Il faut commencer à poser la question, même si elle dérange : est-ce que Gleb Pugachyov est réellement un choix de première ronde du Canadien de Montréal… ou est-ce que Kent Hughes a surtout repêché un besoin?
Ouch.
La situation actuelle de Pugachyov commence à soulever suffisamment de questions pour qu’on arrête de simplement balayer tout ça sous le tapis.
Le dernier épisode est cinglant.
Alors que les camps de la KHL battent leur plein, Pugachyov ne s’est pas imposé automatiquement dans la formation du Torpedo de Nijni Novgorod. Il a plutôt été envoyé avec Chaika, le club-école junior de l’organisation dans la MHL.
Dimanche, il a même marqué dans un filet désert dans une victoire de 5-2.
Pour un joueur sélectionné au premier tour, c’est assez louche pour que les partisans du Canadien se posent des questions.
Surtout lorsqu’on compare sa situation avec celle de certains autres espoirs russes du CH.
Nicolas Cloutier de TVA Sports a obtenu des explications directement auprès d’un dirigeant du Torpedo.
Et sa réponse fait mal.
« Il fera du va-et-vient [entre les filiales]. »
Le même dirigeant a ajouté que Pugachyov devait mériter son poste.
Voilà le message envoyé par le Torpedo : le premier tour du Canadien ne garantit absolument rien.
Son statut de choix élevé ne lui donnera pas automatiquement une place dans la KHL.
Il devra gagner ses minutes et prouver qu’il appartient véritablement au niveau professionnel.
Le dirigeant du Torpedo a d’ailleurs apporté une précision qui devrait être considérée avant de commencer à parler de catastrophe :
« Ça ne fonctionne pas par défaut. Il a eu un assez bon camp, mais il demeure un jeune joueur. C’est rare pour un jeune de son âge d’avoir déjà participé à deux camps de la KHL. »
Et surtout :
« Lui offrir un poste dans la formation sans compétition à l’interne serait un cadeau empoisonné distribué à une recrue. »
Si Pugachyov avait été sélectionné en quatrième ronde, personne ne paniquerait et son passage dans la MHL serait pratiquement sans intérêt.
Mais le Canadien l’a sélectionné au premier tour.
Et ce choix avait immédiatement suscité une interrogation : pourquoi choisir un attaquant principalement reconnu pour son physique alors que plusieurs joueurs possédant un potentiel offensif beaucoup plus évident étaient disponibles?
C’est justement là que le débat sur le repêchage du Canadien revient.
Est-ce que Montréal a repêché un joueur… ou un besoin?
Pugachyov mesure 6 pieds 3 pouces et pèse autour de 225 livres.
Il possède le genre de gabarit que le Canadien recherche depuis des années.
Un gros attaquant qui joue pour blesser et pour faire mal. On se souvient tous qu'il a menacé Tom Wilson de lui arranger le portrait s'il croisait sa route et qu'il ne resterait plus rien de lui.
Mais le hockey moderne ne se joue plus uniquement avec des joueurs capables de frapper et de distribuer des coups.
Il faut savoir jouer.
Comme si sa situation actuelle en Russie ne suffisait pas, Scott Wheeler de The Athletic a ensuite publié son classement des 100 meilleurs espoirs repêchés.
Pugachyov n’y était pas.
Pas dans le top 100.
Même pas parmi les mentions honorables.
Pour un choix de première ronde du Canadien sélectionné quelques semaines auparavant, c'était sans pitié.
Wheeler l’avait d’ailleurs déjà identifié parmi les grands perdants du repêchage, estimant que son potentiel correspondait davantage à celui d’un joueur de soutien qu’à celui d’un véritable espoir de premier plan.
Un choix de première ronde qui n’est même pas considéré parmi les 100 meilleurs espoirs de sa propre cuvée?
Ça donne mal au coeur.
Pugachyov a ensuite publié une vidéo de lui à l’entraînement... les mains dans le béton...
UAU! Novo vídeo de Gleb Pugachyov treinando
— Acervo Montreal Canadiens 🇧🇷 (@acervocanadiens) July 13, 2026
- vídeo via TikTok story’s pic.twitter.com/Tj2WMq2N67
Et les réseaux sociaux ont fait ce qu’ils font toujours.
Ils ont analysé chaque mouvement.
Certains partisans se sont moqués de ses mains et de ses habiletés avec la rondelle. D’autres l’ont déjà catalogué comme un futur plombier.
On ne juge pas un joueur de 18 ans sur une vidéo d’entraînement.
Ce n’est pas pour ses mains de magicien que le Canadien l’a repêché.
Mais cette vidéo a montré un gars en manque de talent.
Pugachyov souffre médiatiquement, car il est comparé aux deux autres prodiges russes.
Ivan Demidov a rapidement démontré qu’il pouvait jouer dans la KHL, brisant tous les records.
Alexander Zharovsky a également franchi les étapes rapidement.
Ces deux joueurs ont donné aux partisans montréalais une impression immédiate de talent offensif exceptionnel.
Pugachyov suit un chemin complètement différent dans les mineures.
Pour l’instant, Gleb Pugachyov n’est ni un flop ni une réussite.
C’est un pari.
Kent Hughes devra maintenant espérer que le pari sur la robustesse n’a pas été fait au détriment du talent.
