Le Canadien de Montréal est en train de découvrir le revers de la médaille quand tu repêches un joueur générationnel.
Pendant des années, les partisans ont rêvé d’avoir un talent comme Ivan Demidov. Un joueur capable de changer le visage d’une organisation, de produire des points à un rythme élite et devenir le visage d’une concession.
Le problème, c’est que lorsque tu mets la main sur ce genre de talent, les négociations contractuelles deviennent rapidement beaucoup plus compliquées.
Et selon ce qui circule actuellement dans le milieu, le clan Demidov ne semble pas du tout intéressé à offrir un rabais au Canadien de Montréal.
Au contraire.
Dan Milstein est reconnu comme l’un des agents les plus redoutables de toute la Ligue nationale. Son travail n’est pas de faire plaisir aux organisations. Son travail est de maximiser la valeur de ses clients.
Et lorsqu’il regarde Ivan Demidov, il ne voit probablement pas un joueur de 62 points.
Il voit un futur joueur de 100 points.
Peut-être même davantage.
C’est là que le dossier devient explosif.
Le Canadien aimerait reproduire la recette Lane Hutson. Une entente à long terme signée rapidement. Une sécurité financière pour le joueur. Une économie majeure pour l’organisation lorsque le plafond salarial continuera d’exploser.
Mais le clan Demidov regarde les chiffres différemment.
Lane Hutson a accepté une forme de compromis avec l’organisation. Ivan Demidov n’est pas nécessairement construit de la même façon.
Quand son agent analyse sa saison, il voit un joueur qui a terminé avec 62 points malgré des conditions loin d’être idéales.
Il voit un joueur qui n’a jamais évolué avec Nick Suzuki et Cole Caufield.
Il voit un joueur qui a souvent dû composer avec Oliver Kapanen ou Alex Newhook au centre.
Il voit un joueur qui a produit malgré tout.
Imaginez maintenant ce que deviennent ses statistiques avec un véritable centre de deuxième trio.
Imaginez un duo avec Nico Hischier.
Imaginez un duo avec Robert Thomas.
Imaginez simplement une saison complète dans un rôle offensif stable.
Le calcul change rapidement.
62 points peuvent devenir 80.
80 peuvent devenir 90, puis, 100, puis 120.
Et 100 points, dans la nouvelle réalité économique de la LNH, ça vaut une fortune.
C’est pour cette raison que Milstein ne regardera même pas les comparables de Juraj Slafkovsky.
Lorsque le Slovaque a signé sa prolongation de huit ans à 7,6 millions de dollars par saison en juillet 2024, il sortait d’une campagne de 50 points, soit 20 buts et 30 passes en 82 matchs. Plus important encore, il avait passé pratiquement toute sa saison aux côtés de Nick Suzuki et Cole Caufield sur le premier trio. (LNH) et il ne s'agissait aucunement de son année recrue. (10 maigres points en 39 matchs lors de son année recrue)
Ivan Demidov, lui, arrive à la table de négociation avec une saison de 62 points, donc douze de plus que Slafkovsky au moment de sa signature.
Si Slafkovsky a obtenu 7,6 millions après une saison de 50 points avec les deux meilleurs attaquants du club à avoir 2e année, combien vaut Demidov après une saison de 62 points obtenue avec des plombiers lors de son année recrue?
Imaginez Slafkovsky avec Evans et Newhook deux secondes.
Kent Hughes aimerait probablement utiliser Slafkovsky comme comparable. Daniel Milstein risque plutôt d’utiliser Slafkovsky pour faire sauter la banque.
Le véritable comparable, dans son esprit, est beaucoup plus près des grandes vedettes offensives de la ligue.
Kent Hughes commence à transpirer.
Le Canadien aimerait probablement régler ce dossier entre huit et neuf millions de dollars par saison.
Le clan Demidov a une vision complètement différente.
Noah Dobson gagne déjà plus de neuf millions. (9,5 M$) et a connu une saison décevante.
Nick Suzuki est le capitaine sous-payé à 7,875 M$ par année.
Lane Hutson a signé sa prolongation à rabais.
Ivan Demidov peut facilement soutenir qu’il possède le potentiel offensif le plus élevé de toute l’organisation.
Pourquoi accepterait-il d’être payé comme un joueur secondaire s’il croit devenir le meilleur attaquant du Canadien dans deux ans?
C’est la question qui circule actuellement.
Son agent vodurait même un contrat plus court.
Trois ans ou quatre ans, le temps de faire exploser ses statistiques.
Le temps de profiter de l’augmentation constante du plafond salarial.
Le temps d’arriver sur le marché avec des saisons de 90 ou 100 points derrière la cravate.
Dans ce scénario, les montants deviennent complètement différents. On ne parle plus de huit millions. On ne parle plus de neuf millions. On commence à parler de contrats réservés aux vedettes de premier plan de la Ligue nationale. (12 millions?)
Kent Hughes est dans l’eau chaude.
Le directeur général sait qu’une prolongation signée cet été pourrait devenir l’un des meilleurs contrats de la ligue.
Mais il sait aussi qu’à chaque but marqué par Demidov l’an prochain, le prix risque d’augmenter.
Chaque fois que le jeune Russe démontrera pourquoi il est considéré comme un talent exceptionnel, le compteur continuera de tourner.
Le Canadien veut signer Ivan Demidov immédiatement pour 8 ans.
Mais le clan Demidov veut être payé à sa juste valeur.
Et la définition de “juste valeur” risque d’être très différente d’un côté de la table et de l’autre.
Une chose apparaît déjà évidente : les négociations ne seront pas simples.
Lorsqu’un joueur croit qu’il peut devenir une superstar, il ne négocie pas comme les autres.
Et lorsqu’un agent regarde son client en se disant qu’il pourrait un jour devenir le joueur le mieux payé des Canadiens de Montréal, les rabais disparaissent rapidement de la conversation.
