Jake Evans à Philadelphie: ce qui aurait dû se passer

Jake Evans à Philadelphie: ce qui aurait dû se passer

David Garel
Le 2026-07-19

Une simple photo.

Voilà tout ce qu’il a fallu pour que les partisans du Canadien recommencent à rêver.

En voyant Cole Caufield et Trevor Zegras réunis pour assister à la finale de la Coupe du monde à New York, les réactions n’ont pas tardé à envahir les réseaux sociaux. Toujours les mêmes commentaires. Toujours la même frustration.

« Pourquoi Zegras n’est-il pas à Montréal? »

Ce débat refuse tout simplement de mourir.

Il faut dire que les deux attaquants sont bien plus que de simples collègues de la LNH. Depuis leur adolescence, ils entretiennent une amitié très forte au point d'être de meilleurs amis.

Chaque fois qu’ils se retrouvent ensemble pendant l’été, les partisans imaginent instantanément ce que pourrait donner cette complicité sur la glace du Centre Bell.

Et ce sentiment est encore plus fort aujourd’hui.

Car le prix payé pour acquérir Trevor Zegras l'été dernier continue de faire réagir.

Philadelphie n’a pas vidé sa banque d’espoirs. Les Flyers ont obtenu un joueur qui, il n’y a pas si longtemps, était considéré comme l’un des jeunes attaquants les plus électrisants de la LNH, sans sacrifier une pièce maîtresse de leur reconstruction.

Daniel Brière a obtenu Zegras en cédant Ryan Poehling, un choix de deuxième ronde et un choix de quatrième ronde.

Plusieurs partisans du Canadien regardent aujourd’hui cette transaction avec un immense sentiment de regret.

C'est connu dans le marché que les Ducks demandaient Jake Evans, un choix de 2e ronde et un choix de 4e ronde pour Zegras.

La vedette déchue des Ducks était à donner tellement son année avait été atroce, entre blessures et conflit avec le coach Grag Cronin (depuis congédié à Anaheim)

Mais Kent Hughes n'en a pas profité.

À Montréal, nombreux sont ceux qui sont convaincus que le Canadien possédait largement les actifs nécessaires pour présenter une offre comparable.

C’est exactement ce qui nourrit les regrets à Montréal.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs partisans sont convaincus que Kent Hughes aurait dû être beaucoup plus agressif dans ce dossier. À leurs yeux, réunir Caufield et Zegras aurait représenté un pari qui valait la peine d’être tenté.

Chaque apparition publique de Caufield et Zegras relance immédiatement les mêmes discussions.

Et au milieu de ce débat, un autre nom revient constamment.

Jake Evans.

Le centre du Canadien se retrouve encore une fois au cœur des conversations, alors que plusieurs internautes affirment qu’ils auraient été prêts à le voir quitter Montréal si cela avait permis d’aller chercher un joueur du talent offensif de Trevor Zegras.

C’est là que le dossier devient intéressant.

Parce qu’au moment où une partie des partisans rêve encore à Zegras, une autre semble oublier tout ce que Jake Evans a apporté au Canadien.

En séries éliminatoires, Evans a accepté les missions les plus difficiles. Il a affronté les meilleurs trios adverses, remporté des mises en jeu importantes, écoulé des pénalités cruciales et joué un rôle défensif qui passe souvent inaperçu sur la feuille de pointage.

Ce n’est pas le joueur le plus spectaculaire.

Ce n’est pas celui qui remplit les faits saillants.

Mais il est souvent celui que les entraîneurs apprécient énormément.

Et pourtant, sur les réseaux sociaux, il est régulièrement présenté comme une pièce facilement remplaçable dès qu’un joueur plus offensif devient disponible.

C'est chien.

D’un côté, plusieurs rêvent encore au talent brut de Trevor Zegras.

De l’autre, Jake Evans continue de faire un travail souvent ingrat sans recevoir beaucoup de reconnaissance.

Le débat oppose finalement deux philosophies complètement différentes.

Faut-il privilégier le joueur capable de changer un match grâce à son talent offensif?

Ou celui qui accomplit une multitude de petits détails qui permettent à une équipe de gagner?

Il n’existe pas de bonne réponse.

Mais une chose saute aux yeux.

La photo de Cole Caufield et Trevor Zegras n’aura pris que quelques minutes pour rouvrir un dossier que plusieurs croyaient pourtant fermé.

Et tant que les deux meilleurs amis continueront de passer leurs étés ensemble, les partisans du Canadien continueront de se poser la même question.

Et si Trevor Zegras avait finalement dû porter le chandail bleu-blanc-rouge?