Malaise en conférence de presse: Nick Bobrov avoue l'inacceptable

Malaise en conférence de presse: Nick Bobrov avoue l'inacceptable

David Garel
Le 2026-06-28

S’il y a une conférence de presse qui a laissé un drôle de sentiment en fin de semaine, c’est bien celle de Nick Bobrov et Martin Lapointe.

Plus les deux hommes parlaient de Gleb Pugachyov, plus on avait l’impression que le Canadien était tombé amoureux d’un style de jeu… avant même de tomber amoureux du joueur.

Le passage qui a le plus fait réagir?

Nick Bobrov raconte que lui et Vincent Riendeau assistent à un tournoi U18-U20 en Russie.

« Dès sa première présence, Vinny m’a dit : “C’est notre gars.” »

Pourquoi?

« Il a envoyé un adversaire dans la dixième rangée. Puis il l’a refait encore et encore pendant tout le match. »

Quelques minutes plus tard, Bobrov ajoute :

« Quand Martin Lapointe l’a vu, il a eu exactement la même réaction : “C’est qui ce gars-là?” On l’a suivi toute l’année. »

Euh... quoi? Est-il temps de remettre en question le travail de dépistage effectué par le Canadien. D'accord, les recruteurs l’ont observé pendant des mois par la suite. Mais tu choisis ton choix de 1re ronde après 10 minutes?

Bobrov vient d'avouer... l'inacceptable...

Le premier déclic n’est pas venu d’une séquence offensive.

Ni d’une lecture de jeu exceptionnelle.

Ni d’une démonstration de créativité.

Le coup de foudre semble être né… d’une mise en échec monumentale.

Puis Martin Lapointe en remet.

« Ce gars est une licorne. Les détails de son jeu, pour un gars de son âge, c’est rare. Il bloque des tirs, il plonge devant les rondelles, il revient en repli défensif, il termine toutes ses mises en échec. C’était le joueur dont nous avions besoin. »

Le message est clair.

Le Canadien ne cherchait plus seulement du talent.

Il cherchait un profil.

Un joueur capable d’imposer sa volonté physiquement.

Un joueur qui joue avec une identité déjà bien définie.

Puis Nick Bobrov est allé encore plus loin.

« Dans le hockey mineur, tout le monde ne pense qu’aux camps d’habiletés. Les jeunes apprennent tous à réussir un Michigan à 12 ans, mais plus personne ne veut faire le sale boulot. »

Il ajoute même :

« Quand on voit un joueur comme ça, on devient excités parce que ça devient extrêmement rare. »

Le Canadien envoie pratiquement un message à tout le système de développement.

Le hockey de fantaisie ne les intéresse plus.

Les habiletés, oui.

Mais seulement lorsqu’elles sont accompagnées d’un niveau de compétition exceptionnel.

Cette philosophie rappelle d’ailleurs un précédent dans l’histoire récente de l’organisation.

En 2013, après avoir été complètement brassé physiquement par Ottawa au printemps, Montréal avait choisi Michael McCarron au premier tour.

À l’époque déjà, le recruteurs avaient ri de cette sélection et avaient eu l’impression que l’organisation tentait de corriger une faiblesse révélée en séries éliminatoires plutôt que de simplement sélectionner le joueur le plus talentueux disponible.

Treize ans plus tard, le scénario rappelle certains souvenirs.

Le Canadien vient encore de se faire dominer physiquement en séries.

Et voilà qu’il mise sur un attaquant de puissance de 224 livres que Martin Lapointe compare pratiquement à une espèce en voie de disparition.

Autre élément qui retient l’attention : tout au long du week-end, les dirigeants ont parlé du caractère, de la robustesse, de l’identité et de la compétition beaucoup plus souvent que des statistiques offensives.

Ce n’est probablement pas un hasard.

Reste maintenant à voir si cette nouvelle philosophie permettra réellement au Canadien de franchir un autre niveau… ou si, dans quelques années, cette conférence de presse sera rappelée comme celle où Montréal est tombé amoureux d’un style de jeu avant tout le reste.

Plus on écoutait Nick Bobrov et Martin Lapointe, plus j’avais l’impression qu’ils tentaient de justifier un coup de cœur plutôt que d’expliquer un choix de première ronde.

Et Bobrov est même allé encore plus loin en détruisant le hockey mineur québécois... et même de toute l'Amérique du Norde.

« Aujourd’hui, les jeunes passent leur temps dans les camps d’habiletés. Ils apprennent tous à faire un Michigan à 10, 11 ou 12 ans, mais plus personne ne veut faire le sale boulot. Quand on voit un joueur comme ça, on devient excités. »

C’est un désaveu complet de la façon dont plusieurs jeunes sont développés chez nous aujourd’hui.

Le Canadien préfère un joueur qui frappe, bloque des tirs et joue avec une identité claire plutôt qu’un joueur spectaculaire qui accumule uniquement des habiletés individuelles.

Est-ce que Pugachyov deviendra un excellent joueur? C’est tout à fait possible.

Mais cette conférence de presse raconte surtout autre chose.

Elle raconte une organisation qui a été profondément marquée par les séries éliminatoires et qui a décidé de changer sa façon de bâtir son équipe.

Mais dans la LNH d'aujourd'hui... tu ne choisis pas ton choix de 1re ronde en 10 minutes.