Il y a un an, Alexandre Carrier ne pouvait pas faire une erreur.
Chaque présence était applaudie. Chaque relance était célébrée. Les partisans répétaient tous la même chose : Kent Hughes avait complètement volé les Predators de Nashville.
Justin Barron contre Alexandre Carrier?
« Le vol de l’année. »
« Nashville s’est fait avoir. »
« Enfin un vrai défenseur droitier. »
Aujourd’hui?
Le discours est complètement différent.
Et c’est brutal.
Les réseaux sociaux ne parlent presque plus de ses bonnes séquences.
Ils décortiquent chacune de ses erreurs.
Son manque de gabarit.
Ses difficultés contre les gros attaquants.
Sa capacité de plus en plus limitée à jouer de grosses minutes contre les meilleurs trios adverses.
On dirait que la lune de miel est officiellement terminée.
Pendant que Carrier reçoit les félicitations les plus touchantes de sa vie après la naissance de sa petite Olivia, sur le plan sportif, il traverse probablement la période la plus fragile depuis son arrivée à Montréal.
Parce qu’au même moment, un autre nom revient sans arrêt.
David Reinbacher.
L'ancien recruteur du CH, Grant McCagg ,n’y est pas allé avec le dos de la cuillère.
Selon lui, Reinbacher est déjà prêt.
Mieux encore.
Il croit qu’il devrait commencer la saison… devant Carrier dans la hiérarchie.
Et il n’est plus le seul à le penser.
Depuis quelques semaines, cette idée prend de l’ampleur.
Au début, elle semblait exagérée.
Aujourd’hui, elle ressemble de moins en moins à une folie.
Parce que Reinbacher coche exactement les cases que le Canadien recherche.
Un grand défenseur droitier.
Calme.
Fiable.
Physique.
Capable d’éteindre les meilleurs joueurs adverses.
Le profil parfait pour compléter Lane Hutson pendant les dix prochaines années.
Et pendant que Reinbacher monte…
Carrier descend.
Il ne lui reste qu’une seule saison à son contrat.
La réalité est simple.
Les places deviennent extrêmement rares.
Ce qui inquiétait les partisans il y a quelques mois commence tranquillement à devenir une possibilité très réelle.
Carrier pourrait devenir le cinquième ou le sixième défenseur droitier de cette équipe.
Et lorsqu’un joueur de 29 ans entre dans la dernière année de son contrat en perdant des rangs dans la hiérarchie, les rumeurs de transaction ne sont jamais très loin.
Impossible aussi d’ignorer ce fameux soir contre Washington lors des séries 2025.
Nous étions au Centre Bell lorsque Tom Wilson l’a littéralement traversé.
Une mise en échec qui avait complètement changé le rythme du match... et de la série..
Quelques secondes plus tard, Washington marquait. Cette séquence leur a fait gagner la série.
Depuis cette séquence, plusieurs partisans répètent la même chose : ils n’ont plus l’impression de revoir le même Alexandre Carrier.
Car la saison 2025-2026 fut très très mauvaise pour le Québécois.
Il fait partie des défenseurs les plus frappés de la LNH, se classant parmi les joueurs qui encaissent le plus de mises en échec. C’est le reflet de son plus petit gabarit et des difficultés qu’il éprouve parfois à protéger la rondelle sous pression.
On le voit maintenant comme un défenseur qui se fait tasser facilement tellement il est frêle.
Et à Montréal, lorsqu’une perception colle à un joueur, elle devient extrêmement difficile à faire disparaître.
Carrier demeure un professionnel exemplaire.
Un coéquipier apprécié.
Personne ne remet ça en question.
Mais dans une organisation qui vise maintenant les grands honneurs, les sentiments ne dictent jamais les décisions.
Les performances, oui.
Et si David Reinbacher connaît le camp d’entraînement auquel plusieurs s’attendent, Alexandre Carrier risque de comprendre très rapidement que la plus grande bataille de sa carrière ne sera pas contre un attaquant adverse.
Elle sera contre son propre coéquipier.
Parce que lorsqu’un choix de cinquième rang au total frappe enfin à la porte…
Il ne vient pas pour apprendre.
Il vient pour prendre la place de quelqu’un.
Et aujourd’hui, celui qui semble le plus menacé porte le numéro 45.
