne voulait surtout pas toucher lorsque Trevor Zegras était disponible.
On revient constamment à cette transaction.
En juin 2025, les Ducks ont envoyé Zegras à Philadelphie en retour de Ryan Poehling, d’un choix de deuxième ronde et d’un choix de quatrième ronde. C’est le prix payé par Daniel Brière pour mettre la main sur un ancien choix de neuvième rang qui avait déjà connu deux saisons de plus de 60 points.
Et selon les informations qui circulaient à Montréal à l’époque, Anaheim voulait notamment Jake Evans dans le cadre d’une transaction avec le Canadien.
Les Ducks demandaient Evans, un choix de deuxième ronde et un choix de quatrième ronde.
Kent Hughes n’a pas fait ce mouvement.
Brière, lui, l’a fait.
Et aujourd’hui, le débat revient en pleine face du Canadien.
Parce que Trevor Zegras est maintenant à Philadelphie, il vient de signer un contrat de quatre ans d’une valeur de 36,5 M$ et il sort d’une saison de 67 points, tandis que Jake Evans se retrouve encore une fois au centre d’une discussion sur sa place dans l’alignement.
Ça fait mal.
Surtout lorsqu’on regarde l’évolution actuelle du Canadien.
Montréal possède Cole Caufield. Montréal possède Ivan Demidov. Montréal possède Nick Suzuki. Montréal possède Juraj Slafkovsky. Montréal a ajouté du talent et de la profondeur avec Chris Kreider.
Et malgré tout ça, Jake Evans occupe toujours une place importante dans les plans.
Pendant ce temps, Owen Beck pousse derrière.
Et franchement, quand tu regardes certains passages du camp, il est permis de se demander si Beck n’est pas déjà en train de donner au Canadien une meilleure option pour ce rôle.
C’est là que le dossier Evans devient... malaisant...
Parce que son principal argument a toujours été son utilité dans les missions défensives, son désavantage numérique, ses mises en jeu et sa capacité à affronter les meilleurs trios adverses. Ce n’est pas nécessairement le joueur qui va faire lever le Centre Bell.
Mais encore faut-il que le joueur soit capable d’apporter ces choses-là à un niveau suffisamment élevé.
Et actuellement, Evans a l’air brûlé.
Il revient d’une blessure, il tente de retrouver son rythme, et il n’a tout simplement pas l’air d’un joueur qui domine la compétition autour de lui.
Pendant ce temps, Trevor Zegras est devenu exactement le genre de joueur que plusieurs partisans rêvent encore de voir débarquer à Montréal.
Et la photo de Zegras avec Cole Caufield n’a évidemment rien arrangé.
Une simple photo des deux meilleurs amis réunis à New York a suffi pour faire exploser à nouveau les réseaux sociaux.
« Pourquoi Zegras n’est-il pas à Montréal? »
C’est ça, le vrai regret.
Montréal avait une possibilité.
Le prix n’était pas un choix de première ronde, un jeune joueur établi et trois espoirs majeurs. Philadelphie a payé avec Ryan Poehling, un choix de deuxième ronde et un choix de quatrième ronde.
Et si la demande d’Anaheim était réellement Evans, un deuxième et un quatrième, comme cela circulait à l’époque, il est difficile de ne pas comprendre pourquoi certains partisans regardent aujourd’hui Evans sur la glace et se demandent ce qui aurait pu arriver.
Parce qu’aujourd’hui, Owen Beck pousse.
Zegras produit.
Caufield et Zegras sont toujours inséparables.
Et Jake Evans revient au camp en donnant l’impression de devoir se battre simplement pour convaincre les gens qu’il mérite encore son rôle.
Le plus ironique, c’est qu’Evans a justement parlé de sa nouvelle réalité familiale cette semaine.
Lorsqu’un journaliste lui a fait remarquer qu’il avait une vie bien occupée avec ses jumeaux à la maison, Evans a répondu qu’il ne pouvait plus rentrer chez lui et faire une sieste : il est maintenant « full dad duty » lorsqu’il rentre à la maison.
Il a lui-même reconnu qu’il ne peut plus rentrer chez lui après un entraînement et simplement s’écraser sur le divan ou faire une sieste.
« Je ne peux pas rentrer à la maison et faire une sieste en ce moment. Je suis en service de papa à temps plein quand je rentre à la maison », a-t-il expliqué.
Et quand tu regardes Evans sur la glace actuellement, brûlé comme jamais après son absence pour blessure, difficile de ne pas se demander si toute cette accumulation ne commence pas à laisser des traces.
Mais dans la LNH, personne ne donne de passe-droit.
Et surtout pas dans une équipe qui commence à avoir de véritables options.
Les excuses de blessures peuvent expliquer pourquoi Evans n’est pas encore à son meilleur.
Elles n’effacent toutefois pas ce qu’on voit actuellement sur la glace.
Et ce qu’on voit, c’est un joueur qui doit sérieusement retrouver son niveau avant que la congestion à l’attaque ne lui tombe dessus.
Parce que pendant qu’Evans tente de retrouver son rythme, Owen Beck attend son tour.
Et quelque part à Philadelphie, Trevor Zegras porte toujours le chandail que Kent Hughes aurait pu essayer de lui donner.
C’est ça qui fait mal.
