Quelques mots de Trevor Zegras auront suffi pour rallumer une histoire que Daniel Brière aimerait probablement voir disparaître.
En parlant de Leo Carlsson cette semaine, l’attaquant des Flyers n’a pas caché son admiration envers son ancien coéquipier des Ducks d’Anaheim.
« J’ai joué avec Leo. Je comprends pourquoi ils ont voulu faire cela. C’est tout un joueur et ça aurait été bien de compter sur lui », a-t-il confié à TSN, en revenant sur l’offre hostile de 90 millions de dollars que Philadelphie a déposée avant de voir Anaheim l’égaler.
À première vue, cette déclaration ressemble simplement à un compliment adressé à Carlsson.
Pourtant, lorsqu’on replace toutes les pièces du casse-tête, elle raconte une histoire beaucoup plus troublante. Depuis son arrivée comme directeur général des Flyers, Daniel Brière revient constamment au même endroit. Toujours les Ducks.
Toujours les mêmes dossiers. Toujours cette impression qu’il cherche à régler quelque chose avec l’organisation de Pat Verbeek.
Tout a commencé avec la transaction qui a envoyé Cutter Gauthier à Anaheim en retour de Jamie Drysdale.
À l’époque, plusieurs avaient déjà trouvé le prix payé par Philadelphie difficile à avaler.
Gauthier était présenté comme un futur marqueur d’élite, tandis que Drysdale arrivait avec un dossier médical déjà bien rempli. Brière avait pris une décision majeure… mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là.
Quelques mois plus tard, les Flyers revenaient à la charge contre cette même organisation.
Cette fois, l’objectif était encore plus ambitieux.
Leo Carlsson, considéré comme le joueur de concession des Ducks, devenait la cible d’une offre hostile historique de cinq ans et 90 millions de dollars. Daniel Brière savait très bien qu’il s’attaquait au cœur du projet d’Anaheim.
Les Ducks ont refusé de plier.
Aujourd’hui, c’est Trevor Zegras qui remet ce dossier sur la table, bien malgré lui. Lui aussi connaît parfaitement cette organisation.
Pendant deux saisons, il a partagé le vestiaire de Leo Carlsson avant d’être échangé à Philadelphie.
Son commentaire ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Même un ancien des Ducks comprend pourquoi Pat Verbeek a sorti le chéquier pour conserver son jeune centre.
Cette phrase risque de faire sourire à Anaheim… beaucoup moins à Philadelphie.
Plus les semaines passent, plus un constat s’impose.
Les plus gros dossiers de Daniel Brière ramènent inévitablement aux Ducks. La transaction de Cutter Gauthier. L’arrivée de Jamie Drysdale.
L’offre hostile déposée à Leo Carlsson. Et maintenant, Trevor Zegras qui ravive malgré lui toute cette séquence en expliquant qu’il comprend parfaitement la décision d’Anaheim.
Le résultat est difficile à ignorer.
Pendant que les Ducks continuent de bâtir autour de Carlsson, Philadelphie tente toujours d’effacer les traces d’une reconstruction qui ne convainc pas tout le monde.
Les critiques envers Daniel Brière se multiplient depuis plusieurs semaines.
Son offre hostile n’a pas seulement échoué… elle a également tendu les relations avec plusieurs dirigeants de la LNH, selon Pierre McGuire.
À Philadelphie, des voix influentes remettent désormais ouvertement en question son travail, estimant que les Flyers ont voulu accélérer un projet qui avait encore besoin de temps.
Le contrat accordé récemment à Trevor Zegras n’a rien fait pour calmer le débat.
Brière vient de lui remettre 36,5 millions de dollars sur quatre saisons, un autre pari majeur dans une reconstruction qui accumule déjà les décisions audacieuses.
Quelques jours plus tard, voilà que Zegras lui-même replace Leo Carlsson sur un piédestal.

L’ironie est difficile à manquer.
Personne ne prétend que Daniel Brière passe ses journées à penser aux Ducks d’Anaheim.
Mais lorsqu’on aligne les faits les uns à la suite des autres, une impression persiste.
Chaque fois que Philadelphie tente de changer le cours de son histoire, Anaheim réapparaît dans le décor.
Cette impression devient encore plus forte lorsqu’on réalise que les Flyers n’ont obtenu ni Cutter Gauthier, ni Leo Carlsson.
Les deux joueurs que l’organisation aurait sans doute aimé voir porter son uniforme poursuivent maintenant leur développement ailleurs, pendant que Brière continue de multiplier les paris pour accélérer sa reconstruction.
Les paroles de Trevor Zegras n’avaient certainement pas pour but de rouvrir de vieilles blessures.
Les directeurs généraux de la LNH passent leur temps à tourner la page d’un dossier pour se concentrer sur le suivant.
Daniel Brière, lui, donne l’impression de revenir constamment au même chapitre.
Les Ducks d’Anaheim réapparaissent sans cesse dans les moments les plus importants de son mandat.
Personne ne sait ce qui s’est réellement joué entre les deux organisations en coulisses.
Personne ne sait si Pat Verbeek est devenu le rival que Brière rêve de battre plus que tous les autres.
Mais une question flotte désormais au-dessus de Philadelphie… à partir de quel moment une série de coïncidences cesse-t-elle d’être une simple coïncidence?
Ouch…
