Tempête autour de Kirby Dach: Martin St-Louis donne ses arguments

Tempête autour de Kirby Dach: Martin St-Louis donne ses arguments

Par David Garel le 2026-04-17

Le débat ne date pas d’hier, mais il est en train d’atteindre un point de rupture. D’un côté, une bonne partie du Québec médiatique qui réclame haut et fort que Dach ne joue plus jamais un match pour le Canadien de Montréal.

Surtout après avoir "faké" devant toute la province:

Et joue de manière tellement soft:

De l’autre côté, Martin St-Louis qui continue, envers et contre tous, de maintenir sa confiance envers Kirby Dach. Et plus les critiques montent, plus sa position semble se solidifier.

Parce que dans sa tête, ce n’est pas une erreur. C’est un pari.

Un pari sur un profil que son équipe n’a pas en abondance. Un attaquant de 6 pieds 4, capable de protéger la rondelle, capable d’absorber du jeu physique et, surtout, capable de répondre à l’intensité des séries.

C’est exactement ce que Martin St-Louis évoquait récemment en parlant de Dach, en rappelant que “c’est un gars, quand il se fait brasser ou frapper tôt dans un match, qui se réveille ou qui se fâche”. Cette idée-là, St-Louis y croit profondément. Il voit un joueur qui peut changer de visage quand les enjeux montent.

Et c’est là que le fossé se creuse avec l’opinion publique.

Parce que ce que les partisans voient depuis des semaines, c’est un joueur irrégulier, souvent effacé, incapable d’imposer son gabarit dans les zones payantes.

Ce qu’ils veulent, c’est de l’énergie, du sacrifice, du chaos devant le filet. Tout ce que représente naturellement Brendan Gallagher. Un joueur qui n’a jamais triché sur l’effort, qui a bâti sa réputation en acceptant la douleur, en allant là où ça fait mal, match après match.

Mais St-Louis ne gère pas avec l’émotion du moment. Il projette.

Il regarde ce que Dach peut devenir dans un contexte où chaque présence est disputée, où chaque mise en échec compte, où l’espace disparaît.

Il voit un joueur qui peut, sur une séquence, faire basculer un match avec sa portée, sa protection de rondelle, sa capacité à garder un jeu vivant en zone offensive. Et même s’il reconnaît que ça n’a pas toujours été constant, il refuse de fermer la porte.

À l’entraînement, ça se reflète clairement. Dach est utilisé sur un trio avec Zachary Bolduc et Oliver Kapanen, une unité qui n’a rien d’un trio classique.

C’est un mélange de vitesse, de créativité et de potentiel brut. Un trio qui peut disparaître… ou surprendre complètement. Un trio que St-Louis semble voir comme une carte cachée.

Marinaro l’a bien résumé en disant que “Martin n’a pas lancé la serviette avec lui”. Et c’est exactement ça. Le Canadien a peut-être abandonné l’idée d’en faire un centre dominant, mais pas celle d’en faire un joueur utile dans un rôle différent. Un rôle plus simple, plus direct, plus adapté à son profil.

Le pari est risqué. Parce qu’en séries, la patience est courte. Parce qu’un joueur qui ne livre pas rapidement peut se retrouver sur le banc en un instant.

Et parce que la comparaison avec Gallagher, elle, ne disparaîtra jamais. Elle va revenir à chaque présence, à chaque décision, à chaque erreur.

Mais St-Louis assume complètement.

Il ne cherche pas à plaire. Il ne cherche pas à calmer le bruit. Il cherche à gagner avec les joueurs qu’il croit capables de répondre quand ça va compter pour vrai.

Et dans ce cas précis, malgré tout ce qui se dit, malgré tout ce qui se voit… il croit encore que Kirby Dach peut être ce joueur-là.

Malgré la pression, malgré le bruit autour de son alignement, Martin St-Louis reste fidèle à son chouchou.

Parce que même après une prestation effacée contre les Flyers lors du dernier match de la saison (aucun tir, aucune mise en échec), il n’a pas reculé d’un pouce lorsqu’est venu le temps de défendre Kirby Dach.

“Je trouve qu’il a apporté une dimension physique à son jeu… il est doué avec la rondelle et peu prolonger le temps passé en zone offensive.”

Dans sa tête, le travail de Dach ne se mesure pas uniquement en tirs ou en mises en échec. Il parle de présence, de gestion de rondelle, de capacité à garder un jeu vivant. Et il ajoute même une nuance importante : “

Pour moi, l’important est de conserver cette dimension physique tout en faisant preuve de précision dans son jeu.”

St-Louis ne change pas de cap. Il ne gère pas en fonction de l'opinion publique, mais en fonction de ce qu’il croit pouvoir activer chez son joueur au bon moment... en séries...

Selon le coach, Dach n’est pas un joueur de saison régulière, mais un joueur de séries capable de monter d’un cran quand ça frappe plus fort, quand ça devient plus sale, plus direct.

St-Louis va même plus loin en rappelant un élément que plusieurs oublient : son passage en séries avec les Blackhawks de Chicago en 2020, où il avait récolté six points en neuf matchs.

Un rappel que le joueur a déjà répondu dans ce type d’environnement, même si ça remonte dans le temps. Et dans un vestiaire où le Canadien cherche encore des réponses derrière son premier trio, ce genre de profil peut devenir précieux… s’il se présente.

Peu importe le bruit, peu importe les critiques, peu importe la pression du marché… Kirby Dach sera en uniforme pour le match numéro un.

Pour le melleur ou pour le pire. Espérons que cette fois, il ne joue pas au "fakeux".