14 millions de dollars: le message d'Adam Fantilli à Montréal

14 millions de dollars: le message d'Adam Fantilli à Montréal

David Garel
Le 2026-07-18

Connor Bedard n’a pas seulement signé un contrat gigantesque avec les Blackhawks de Chicago.

Il vient peut-être de faire grimper le prix d’Adam Fantilli de plusieurs millions de dollars.

Avec sa nouvelle entente de cinq ans à 15 millions de dollars par saison, Bedard s’est immédiatement hissé parmi les joueurs les mieux rémunérés de toute la LNH. Seuls Leo Carlsson, à 18 millions par année, et Kirill Kaprizov, à 17 millions, affichent désormais un salaire annuel moyen supérieur.

À Columbus, tout le monde a vu cette signature.

Adam Fantilli aussi.

Et son clan sait exactement comment s’en servir.

Même si Fantilli n’a jamais déclaré publiquement vouloir plus de 14 millions de dollars par saison, plusieurs journalistes autour de la LNH estiment qu’une telle demande n’a plus rien d’irréaliste dans le contexte actuel.

Le marché vient complètement de changer.

Pendant une bonne partie de l’été, plusieurs croyaient que les Blue Jackets pourraient s’en tirer avec un contrat oscillant entre 10 et 12 millions de dollars par saison.

Cette époque semble déjà révolue.

Le contrat de Bedard est venu établir un nouveau standard.

Et celui de Leo Carlsson a complètement fait exploser les comparables.

Fantilli et Carlsson ont été repêchés respectivement troisième et deuxième au total en 2023. Ils sont constamment comparés depuis leur année de repêchage. Lorsque Carlsson décroche un contrat historique et que Bedard touche 15 millions par saison, les représentants de Fantilli arrivent à la table de négociation avec des munitions extrêmement solides.

Le message est simple.

Pourquoi accepter 11 ou 12 millions lorsque les autres jeunes joueurs de concession font désormais sauter la banque?

Le camp Fantilli comprend également qu’il possède un levier supplémentaire.

L’offre hostile.

Même si Columbus conserve le pouvoir d’égaler toute offre, le simple fait que cette possibilité existe change complètement la dynamique des négociations.

Lorsqu’un joueur autonome avec compensation devient admissible à une offre hostile, son agent ne négocie plus uniquement avec son équipe.

Il négocie aussi avec les 31 autres directeurs généraux de la Ligue nationale. Et en ce moment, le message est clair: "Déposez-moi une offre hostile".

Si seulement Kent Hughes avait le guts...

Adam Fantilli n’a jamais caché son appréciation pour Montréal au fil des ans.

Cette admiration nourrit évidemment les spéculations. Si Kent Hughes décidait un jour de déposer une offre hostile, le Canadien présenterait assurément un projet beaucoup plus séduisant qu’à une certaine époque : une jeune équipe en pleine ascension, Ivan Demidov, Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky et une organisation qui semble enfin prête à viser les grands honneurs.

Montréal ferait partie des destinations qui auraient de sérieux arguments à faire valoir. Et même si Columbus égalait finalement le contrat, le Canadien aurait quand même forcé son rival de conférence à consacrer une somme colossale à son joueur de concession, compliquant ainsi sa gestion du plafond salarial pour les années à venir. C’est aussi ça, la véritable puissance d’une offre hostile.

Cette menace fait grimper les enchères.

Même lorsqu’aucune offre n’est finalement déposée.

Voilà pourquoi plusieurs croient que le clan Fantilli cherche maintenant à établir un prix extrêmement élevé dès le départ.

Si une autre équipe décide de déposer une offre hostile, autant que celle-ci soit gigantesque.

Et si Columbus veut éviter ce scénario, les Blue Jackets devront probablement s’approcher énormément des exigences du joueur.

Don Waddell se retrouve dans une situation beaucoup plus compliquée qu’il ne l’aurait imaginé il y a seulement quelques semaines.

Sur papier, Columbus dispose d’environ 23,27 millions de dollars d’espace sous le plafond salarial.

Le problème, c’est que cet argent n’appartient pas uniquement à Fantilli.

Jet Greaves et Cole Sillinger attendent eux aussi leur nouveau contrat. Les projections parlent d’environ 4,3 millionspour Greaves et 4,2 millions pour Sillinger.

Faites le calcul.

Il ne resterait qu’environ 14,77 millions de dollars de marge.

Autrement dit, si Fantilli exige réellement un contrat dépassant les 14 millions par saison, il pourrait pratiquement engloutir à lui seul tout l’espace disponible des Blue Jackets.

Voilà pourquoi son dossier est devenu aussi fascinant.

Columbus ne veut évidemment pas perdre son futur joueur de concession.

Mais plus les négociations s’étirent…

Plus le prix risque de monter.

Et plus les comparables deviennent favorables au joueur.

À Montréal, cette situation est suivie avec énormément d’intérêt.

Depuis des mois, le Canadien cherche désespérément un véritable deuxième centre capable d’évoluer derrière Nick Suzuki... avec Ivan Demidov...

Adam Fantilli représente exactement ce profil.

Un centre de 6 pieds 2 pouces, plus de 200 livres, seulement 21 ans, capable de marquer, de distribuer le jeu et de jouer avec robustesse.

Des joueurs comme lui n’arrivent pratiquement jamais sur le marché.

C’est précisément pourquoi Anthony Marcotte, à BPM Sports, estimait récemment que Kent Hughes devait au minimum appeler Columbus pour prendre le pouls du dossier.

Le travail d’un directeur général ne consiste pas uniquement à attendre qu’un joueur soit officiellement disponible.

Il consiste aussi à détecter les fissures avant les autres.

Fantilli demeure probablement intouchable.

Mais lorsque les négociations deviennent aussi complexes, tous les scénarios méritent d’être explorés.

Le plus intrigant?

Kent Hughes possède théoriquement une arme que très peu de directeurs généraux osent utiliser.

L’offre hostile.

Dans les faits, le DG du Canadien a toujours démontré une grande réticence envers cette stratégie. Il sait qu’une offre hostile peut détériorer les relations entre dirigeants pendant plusieurs années.

Mais la LNH évolue.

Les Blues ont récemment démontré qu’une offre hostile pouvait complètement bouleverser la planification d’une organisation.

Même lorsqu’elle est égalée.

Une telle offre oblige l’équipe visée à immobiliser immédiatement des sommes énormes sous le plafond salarial.

Elle modifie toute la structure salariale.

Elle complique les négociations avec les autres jeunes joueurs.

C’est exactement l’effet de levier que recherche un agent.

Fantilli n’a même pas besoin qu’une offre hostile soit déposée.

Le simple fait qu’elle soit crédible lui donne énormément de pouvoir.

Reste toutefois un obstacle majeur pour le Canadien.

En échangeant son choix de troisième ronde de 2027, Kent Hughes s’est privé de certains paliers d’offres hostiles prévus dans la convention collective.

S’il décidait réellement d’attaquer le dossier Fantilli, il ne pourrait pratiquement plus y aller à moitié.

Il faudrait présenter une offre monumentale, dans le plus haut palier de compensation, avec une valeur annuelle dépassant le seuil maximal et une compensation de quatre choix de première ronde.

C’est un prix colossal.

Mais combien de joueurs de centre de 21 ans possédant le potentiel de devenir un joueur de concession deviennent réellement accessibles au cours d’une décennie?

Voilà toute la réflexion.

Pendant des années, le Canadien a accumulé des choix au repêchage dans l’espoir de mettre la main sur un joueur comme Adam Fantilli.

Si une occasion, même infime, se présentait un jour…

Faudrait-il vraiment avoir peur d’appuyer sur la gâchette?

Une chose paraît certaine.

Connor Bedard vient de signer un contrat de 15 millions de dollars par saison.

Leo Carlsson a complètement redéfini le marché avant lui.

Et Adam Fantilli entend bien profiter de cette nouvelle réalité.

Les Blue Jackets savaient qu’ils devraient payer cher.

Ils découvrent maintenant que la facture risque d’être encore plus salée que prévu.