Le scénario était enfin en train de s’éclaircir pour Patrick Roy.
Après des semaines difficiles, après un congédiement qui l’a profondément affecté, après les révélations voulant qu’il ait eu de la difficulté à se remettre de son départ des Islanders de New York au point d'en faire une dépression, son nom était finalement revenu dans l’actualité pour les bonnes raisons.
Les Maple Leafs de Toronto lui avaient accordé une entrevue.
Elliotte Friedman rapportait même que cette rencontre s’était très bien déroulée.
« Il a laissé une excellente première impression dans le processus », affirmait l’informateur de Sportsnet.
Pour la première fois depuis son congédiement, on avait l’impression que Roy retrouvait un peu d’oxygène.
Puis, soudainement, le portrait vient de changer.
Et pas à peu près.
Le problème pour Roy ne s’appelle plus Peter Laviolette, qui est devenu le coach des Kings de Los Angeles.
Le problème s’appelle Bruce Cassidy.
Selon Friedman, Cassidy est le premier choix des Leafs.
Alors que le 2e choix est Joe Pavelski.
Plus les jours avancent, plus les journalistes de Toronto commencent à croire que les chances de Patrick Roy se sont effondrés.
Le discours qui sort de Toronto ressemble de moins en moins au profil de Roy.
Le nouveau directeur général John Chayka veut moderniser l’organisation.
Il veut une nouvelle voix.
Il veut une nouvelle approche.
Et voilà que Joe Pavelski est officiellement rencontré dans le cadre du processus.
Joe Pavelski n’a jamais dirigé un seul match dans la LNH.
Pourtant, son nom se retrouve aujourd’hui dans les discussions pour l’un des emplois les plus prestigieux du hockey.
Pourquoi?
Parce qu’à Toronto, certains rêvent maintenant de reproduire ce qui s’est passé avec Martin St-Louis à Montréal.
Un ancien joueur respecté.
Un leader naturel.
Une personnalité moderne.
Une figure capable de connecter avec les vedettes d’aujourd’hui.
Le parallèle est évident.
Et il n’est pas particulièrement favorable à Patrick Roy.
Roy arrive avec une réputation d’entraîneur exigeant.
D’intensité.
De confrontation.
De responsabilité.
De coaching "old school".
Pavelski arrive avec l’image d’un ancien capitaine adoré partout où il est passé.
D’un leader rassembleur.
D’une personnalité appréciée dans toute la ligue.
Pendant ce temps, Bruce Cassidy continue de planer au-dessus de tout le processus.
Et c’est probablement ce qui doit inquiéter le plus Patrick Roy.
Cassidy demeure le candidat le plus décoré disponible sur le marché.
Champion de la Coupe Stanley avec les Golden Knights de Vegas.
Finaliste avec les Bruins de Boston.
Réputation exceptionnelle sur le plan défensif.
Expérience immense.
Succès partout où il est passé.
Selon The Athletic, les Maple Leafs ne devraient pas embaucher leur entraîneur avant le 17 juin.
Ils veulent attendre de savoir si Cassidy deviendra disponible.
Encore plus inquiétant pour Roy, l’auteur affirme que Cassidy est exactement ce que recherche John Chayka.
« Nous cherchons un entraîneur qui possède l’expérience nécessaire pour gérer ce genre de groupe et qui peut amener cette équipe au prochain niveau », a expliqué Chayka.
Cassidy a déjà amené deux organisations au prochain niveau.
Les Bruins de Boston.
Puis les Golden Knights de Vegas.
The Athletic ajoute même que Cassidy demeure « le candidat le plus qualifié sur le marché ».
Quand une organisation commence à attendre un candidat précis, ce n’est jamais une bonne nouvelle pour les autres personnes impliquées dans le processus.
Patrick Roy se retrouve donc coincé dans une situation délicate.
Il a réussi son entrevue.
Son nom circule.
Il est considéré.
Mais les règles du jeu changent constamment autour de lui.
Un jour, c’est Pavelski.
Aujourd’hui, c’est Cassidy.
Pendant ce temps, Roy continue d’attendre.
Et cette attente doit être particulièrement difficile compte tenu de tout ce qu’il a vécu au cours des derniers mois.
On parle d’un homme qui n’avait jamais été congédié auparavant.
On parle d’un homme qui a quitté le Colorado de son propre chef, en sautant une coche trois semaines avant le camp d'entraînement.
Cette crampe au cerveau a brisé sa réputation. Il a dû attendre 8 ans avant d'être réembauché par les Islanders.
Puis, Mathieu Darche lui a joué dans le dos en le limogeant 4 matchs avant la fin de la saison.
C'était la première fois de sa vie qu'il était congédié.
Une blessure professionnelle importante qui , selon plusieurs personnes proches du dossier, a laissé des traces bien réelles.
Au point qu'il a perdu du poids de manière inquiétante tellement il était triste et déprimé.
L’idée de voir une autre porte se refermer ne peut certainement pas être facile à vivre.
Surtout lorsqu’on réalise à quel point l’occasion était belle.
Toronto représente l’un des plus gros marchés du hockey mondial.
Un poste capable de relancer complètement une carrière, de changer une réputation et de faire oublier la trahison de Mathieu Darche à Long Island.
Aujourd’hui, c'est terminé pour Patrick Roy.
Pour un homme qui croyait peut-être enfin voir la lumière au bout du tunnel après des mois difficiles, le reste de l'été risque d'être particulièrement angoissant.
Selon ce qui circule, ça sent la fin pour le pauvre Patrick, qui ne se retrouvera plus jamais d'emploi dans la LNH,
Quelle triste fin.
