Le Rocket de Laval a enfin trouvé son nouvel entraîneur-chef.
Sans grande surprise, l’organisation a décidé de promouvoir Daniel Jacob, qui occupait le poste d’entraîneur adjoint depuis deux saisons auprès de Pascal Vincent.
À première vue, cette nomination paraît logique.
Jacob connaît parfaitement l’organisation. Il a travaillé avec les défenseurs, dirigé le désavantage numérique, possède plus de quinze années d’expérience comme entraîneur adjoint et bénéficie d’une excellente réputation auprès des jeunes joueurs.
Tout ça est vrai.
Mais cette nomination raconte aussi une autre histoire.
Une histoire qui dépasse largement le Rocket de Laval et qui touche directement Martin St-Louis.
Car il est impossible d’ignorer ce qui s’est produit avec Pascal Vincent.
Pendant deux saisons, le Rocket a été dirigé par l’un des entraîneurs les plus expérimentés de toute l’organisation.
Un homme qui avait dirigé dans la LHJMQ.
Qui avait travaillé pendant des années dans la Ligue américaine.
Qui avait été entraîneur adjoint dans la LNH.
Qui avait même occupé le poste d’entraîneur-chef des Blue Jackets de Columbus.
Malgré tout ce bagage…
Jamais il n’a obtenu la moindre véritable occasion derrière le banc du Canadien de Montréal.
Même lorsqu’il est devenu évident que plusieurs aspects du jeu du Canadien pouvaient bénéficier d’un regard plus expérimenté.
Puis est arrivée sa sortie publique.
Au moment d’accepter l’offre du Kraken de Seattle, Pascal Vincent n’a jamais attaqué Martin St-Louis directement.
Mais il a laissé passer un message qui a fait énormément réagir.
Il a confirmé qu’aucune porte ne s’était ouverte avec le grand club.
Aucune.
Seattle, de son côté, lui a immédiatement offert un rôle majeur.
Premier adjoint.
Un entraîneur qui touchera à pratiquement toutes les facettes du jeu offensif de l’équipe.
Le contraste est frappant.
Et selon moi, il est difficile de croire que Martin St-Louis ne souhaitait pas conserver un contrôle total sur son personnel d’entraîneurs.
Encore une fois, il s’agit d’une opinion.
Mais les faits demeurent.
Depuis son arrivée derrière le banc du Canadien, Martin St-Louis s’est entouré de collaborateurs avec lesquels il est extrêmement à l’aise.
Pendant ce temps, Pascal Vincent, avec son immense expérience derrière un banc professionnel, est demeuré au Rocket.
Puis il est parti.
Aujourd’hui, le Canadien nomme Daniel Jacob.
Et encore une fois, on choisit un entraîneur dont toute la carrière s’est essentiellement construite comme adjoint.
Que ce soit à McGill.
À l’Armada.
À Syracuse.
À San Diego.
Ou au Rocket.
Daniel Jacob a toujours été reconnu comme un excellent bras droit.
Jamais comme une personnalité susceptible de faire de l’ombre à l’entraîneur-chef du Canadien.
Est-ce un hasard?
Peut-être.
Mais la question mérite d’être posée.
Parce qu’au même moment, Martin St-Louis continue d’être critiqué pour plusieurs aspects tactiques de son travail.
La série contre les Hurricanes de la Caroline a laissé des traces.
Rod Brind’Amour semblait toujours avoir un ajustement de plus.
Toujours une réponse.
Toujours une solution.
Pendant que le Canadien cherchait encore la bonne formule.
C’est précisément dans ce genre de contexte qu’un entraîneur extrêmement expérimenté comme Pascal Vincent aurait peut-être pu apporter une valeur énorme derrière le banc montréalais.
Nous ne le saurons jamais.
Aujourd’hui, il est à Seattle.
Et le Rocket repart avec Daniel Jacob.
Attention.
On ne remet aucunement en question les compétences de Daniel Jacob.
Au contraire.
Tous ceux qui ont travaillé avec lui parlent d’un communicateur exceptionnel, d’un entraîneur extrêmement apprécié et d’un excellent développeur de jeunes joueurs.
Sa nomination est logique.
Elle est méritée.
Mais elle confirme aussi une tendance.
Le Canadien continue de privilégier une structure où Martin St-Louis demeure, sans véritable menace derrière le banc, la voix dominante de son groupe d’entraîneurs.
Après le départ de Pascal Vincent, plusieurs espéraient voir arriver une personnalité possédant un immense bagage tactique dans la LNH.
Ce ne sera finalement pas le cas.
Et c’est peut-être ce qui explique le plus grand regret de toute cette histoire.
Le Canadien n’a pas perdu Pascal Vincent uniquement parce que Seattle lui offrait une promotion.
Il l’a peut-être perdu parce qu’il n’a jamais trouvé sa place auprès de Martin St-Louis.
C’est cette réflexion qui risque de suivre l’organisation encore longtemps.
