Transaction Montréal-Toronto-Philadelphie avortée: Kent Hughes refuse de payer

Transaction Montréal-Toronto-Philadelphie avortée: Kent Hughes refuse de payer

David Garel
Le 2026-08-07

Pendant des mois, Brandon Carlo représentait exactement le type de défenseur que plusieurs voyaient débarquer à Montréal. Un droitier de 6 pieds 5 pouces, capable d’affronter les meilleurs trios adverses, de jouer un hockey robuste et d’accumuler de grosses minutes en séries éliminatoires.

Sur papier, le profil semblait parfaitement correspondre aux besoins du Canadien. Puis, tout s’est accéléré. Toronto a finalement accepté de l’échanger aux Blues de Saint-Louis… pour seulement deux choix de troisième ronde, les 73e et 76e choix au total. Une véritable liquidation lorsqu’on se rappelle le prix astronomique que les Maple Leafs avaient payé aux Bruins quelques mois plus tôt pour mettre la main sur Carlo.

La première réaction est évidemment la même chez tous les partisans montréalais : pourquoi Kent Hughes n’a-t-il pas égalé cette offre? Deux choix de troisième ronde, c’est pratiquement rien dans la LNH d’aujourd’hui. Surtout pour un défenseur droitier établi.

La réponse est pourtant beaucoup plus cinglante qu’il n’y paraît. Selon le journaliste Anthony Di Marco, le Canadien était bel et bien dans le dossier Brandon Carlo. Montréal a évalué le marché, a discuté avec Toronto… mais a finalement refusé de payer le prix demandé. Ce n’est donc pas un dossier que Kent Hughes a ignoré. C’est un dossier qu’il a volontairement laissé filer... parce qu'il ne voulait pas payer les "peanuts" demandés.

Il faut aussi comprendre un autre élément qui a joué contre le Canadien. Les Maple Leafs n’avaient absolument aucun intérêt à renforcer un rival direct de la division Atlantique. À valeur égale, Toronto préférait largement envoyer Brandon Carlo à Saint-Louis plutôt qu’au Canadien de Montréal.

Les Blues évoluent dans l’Association de l’Ouest. Montréal, lui, pourrait croiser les Leafs dès le premier tour des séries pendant plusieurs années. Cette réalité existe dans la LNH. Lorsqu’un directeur général peut éviter de rendre un rival plus dangereux, il le fait presque toujours.

Mais le véritable message de Kent Hughes est ailleurs.

Le directeur général du Canadien ne cherche pas simplement un défenseur droitier. Il cherche le défenseur droitier. Celui qui transformera réellement sa brigade défensive.

Et à ses yeux, Brandon Carlo ne représentait manifestement pas cette solution. Si Hughes refuse même de payer deux choix de troisième ronde pour un joueur qui répond pourtant à plusieurs critères recherchés, c’est qu’il a une cible beaucoup plus précise en tête.

Cette cible porte toujours le même nom.

Rasmus Ristolainen.

Anthony Di Marco affirme d’ailleurs que malgré le dossier Carlo, le Canadien demeure activement impliqué dans les discussions entourant le défenseur des Flyers. Et cela confirme une chose : Kent Hughes continue de croire qu’il peut obtenir Ristolainen… à rabais.

Au mois de mars, Daniel Brière demandait la lune. Arber Xhekaj et un choix de première ronde. Certains parlaient même d’un actif supplémentaire. Montréal avait immédiatement fermé la porte. Kent Hughes refusait complètement de payer un prix aussi élevé pour un défenseur de 31 ans dont la meilleure production offensive appartient maintenant au passé.

Mais aujourd’hui, le rapport de force a changé.

Ristolainen entre dans la dernière année de son contrat de 5,1 millions de dollars. Chaque semaine qui passe fait tranquillement diminuer sa valeur marchande.

Si Philadelphie ne le prolonge pas rapidement, Daniel Brière risque de voir son actif perdre énormément de valeur à l’approche de la date limite des transactions. Kent Hughes le sait parfaitement.

C’est exactement là qu’on reconnaît sa philosophie.

Il refuse de surpayer.

Il attend.

Il laisse le marché travailler pour lui.

Plusieurs directeurs généraux paniquent lorsqu’ils identifient un joueur qu’ils veulent absolument acquérir. Hughes fait exactement l’inverse. Il accepte de laisser passer des occasions secondaires pour continuer à mettre de la pression sur le directeur général adverse. Il sait que le temps joue maintenant contre Philadelphie beaucoup plus que contre Montréal.

Voilà pourquoi Anthony Di Marco continue d’associer le Canadien au dossier Ristolainen.

Parce que Kent Hughes croit que Daniel Brière finira par descendre de ses exigences.

Si Philadelphie accepte finalement de revoir son prix à la baisse, la transaction devient soudainement beaucoup plus réaliste. Peut-être Arber Xhekaj. Peut-être Jayden Struble. Peut-être un choix de deuxième ronde accompagné d’un espoir. Mais certainement pas le prix complètement démesuré qui circulait au printemps.

Le refus dans le dossier Brandon Carlo envoie donc un message extrêmement clair.

Kent Hughes ne bougera pas simplement pour dire qu’il a réglé son problème à droite.

Il attend toujours son défenseur.

Et selon Anthony Di Marco, ce défenseur demeure Rasmus Ristolainen.

La stratégie est risquée.

Certains diront que le Canadien vient de laisser passer une excellente occasion pour deux simples choix de troisième ronde.

D’autres répondront que Kent Hughes refuse d’accumuler des solutions temporaires et préfère patienter pour obtenir le joueur qu’il juge capable de réellement changer la dynamique de sa brigade défensive.

Une chose est certaine.

Le dossier Brandon Carlo est maintenant fermé.

Celui de Rasmus Ristolainen est plus vivant que jamais.

Et tout indique que Kent Hughes continue de jouer la même partie de poker avec Daniel Brière : attendre que le prix baisse… avant de frapper.