Martin St-Louis s’entête avec Chris Kreider : le malaise grandit
Martin St-Louis et Chris Kreider. Capture d'écran, Getty

Martin St-Louis s’entête avec Chris Kreider : le malaise grandit

William Petit Lemay
Le 2026-10-05

Martin St-Louis avait une décision à prendre au début de la saison.

Il pouvait conserver le trio qui avait fait ses preuves avec Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky. Il pouvait aussi tenter quelque chose de différent afin d’équilibrer ses deux premières lignes.

Le choix a été clair.

Le vétéran Chris Kreider a pris la place de Slafkovsky aux côtés de Suzuki et Caufield.

Après deux matchs, cette décision commence toutefois à faire parler.

Georges Laraque a été très direct durant son segment à BPM Sports. Selon lui, le premier trio du Canadien n’a tout simplement pas encore développé la chimie nécessaire pour fonctionner au niveau attendu.

Son analyse rejoint une question qui circule depuis le début du calendrier : combien de temps Martin St-Louis va-t-il donner à cette nouvelle combinaison?

Kreider possède évidemment une immense expérience. Il connaît aussi très bien St-Louis, avec qui il a joué chez les Rangers de New York. Leur relation professionnelle remonte donc à plusieurs années, bien avant l’arrivée du vétéran à Montréal.

Cette proximité ajoute forcément un élément intéressant à la situation.

Il ne faut toutefois pas transformer cela en accusation de favoritisme. St-Louis a placé Kreider sur le premier trio parce qu’il croit que son profil peut compléter Suzuki et Caufield. Le vétéran apporte du poids, de la présence devant le filet, une capacité à dévier des rondelles et une expérience considérable.

Le problème est plutôt ailleurs.

Suzuki et Caufield possèdent déjà des automatismes avec Slafkovsky. Les trois joueurs savent où l’autre va se retrouver, connaissent leurs habitudes et ont démontré qu’ils pouvaient produire ensemble.

Kreider doit maintenant apprendre ces mécanismes.

Après seulement deux rencontres, il serait donc prématuré de tirer une conclusion définitive. Le calendrier vient à peine de commencer et l’Américain doit encore assimiler le système de St-Louis, ses responsabilités sans la rondelle et les habitudes de ses nouveaux partenaires.

Son deuxième match donne d’ailleurs des arguments aux deux camps.

Kreider a inscrit son premier but avec le Canadien contre Pittsburgh et a ajouté une passe. Il a également créé de l’espace pour Caufield sur certaines séquences et son échec avant a contribué à provoquer des erreurs adverses.

La production est donc présente.

La question concerne davantage la fluidité du trio.

Pendant une bonne partie de la rencontre, le Canadien a eu de la difficulté à générer de l’attaque à cinq contre cinq. La deuxième période a été particulièrement compliquée, alors que Pittsburgh a inscrit cinq buts consécutifs.

La remontée montréalaise a ensuite complètement changé l’allure de la rencontre. Le Canadien a trouvé une façon de revenir de 5-1 à 5-5, avec une fin de match complètement folle.

Cette remontée ne doit toutefois pas nécessairement effacer les problèmes rencontrés avant.

C’est précisément pourquoi Laraque estime que Slafkovsky pourrait redevenir une option intéressante sur le premier trio.

Le Slovaque connaît déjà Suzuki et Caufield. Son physique peut également créer de l’espace pour les deux joueurs et lui permettre d’attaquer le filet d’une manière différente.

Reste maintenant à voir si St-Louis acceptera de modifier son plan aussi rapidement.

Le Canadien disputera son troisième match de la saison demain, devant ses partisans au Centre Bell. Tous les regards seront tournés vers les trios annoncés par l’entraîneur.

Kreider aura une nouvelle occasion de démontrer qu’il mérite cette place.

Slafkovsky, lui, n’aura pas besoin de rappeler ce qu’il peut apporter à Suzuki et Caufield. Les trois joueurs l’ont déjà montré.

Une chimie ne se décrète pas dans un bureau. Elle se construit sur la glace.

Martin St-Louis a choisi de casser une combinaison qui fonctionnait pour tenter de bâtir quelque chose de différent.

Maintenant, la question est simple : est-ce que la nouvelle formule finira réellement par fonctionner?

Ou faudra-t-il éventuellement revenir à ce qui fonctionnait déjà?

Patience ou changement immédiat ?!

À suivre...