Permettez-nous l'expression... mais "kossé ça" ?
Il y a un vrai malaise qui commence à s’installer autour de la couverture de TVA Sports à Buffalo.
On ne comprend pas ces segments qui ressemblent de plus en plus à une conversation de taverne improvisée pendant qu’une série éliminatoire majeure est en cours.
Au lieu de parler immédiatement du Canadien, des ajustements de Martin St-Louis ou de la domination physique des Sabres de Buffalo, le début de l’échange est rapidement tombé dans une espèce d’humour étrange autour… du fromage bleu, du poids de Jean-Charles et de l’odeur des ailes de poulet.
Le journaliste du Journal de Montréal, Jean-Nicolas Blanchet, lance d’abord :
« Les ailes de poulet ici à Buffalo, ça vient avec une bonne petite sauce au fromage bleu. Puis je trouve vraiment que le fromage bleu, ça me fait penser à toi. Parce qu’on n’est pas sûrs de la texture ou de l’odeur, mais on finit vraiment par s’attacher à ça. »
Ouch.
Silence.
Puis Blanchet :
« Tu m’as dit que j’avais pris 115 livres la semaine passée. C’était sûr que j’allais réagir à ça. »
Et Lajoie réplique:
« Mais je te remercie. C’est le plus beau compliment qu’on ne m’a pas fait depuis très, très longtemps. »
Tout ça pendant une émission censée couvrir une série de deuxième tour extrêmement tendue entre les Canadiens de Montréal et les Sabres de Buffalo.
Et le malaise a continué.
Jean-Nicolas Blanchet s’est ensuite lancé dans une description presque apocalyptique de Buffalo :
« Quand j’ai découvert un peu Buffalo, dans cette ambiance-là de Tchernobyl, il n’y avait tellement personne. »
Puis :
« J’ai marché comme un kilomètre et demi. La première personne que j’ai vue, c’était Félix Séguin. »
Pendant plusieurs minutes, ça parlait davantage d’ailes de poulet, de ville fantôme et de Ginette Reno que de hockey.
À un moment donné, Jean-Charles demande sérieusement :
« T’avais pas une chanson, toi, à nous faire jouer ce soir ? »
Et Blanchet répond :
« Là, j’ai amené Ginette Reno… »
Puis ajoute :
« Laissez-moi revenir sur Terre… Je me suis envoyé en l’air, mais j’avais oublié d’ouvrir mon parachute. »
Le problème, ce n’est pas nécessairement l’humour.
Le problème, c’est le contexte.
Parce qu’au même moment, le Canadien est en train de se faire démolir physiquement par Buffalo.
Cole Caufield traverse un cauchemar.
Martin St-Louis est accusé de se faire outcoacher.
Jordan Greenway fait pratiquement ce qu’il veut sur la glace.
Et pendant ce temps-là, à TVA Sports, on parle du fromage bleu qui sent mauvais comme le pauvre Jean-Charles, de l'obésité du journaliste que personne ne connaît... et de Ginette Reno.
Le segment a donné l’impression d’une couverture qui ne sait plus exactement ce qu’elle veut être.
Télé communautaire?
Podcast de chums?
Show d’humour improvisé?
Encore plus que Jean-Nicolas Blanchet se retrouve maintenant un peu partout dans l’écosystème Québécor, passant du Journal de Montréal aux segments télé, dans un contexte où plusieurs remarquent que les ressources semblent de plus en plus limitées.
Jean-Charles lui-même l’a lancé en ouverture :
« Il est partout celui-là. Il me semble qu’il est parti de Milan à Buffalo. »
TVA Sports essaie de remplir du temps d’antenne comme elle peut... et de sauver les coûts... comme on peut.
Au point de parler de l'odeur corporelle de Jean-Charles.
Tout ça finit noyé dans un segment où l’on passe d’une comparaison avec du fromage bleu à des blagues sur le poids de Jean-Charles Lajoie, avant de terminer avec :
« En direct du studio… Albi le géant tabaslak ! »
Et c’est là que plusieurs se demandent sérieusement :
Qu’est-ce qui se passe avec TVA Sports?
Misère....
