Ça chauffe entre Stéphane Robidas et Derek Lalonde: le Québécois n'en peut plus
Derek Lalonde et Stéphane Robidas. Canadiens de Montréal, Journal de Montréal

Ça chauffe entre Stéphane Robidas et Derek Lalonde: le Québécois n'en peut plus

David Garel
Le 2026-10-05

Il faut regarder ce qui se passe derrière le banc du Canadien pour comprendre à quel point la situation de Stéphane Robidas devient inconfortable.

Le Canadien a encaissé une défaite de 6-5 en prolongation à Pittsburgh après que les Penguins aient pris une avance de 5-1. Montréal a complètement perdu le contrôle du match en deuxième période, a accordé des occasions à répétition et a laissé les Penguins les maltraiter dans tous les aspects défensifs du match.

La défensive a été chaotique, le désavantage numérique a encore donné des raisons de s’inquiéter et, pendant que tout le monde cherche des solutions, une question devient de plus en plus difficile à éviter : à quoi sert réellement Stéphane Robidas dans ce personnel d’entraîneurs?

Le problème, c’est que Derek Lalonde a été engagé précisément pour apporter une nouvelle structure défensive, avec une responsabilité importante sur le désavantage numérique. Le Canadien l’a lui-même présenté comme un élément appelé à améliorer cette unité, qui avait terminé 18e de la LNH la saison dernière.

Et depuis son arrivée, Lalonde prend énormément de place.

Robidas, beaucoup moins.

Officiellement, les deux hommes doivent travailler ensemble. Le personnel comprend toujours St-Louis, Lalonde, Robidas et les autres adjoints. Mais sur la glace, dans les exercices, dans les corrections et dans les nouvelles lectures défensives, Lalonde est devenu la voix qui ressort.

C’est précisément ce qui rend certaines scènes à Brossard particulièrement malaisantes.

On a déjà vu Robidas tenter d’intervenir auprès de Lalonde avant d’être repoussé vers son coin. On a vu la même scène derrière le banc à Pittsburgh, alors que Robidas a tenté de donner un conseil à Lalonde qui l'a rejeté du revers de la main devant les caméras.

Ouch. Si cette dynamique se confirme, le message envoyé au reste du personnel est assez brutal : le nouvel entraîneur associé possède maintenant le système, et Robidas cherche encore sa place à l’intérieur.

C'est un cauchemar pour un entraîneur qui arrive à la dernière année de son contrat.

Robidas est officiellement responsable de la défensive avec Lalonde. Pourtant, Lalonde a été engagé avec une mission claire : changer les habitudes défensives du Canadien et particulièrement le désavantage numérique.

Le CH l’a annoncé le 20 juillet comme nouvel entraîneur associé, après son passage à Tampa Bay, à Détroit et à Toronto.

Robidas était déjà là.

Lalonde est arrivé pour corriger certaines choses.

Et maintenant, c’est Lalonde qui semble avoir les clés.

Le pire, c’est que le Canadien n’a pas exactement trouvé la recette magique jusqu’ici. Contre Pittsburgh, Montréal a accordé cinq buts avant la prolongation et a laissé les Penguins revenir d’un déficit de quatre buts. Le jeu défensif a complètement déraillé après une première période où le Tricolore menait 4-1.

Sans oublier le désavantage numérique qui s'est écroulé. (2 en 4 pour les Penguins et des chances en or à répétition).

Le problème ne se limite pas aux défenseurs.

Les attaquants doivent aussi comprendre les nouvelles responsabilités du désavantage numérique. Lalonde veut davantage de pression, davantage d’agressivité et des lectures collectives beaucoup plus synchronisées. C’était justement l’un des grands changements annoncés durant le camp.

Mais lorsqu’on devient trop agressif et qu’on rate une lecture, l’espace s’ouvre derrière.

Et c’est exactement ce qui peut transformer un système agressif en catastrophe.

Pendant ce temps, Robidas se retrouve dans une position presque impossible.

Son contrat arrive à échéance à la fin de la saison et Martin St-Louis vient, lui, d’obtenir une prolongation de plusieurs saisons. Lalonde vient d’arriver comme entraîneur associé avec un rôle majeur et un contrat à long terme. Robidas est donc celui dont l’avenir est sombre comme jamais.

Imaginez à quel point cela doit être troublant pour lui et sa famille.

Pourquoi garder Robidas dans cette situation si Lalonde est désormais celui qui enseigne, corrige et dirige une grande partie du travail défensif?

Autant le congédier maintenant.

Ça sera moins cruel. Au moins, il sera fixé et ne sera plus méprisé par son "supérieur".