Jakub Dobes a entendu les histoires qui circulent à son sujet.
Après un été où son statut de « rockstar » à Montréal a fait couler beaucoup d’encre, après un camp d’entraînement qui a alimenté les commentaires sur son attitude et après avoir vu son nom circuler partout sur les réseaux sociaux, le gardien du Canadien savait exactement ce qui se disait sur lui.
Et maintenant, on comprend beaucoup mieux pourquoi il avait autant de feu dans les yeux.
Tony Marinaro l’a expliqué en compagnie de Mario Langlois aux Amateurs de sports sur les ondes de Cogeco. Marinaro ne disait pas qu’il était inquiet pour Dobes. Au contraire. Selon lui, le gardien absorbe tout ce qui se dit autour de lui et veut savoir ce que les médias racontent à son sujet.
« Dobes prend toute cette information-là. Il veut savoir ce qui se dit sur lui dans les médias. Ça démontre à quel point il est plus fort entre les oreilles cette année. »
Ce détail change complètement la lecture de ce qui s’est passé depuis le début du camp.
Dobes n’était pas dans sa bulle.
Il lisait. Il écoutait. Il savait.
Et visiblement, certaines critiques l’ont atteint.
On a beaucoup parlé de son été de « rockstar ». On a beaucoup commenté son nouveau statut après ses séries extraordinaires. On a observé son comportement pendant le camp. On a scruté ses réactions après les buts accordés. On s’est demandé si le jeune gardien avait commencé à croire un peu trop à sa propre publicité.
Même Dobes avait compris que la perception changeait.
Avant le début du camp, il avait justement refusé de considérer son poste comme acquis.
« La lutte arrête seulement au moment de la retraite. Il y aura toujours quelqu’un qui viendra avec l’intention de prendre mon poste. Ça ne finit jamais. Il faut toujours continuer de se prouver. »
Puis le camp est arrivé.
Et les commentaires ont commencé.
Dobes n’a évidemment jamais confirmé toutes les histoires qui circulaient à son sujet.
Une histoire en particulier a circulé dans les dernières semaines. Selon une femme qui affirme avoir fréquenté Dobes cet été, le gardien l'a invitée dans un hôtel de luxe à Montréal. Après avoir passé la nuit avec elles, Dobes aurait quitté l’hôtel le matin en disant qu’il allait chercher le déjeuner… avant de ne jamais revenir et de disparaître du tout au tout. La chambre aurait toutefois été payée.
Une autre femme est sortie publiquement pour dire qu'il lui était arrivé la même chose, mais son témoignage semblait moins crédible que la première personne, qui avait des preuves à l'appui.
Dobes savait que les histoires existaient et il a reconnu lui-même qu’il les avait vus.
Même du côté de Cogeco, l’histoire de l’hôtel avait commencé à circuler et à faire jaser, sans que les animateurs reprennent publiquement les détails de la vie privée de Dobes. Le sujet avait donc dépassé les simples réseaux sociaux pour atteindre les médias traditionnels.
C’est exactement pourquoi il était en furie, surtout qu'il est supposé être en couple.

« Je me sens très bien. J’ai vu que beaucoup de gens avaient beaucoup d’opinions sur moi. Je voulais simplement prouver que je suis prêt. Je vais continuer à travailler fort. »
Ouch.
Ce n’est pas la déclaration d’un gars qui n’a rien vu passer.
C’est la réponse d’un gardien qui savait très bien qu’on parlait de lui et qui venait de trouver la meilleure façon possible de répondre.
Sa blonde doit être soulagée... ou en furie comme lui...

Sur la glace.
Dobes a stoppé 25 tirs dans la victoire de 3-2 contre Toronto. Il a accordé le premier but après seulement 48 secondes, puis il a complètement fermé la porte pendant une grande partie de la rencontre. La LNH rapporte notamment un arrêt important contre Auston Matthews alors que les Maple Leafs avaient l’occasion de prendre le contrôle du match.
Dobes n’est plus le jeune gardien que personne ne connaissait.
Il n’est plus celui qui arrive en séries et vole soudainement le poste à tout le monde.
Il est devenu le gardien numéro un du Canadien, avec un contrat de plusieurs années et des attentes qui viennent avec.
Et surtout, il sait maintenant que tout sera analysé.
C’est le prix à payer lorsqu’on devient une vedette à Montréal.
Et Dobes semble avoir compris quelque chose d’essentiel : il ne pourra jamais empêcher les gens de parler. Il peut seulement décider de ce qu’il fait après les avoir entendus.
« Vous avez des opinions sur moi? Regardez-moi jouer. »
Et laissez ma vie privée tranquille.
