Sortie publique cinglante: Maxim Lapierre en veut à Martin St-Louis

Sortie publique cinglante: Maxim Lapierre en veut à Martin St-Louis

David Garel
Le 2026-05-28

Hier soir, la défaite a fait mal.

Mais l’après-match a fait encore plus mal.

Mercredi soir, après l’humiliation de 4-0 subie face aux Hurricanes de la Caroline au Centre Bell, Maxim Lapierre n’a pas analysé le match avec des gants blancs. Il a vidé son sac. Complètement. Et, au passage, Martin St-Louis s’est retrouvé directement dans la ligne de tir.

Le constat de Lapierre était simple : le Canadien de Montréal n’a rien ajusté.

« Pas eu d’ajustement. Il n’y a pas d’ajustement. Tu te fais dominer, tu as 12 lancés un match, 12 lancés le match d’après. Deux matchs consécutifs. Tu n’es pas capable de créer offensivement. Il n’y a pas d’ajustement. »

Lapierre était hors de lui:

Ouch.

Ce n’est plus une critique sur un détail tactique. (même si St-Louis se fait outcoacher). Ce n’est plus une question de trio mal jumelé ou d’un changement raté. C’est une remise en question complète du coaching staff, de la lecture du match, de la capacité à répondre à ce que les Hurricanes imposent depuis pratiquement trois rencontres.

C'est ce qui rend fou Lapierre.

Tout le monde voyait venir le même scénario. La pression constante de la Caroline. L’échec avant agressif. Les bâtons partout. Les sorties de zone impossibles. Pourtant, les Canadiens de Montréal sont revenus avec exactement le même plan… pour obtenir exactement le même résultat.

Encore.

Lapierre l’a dit sans détour : il refuse d’acheter l’excuse de la fatigue.

« Tu aurais pu les remporter (les batailles à un contre un), mais tu n’étais pas proche. On se fait manger, on est dans notre territoire. Offensivement, ça m’inquiète, mais de se faire dominer comme ça dans notre territoire, ça m’inquiète beaucoup. Puis je n’ai pas vu une réaction. »

Le mot important : réaction.

Une équipe peut perdre ou manquer d’énergie... et arriver au bout du réservoir.

Mais ce qui a choqué plusieurs anciens joueurs mercredi soir, c’est l’impression d’abandon. Une équipe qui avait déjà l’air battue à 3-0 avant même la fin de la première période.

Et c’est là où Antoine Roussel a embarqué dans la discussion avec un constat tout aussi dur.

« Il faut shooter la puck. Il n’y a pas de secret. Tu veux marquer des buts? Il faut shooter la puck. »

Pendant que le Centre Bell criait « Shoot the puck », les Canadiens de Montréal continuaient de chercher la passe parfaite. Encore une feinte. Encore un jeu compliqué. Encore une tentative de faire quelque chose de beau… dans un match qui exigeait du hockey sale, simple et désespéré.

Lapierre n’en revenait tout simplement pas.

« On n’accepte pas de jouer du hockey laid. Pourquoi il faut que ça soit beau? Ce n’est pas tous des Picasso. »

La Caroline joue un hockey lourd, physique, direct, étouffant. Pendant ce temps, Montréal tente encore de sortir proprement, de faire des jeux parfaits, de trouver une ouverture qui n’existe tout simplement plus.

Puis est venu le sujet qui fait exploser le débat partout au Québec : pourquoi Brendan Gallagher et Arber Xhekaj étaient-ils encore dans les estrades?

Là-dessus, Lapierre a pratiquement perdu patience.

« Amène Xhekaj. Amène Gallagher. Amène quelqu’un qui amène un peu de feu. »

Et il est allé encore plus loin.

« Gallagher aurait été dans la face du monde. Pour moi, dans le prochain match, tant qu’à paraître comme ça, c’est sûr que ces deux gars-là sont automatiques. Au moins, tu vas perdre en guerrier. »

Le message est violent.

Parce qu’il vise directement Martin St-Louis.

Voir Jayden Struble conserver sa place malgré une performance dhorrible pendant que Xhekaj reste dans les gradins commence à devenir un dossier impossible à ignorer. Lapierre n’a pas été tendre envers le pauvre Struble.

« Si tu embarques dans la'alignement et que tu n’es pas capable d’amener de l’énergie, pourquoi tu es là? Au moins, Xhekaj, il va peut-être faire peur à quelqu’un une présence sur la glace. Il aurait été dans la face du monde. »

Le commentaire frappe fort parce qu’il rejoint exactement ce qu’on voyait sur la glace : un Canadien incapable de repousser la Caroline physiquement, incapable de déranger, incapable même de montrer un peu de colère après certaines séquences.

Carrier frappe Lane Hutson à la tête?

Silence.

Des Hurricanes qui brassent tout ce qui bouge?

Silence.

Une équipe qui vous ridiculise dans votre propre amphithéâtre?

Toujours silence.

Pour un ancien guerrier comme Lapierre, ça ne passe pas.

« Dans ton building, 3-0, 4-0, puis ils viennent après ça te narguer… puis tu ne fais rien? Tu me niaises ou quoi? »

C’est probablement la première fois cette saison qu’on sent autant de frustration envers le coach du CH.

Et ce n'est pas seulement parce que le Canadien perd.

C'est parce qu'on a eu l’impression d’une équipe qui acceptait de perdre.

Au Québec, surtout en finale d’association devant un Centre Bell rempli de partisans qui ont payé des fortunes pour être là, c’est difficile à avaler.

Quand Maxie Lapierre, un gars qui a toujours défendu le vestiaire et protégé les joueurs, commence à dire publiquement qu’il faut arrêter de se raconter des histoires, qu’il faut brasser l’alignement et que Martin St-Louis doit trouver des réponses rapidement… ça en dit long sur le niveau d’inquiétude autour de cette équipe.

À force de vouloir jouer joli, de refuser le hockey sale et de rester fidèle à un plan qui ne fonctionne plus, les Canadiens de Montréal sont peut-être en train de voir leur saison leur glisser entre les doigts.

Et cette fois, le message des anciens est clair :

Il est temps d’arrêter d’être têtu.

Surtout, il est temps que Martin St-Louis sorte les mains de ses poches... et commence à coacher...