Transaction Montréal-Anaheim-Ottawa: le prix pour Mason McTavish dévoilé

Transaction Montréal-Anaheim-Ottawa: le prix pour Mason McTavish dévoilé

David Garel
Le 2026-05-31

Le nom de Mason McTavish circule de nouveau à Montréal.

Comme chaque fois qu’un jeune centre disponible apparaît sur le marché, les partisans des Canadiens de Montréal commencent à rêver. Après tout, Kent Hughes cherche toujours cette pièce capable d’épauler Nick Suzuki et de permettre à Ivan Demidov d’atteindre un autre niveau offensif.

Sur papier, McTavish coche plusieurs cases. Il est jeune. Il est robuste. Il mesure 6 pieds 1 pouce et approche les 220 livres. Il joue avec une certaine arrogance compétitive qui plaît aux amateurs du Centre Bell. Son profil de centre de puissance semble taillé sur mesure pour le hockey de séries.

Mais plus le dossier avance, plus une réalité dérangeante apparaît.

McTavish est loin d’être le premier choix des Canadiens de Montréal.

La raison est simple : la vitesse.

Depuis l’arrivée de Martin St-Louis, toute la philosophie du Canadien repose sur le mouvement, les transitions rapides, la récupération instantanée de rondelles et l’attaque en vague. Suzuki pense le jeu à haute vitesse. Demidov joue à haute vitesse. Lane Hutson crée à haute vitesse.

Or, l’une des critiques qui revient constamment dans le dossier McTavish concerne son coup de patin.

Même du côté d’Anaheim, plusieurs journalistes continuent de se demander si son manque d’explosion pourrait éventuellement limiter son plafond offensif dans une LNH qui devient plus rapide chaque saison.

Investir 7 millions de dollars par saison pendant encore cinq ans pour un joueur dont la principale faiblesse touche justement l’élément le plus important du système de Martin St-Louis représente un risque considérable.

Voilà pourquoi certaines personnes près du dossier continuent de croire que le marché le plus logique pour McTavish demeure Ottawa.

Les Sénateurs d’Ottawa reviennent constamment dans les rumeurs. McTavish est originaire de la région. Son père, Dale McTavish, travaille déjà pour l’organisation comem recruteur profesionnel.

L'attaquant connaît plusieurs membres de la direction. Son profil physique correspond parfaitement à ce que recherche Ottawa pour compléter son groupe d’attaquants.

Son nom circule également du côté des Kings de Los Angeles et du Wild du Minnesota, deux organisations qui veulent un centre et son attirées par son style plus lourd et direct de "power forward".

Mais les Ducks aimeraient mieux l'envoyer dans l'est et les Sénateurs sont mieux équipés pour une transaction avec Anaheim.

Le DG des Ducks, Pat Verbeek, veut absolument un jeune défenseur droitier.

Le nom de Brandt Clarke circule à Anaheim, mais Verbeek ne serait pas à l'aise d'envoyer son joueur de centre chez son rival de Los Angeles.

Du coté du Minnesota, on n'a pas de jeune défenseur droitier à offrir. (Brock Faber est intouchabe).

Voilà pourquoi la rumeur d'Ottawa prend de l'ampleur.

Le premier nom qui revient constamment dans les discussions est celui de Carter Yakemchuk. Choix de première ronde des Sénateurs d’Ottawa, septième au total en 2024, Yakemchuk possède exactement le profil qui fait saliver les recruteurs.

Défenseur droitier de 6 pieds 3 pouces, il produit de l’offensive à un rythme impressionnant depuis son stage junior et continue de le faire chez les professionnels malgré les difficultés des Senators de Belleville.

Son tir est dévastateur, il adore transporter la rondelle et il joue avec une confiance presque arrogante. Évidemment, son jeu comporte encore des imperfections défensives et son coup de patin n’est pas parfait, mais son potentiel offensif demeure énorme.

Si les Ducks d’Anaheim veulent réellement mettre la main sur un jeune défenseur droitier capable de devenir une pièce maîtresse de leur avenir, plusieurs observateurs croient que Yakemchuk serait leur cible numéro un dans l’organisation des Sénateurs.

Toutefois, le DG des Sens, Steve Staios, aimerait mieux se départir de Logan Hensler. Choix de première ronde, 23e au total en 2025, Hensler est pratiquement l’opposé de Yakemchuk. Là où Yakemchuk attire l’attention par son jeu spectaculaire et offensif, Hensler mise davantage sur sa mobilité, son intelligence et sa polyvalence.

Défenseur droitier fluide, excellent patineur et très efficace en transition, il est vu par plusieurs comme un futur défenseur de deuxième paire capable de contribuer dans toutes les situations.

Le problème, c’est que son plafond est moins élevé. Plusieurs recruteurs attendent encore qu’il impose davantage sa personnalité sur les matchs.

Voilà pourquoi si Ottawa devait choisir entre les deux espoirs dans une transaction importante, les Sénateurs préféreraient sacrifier Hensler plutôt que Yakemchuk.

Mais il faudra rajouter bien plus que Hensler pour convaincre les Ducks.

Pendant ce temps, à Montréal, l’enthousiasme semble moins unanime qu’il y a quelques mois.

Il y a un autre facteur qui refroidit certains dirigeants.

Le prix.

Pour convaincre les Ducks d’Anaheim de bouger, il faudrait inclure David Reinbacher au cœur de la transaction.

Mais Kent Hughes est-il vraiment prêt à sacrifier Reinbacher pour un joueur qui n’a jamais atteint le plateau des 60 points, qui a connu une baisse de production, qui a été laissé de côté et dont la mobilité soulève encore des questions?

Au sein de l’organisation montréalaise, plusieurs voient encore Reinbacher comme un défenseur capable de jouer de grosses minutes pendant dix ans aux côtés de Lane Hutson.

Même si Kent Hughes et Jeff Gorton s’inquiètent de son historique de blessures et de son développement plus lent que prévu, le Canadien n’a aucune obligation de vendre aujourd’hui.

Au final, la rumeur McTavish-Montréal est séduisante.

Mais elle est peut-être beaucoup plus séduisante pour les partisans que pour les décideurs.

Oui, le Canadien a besoin d’un deuxième centre.

Oui, McTavish demeure un joueur intrigant, surtout que Martin St-Louis pourrait le relancer.

Mais lorsque l’on regarde le prix demandé, le contrat de 35 millions de dollars restant à son entente et les interrogations persistantes sur sa vitesse dans le système de Martin St-Louis, il devient de plus en plus difficile de croire qu’il représente la cible numéro un de Kent Hughes.

Robert Thomas et Nico Hischier sont un bien meilleur fit pour le CH.