Pensées pour Chantal Machabée: la colère de Jacob Fowler crée la commotion nationale
Chantal Machabée et Jacob Fowler: Facebook, capture d'écran-youtube

Pensées pour Chantal Machabée: la colère de Jacob Fowler crée la commotion nationale

David Garel
Le 2026-10-03

Nos pensées sont avec Chantal Machabée en ce moment.

La responsable des communications du Canadien est reconnue pour sa transparence, son accessibilité et sa façon de protéger l’organisation tout en laissant les joueurs s’exprimer.

Dans le dossier Jacob Fowler, pourtant, le résultat est tellement toxique.

Le scénario est assez simple : Jacob Fowler est retranché à Laval dimanche dernier après un camp qu’il estime suffisamment bon pour mériter une place à Montréal.

Le jeune gardien ne peut pas répondre aux journalistes cette semaine pour expliquer sa réaction. Le Canadien ferme donc le vestiaire aux joueurs retranchés. Fowler garde tout ça pour lui.

Cinq jours plus tard, il dispute son premier match de la saison avec le Rocket. Il réalise une performance remarquable, repousse 29 des 31 tirs de Syracuse et garde Laval dans le match pendant une bonne partie de la soirée. Le Rocket perd 2-0, mais Fowler est clairement l’une des raisons pour lesquelles la défaite n’est pas beaucoup plus lourde.

Et pourtant, ce n’est pas sa performance qui devient l’histoire.

C’est sa frustration.

« Évidemment, je n’étais pas heureux de la conversation que nous avons eue avec la direction. »

« Je crois que c’était suffisant pour avoir ma place dans l’équipe. J’imagine que non… »

Voilà ce que le Canadien voulait éviter en lui fermant la porte des médias pendant plusieurs jours.

Fowler a explosé. Un peu plus et il insultait Kent Hughes. Il croit avoir fait assez pour être à Montréal et il ne comprend pas pourquoi ce n’est pas le cas.

Le calendrier des événements devient très mauvais pour le Canadien.

Dimanche, Fowler apprend qu’il retourne à Laval. Le même jour, l’organisation confirme qu’elle commence la saison avec Jakub Dobes et Samuel Montembeault. Fowler est le seul des trois gardiens à pouvoir être rétrogradé sans passer par le ballottage, ce qui explique la décision sur le plan administratif.

Sauf que le jeune homme, lui, ne regarde pas le dossier avec les yeux d’un gestionnaire de masse salariale. Il regarde ses performances. Il regarde son camp. Il regarde ce qu’il a accompli dans la LNH la saison précédente. Et il arrive à une conclusion différente.

La saison dernière, Fowler avait quand même disputé 17 matchs avec Montréal, avec une fiche de 9-6-2, une moyenne de 2,43 et une efficacité de ,908. Il avait même été l’adjoint de Jakub Dobes pendant tout le parcours du Canadien en séries.

Cette année, son camp s’est terminé avec une fiche de 1-0-0, une moyenne de 2,77 et une efficacité de ,893 en deux matchs, pendant que Montembeault connaissait un camp spectaculaire avec une moyenne de 0,64 et une efficacité de ,971 en trois rencontres.

Voilà le véritable nœud du problème.

Le Canadien peut parfaitement défendre sa décision. Montembeault a été meilleur au camp. Fowler doit encore accumuler des matchs professionnels. Il n’a que 31 matchs de saison régulière dans la LAH en carrière. Sur le plan hockey, il existe donc une logique derrière la décision.

Sur le plan humain et médiatique, par contre, la façon de gérer le dossier laisse beaucoup plus de questions.

Le Canadien savait que Fowler était déçu. Il savait qu’il croyait avoir mérité sa place. Il savait qu’il venait de passer de gardien de la LNH et adjoint en séries à gardien du Rocket.

Au lieu de lui permettre de vider son sac, de répondre aux questions et de passer à autre chose, l’organisation a empêché les journalistes de lui parler, tout comme à David Reinbacher.

La frustration n’a pas disparu. Elle a simplement été mise sous pression pendant plusieurs jours.

Puis Fowler a finalement eu un micro devant lui.

Et tout est sorti.

C’est exactement ce qu’une stratégie de communication est censée éviter.

Chantal Machabée, elle, est au centre du département des communications du Canadien, mais ce n'est pas elle qui a personnellement décidé de fermer la porte aux médias.

Elle n'est pas responsable de cette directive.

Son rôle est justement de gérer les communications du club, alors que les décisions de hockey et les grandes orientations viennent de la direction.

C’est important de faire cette distinction, car certains accusent Chantal de ne pas être transparente. Ne tirez pas sur la messagère.

Le problème n’est pas de trouver un bouc émissaire dans le département des communications. Le problème est la décision elle-même.

Pourquoi empêcher un jeune joueur professionnel de répondre aux questions après une rétrogradation?

Le joueur vient de perdre une place dans la LNH. Il est déçu. Il est frustré. C’est normal. Les journalistes veulent lui parler. Les partisans veulent savoir comment il vit la situation. Et lui-même peut apprendre à gérer cette frustration publiquement.

Fowler l’a d’ailleurs fait.

Il a été honnête sans franchir la ligne.

Fowler ne pense pas que son camp justifiait son renvoi à Laval.

Et maintenant, le Canadien doit vivre avec le fait qu'il a attaqué ses dirigeants publiquement.

Fowler n’est pas un joueur obscur qu’on vient de retrancher après trois matchs préparatoires. Il est le prodige qui est supposé ramener la Coupe Stanley.

Kent Hughes et Jeff Gorton sont en furie de la sortie publique de leur gardien.

L’agent de Fowler est en furie du traitement réservé au gardien.

Et le prodige se sent trahi.

Attention : la confiance doit être surveillée.

Le Canadien vient de créer une situation où son jeune gardien a envoyé ses dirigeants sous l'autobus.

On n'est pas loin du scandale.

On parle d'une catastrophe de relations publiques parce que le Canadien a créé les conditions pour que sa première sortie médiatique après sa rétrogradation devienne exactement ce qu’il voulait éviter.