Noah Dobson dans le même bateau que Jonathan Huberdeau, Darnell Nurse et surtout... Elias Pettersson...
Ouch.
Quand The Athletic a publié sa grande analyse des contrats les moins rentables de la LNH, plusieurs partisans du Canadien ont probablement sursauté en voyant apparaître le nom de Noah Dobson au côtés de Brendan Gallagher et Josh Anderson.
Noah Dobson.
Le défenseur que Kent Hughes a payé comme une supervedette, qui gagne 9,5 millions de dollars par saison et qui est déjà le 6e défenseur le mieux payé de la LNH.
À 9,5 millions par année, tu n’es plus payé comme un bon défenseur, mais bien comme un joueur qui change le destin d’une organisation.
Tu es payé comme Cale Makar, Quinn Hughes, comme un défenseur numéro un incontestable.
Or, malgré ses 12 buts, 47 points et ses nombreux tirs bloqués, plusieurs chiffres demeurent inquiétants.
Le Canadien contrôlait moins de la moitié des chances de marquer lorsque Dobson était sur la glace à cinq contre cinq. (46,2 %).
Ses missions défensives ont exposé de grosses faiblesses, surtout quand il joue de manière lâche et nonchalante.
Le problème apparaît lorsque le jeu se complique dans sa zone. Trop souvent, il donne l’impression d’attendre que le jeu vienne à lui plutôt que d’imposer sa présence.
Martin St-Louis n’a jamais publiquement détruit son ancien défenseur, mais le coach du CH recherche davantage d’urgence, davantage de méchanceté et davantage d’engagement physique de sa part.
À 6 pieds 4 pouces et plus de 200 livres, plusieurs s’attendent encore à voir un défenseur beaucoup plus dominant dans les batailles le long des rampes.
Surtout, son contrat vient avec sept autres années d’engagement.
C’est énorme.
Voilà pourquoi plusieurs journalistes continuent de comprendre pourquoi Patrick Roy n’était pas toujours le plus grand admirateur de son défenseur à Long Island.
Dobson possède du talent offensif.
Personne ne conteste cela.
Mais la robustesse, la constance et la capacité de dominer défensivement soir après soir continuent d’alimenter les interrogations.
Le problème n’est pas le joueur, mais bien le salaire.
Quand tu es aussi riche, les attentes deviennent impitoyables.
Et selon le modèle utilisé par The Athletic, le rendement n’a pas encore rejoint le montant du chèque.
La réalité devient encore plus intéressante lorsqu’on regarde les autres organisations.
À Calgary, Jonathan Huberdeau demeure l’exemple parfait d’un contrat qui tourne mal. Plus de 10 millions par année pour une production qui n’a plus rien à voir avec celle qui lui avait permis de devenir une vedette en Floride.
À Edmonton, Darnell Nurse continue de faire grincer des dents. Son contrat de 9,25 millions le paie comme un défenseur numéro un alors que ses erreurs défensives reviennent constamment dans les discussions.
À Vancouver, Elias Pettersson gagne 11,6 millions de dollars mais joue davantage comme un centre de deuxième trio depuis deux saisons. Et parfois... comme un 3e centre...
À Boston, Elias Lindholm touche près de 8 millions par année pour une production qui ne justifie plus un tel investissement.
À Toronto, Morgan Rielly encaisse 7,5 millions alors que son jeu défensif continue d’être attaqué de toutes parts.
À Seattle, Chandler Stephenson est devenu un symbole des contrats accordés trop rapidement après quelques bonnes saisons.
À Nashville, Jonathan Marchessault touche 5,5 millions pour une production offensive qui a chuté de façon inquiétante.
À Los Angeles, Drew Doughty coûte toujours 11 millions de dollars même si le joueur dominant d’autrefois appartient désormais au passé.
À Pittsburgh, Kris Letang reste un immense compétiteur, mais son contrat de plus de 6 millions commence à peser lourd à 39 ans.
À Chicago, Andre Burakovsky est devenu un véritable cauchemar financier.
À San Jose, Barclay Goodrow coûte près de 4 millions pour une production qui ne ressemble plus à celle d’un joueur régulier de la LNH.
La liste complète de The Athletic est d’ailleurs remplie de contrats qui font mal aux directions générales. À Anaheim, Frank Vatrano a connu une chute spectaculaire après ses saisons de 26 et 37 buts.
À Buffalo, Jordan Greenway touche 4 millions malgré une production offensive pratiquement inexistante. À Columbus, Dante Fabbro est passé d’un défenseur de premier duo à un joueur utilisé beaucoup plus bas dans l’alignement.
À Detroit, Ben Chiarot continue d’être payé comme un défenseur top-4 alors que plusieurs équipes le verraient davantage sur une troisième paire.
À New York, J.T. Miller gagne 8 millions de dollars malgré des résultats collectifs désastreux lorsqu’il est sur la glace.
À Seattle, Ryan Lindgren, Adam Larsson et Chandler Stephenson figurent tous parmi les contrats les plus critiqués de l’organisation.
À St-Louis, Pavel Buchnevich n’est plus l’attaquant dominant qui justifiait son salaire de 8 millions. À Winnipeg, Neal Pionk sort d’une saison difficile.
À Nashville, Brady Skjei, Nicolas Hague et Jonathan Marchessault se retrouvent tous dans la mire des analystes. Bref, Dobson se retrouve dans une compagnie qui n’est pas particulièrement flatteuse.
La différence, évidemment, c’est que plusieurs de ces contrats concernent des joueurs en déclin.
Dobson n’a que 25 ans.
C’est ce qui sauve présentement le Canadien.
Kent Hughes parie que le meilleur hockey de Noah Dobson est encore devant lui.
Il parie que le plafond salarial va exploser et que le défenseur va franchir un autre niveau.
Mais un pari demeure un pari.
Et lorsqu’un défenseur gagne 9,5 millions de dollars par saison, personne n’a envie d’entendre parler de potentiel pendant encore cinq ans.
Le Canadien n’a pas payé pour le Noah Dobson d’aujourd’hui.
Le Canadien a payé pour le Noah Dobson qui doit devenir une vedette.
Maintenant, il faut qu’il le prouve.
