Pendant des mois, Stéphane Waite nous a cassé les oreilles avec le même discours.
Samuel Montembeault était le numéro un incontestable.
Jakub Dobeš? Trop arrogant. Trop théâtral. Trop cocky. Trop baveux pour survivre longtemps dans le marché montréalais.
C’était toujours la même cassette.
Quand Dobeš trash talkait un joueur adverse? Mauvais signe.
Quand il provoquait le banc? Immature.
Quand il jasait aux arbitres? Distrayant pour ses coéquipiers.
Quand il tombait un peu facilement devant son filet? Une mauvaise habitude qui allait lui exploser au visage.
Waite ne se gênait jamais.
Il disait tout simplement que Dobeš franchissait une ligne dangereuse et mettait toute l'équipe en danger.
“Il y a une ligne entre être confiant et être baveux. Cette ligne-là, il ne faut pas la traverser. À un moment donné, ça va te revenir dans la face.”
Il allait même jusqu’à sous-entendre que certains le vetsiaire était tanné de son attitude.
“Il y a probablement des coéquipiers qui n’aiment pas ça. Parce qu’à un moment donné, ça crée des étincelles et ça met de l’huile sur le feu.”
Comme si Dobeš était presque un problème dans le vestiaire et que son énergie nuisait au groupe.
Waite a même affirmé que Martin St-Louis devait calmer son jeune gardien au lieu de l’encourager.
Et maintenant?
Voilà que Stéphane Waite effectue un revirement à 180 degrés sur les ondes de Cogeco.
Wow. On parle d'un virage tellement abrupt qu’on pourrait presque se demander si on écoute la même personne.
Dans le studio du 98,5 Sports, Waite est rendu à comparer les Canadiens de Montréal aux Blackhawks de Chicago de 2010.
L’équipe de Jonathan Toews. Patrick Kane. Duncan Keith. L'une des plus grandes dynasties modernes.
Et dans sa comparaison, qui devient le parallèle direct avec Antti Niemi, le gardien recrue qui avait surpris tout le monde en 2010?
Jakub Dobeš.
Tiens, tiens, Oui, le même Dobeš qui était supposément trop arrogant, trop instable émotionnellement, trop "cocky" selon le terme utilisé par Waite sur les ondes de RDS.
Tout d’un coup, Waite nous explique que ça lui rappelle exactement le modèle gagnant de Chicago.
“On a gagné en 2010 avec un gardien recrue, Antti Niemi, comme on le fait avec Dobeš.”
Pardon?
Le même gars qu’on nous présentait presque comme un problème devient soudainement un élément central d’une comparaison avec une équipe championne de la Coupe Stanley?
Le changement de ton est spectaculaire.
Waite était tellement irrité par la personnalité du gardien tchèque il y a à peine quelques semaines.
Impossible de ne pas comprendre ce revirement spectaculaire quand on voit ce qui s'est passé sur les réseaux sociaux.
Il faut se rappeler ce qui s’est produit quand Stéphane Waite s’est attaqué à Jakub Dobeš au plus fort de la série contre les Sabres de Buffalo.
La réaction sur les réseaux sociaux a été d’une violence rare. Sur Facebook, X et dans les émissions sportives, les partisans des Canadiens de Montréal lui sont tombés dessus de partout. P
lusieurs trouvaient ses propos complètement déconnectés du moment. Pendant que Dobeš volait littéralement des matchs, brassait Buffalo mentalement et devenait un favori instantané du public avec son attitude de compétiteur assumée, Waite venait expliquer qu’il était “trop arrogant”, “trop baveux” et même potentiellement un problème pour ses coéquipiers.
Le timing a été perçu comme catastrophique. Encore pire quand Dobeš a continué à gagner… jusqu’à éliminer les Sabres de Buffalo.
À partir de là, la pression populaire est devenue énorme. Beaucoup de gens lui rappelaient quotidiennement ses critiques, au point où ça s’est transformé en véritable tempête médiatique.
Et aujourd’hui, voilà qu’on entend soudainement un tout autre discours : Dobeš comparé à Antti Niemi dans un scénario à la Blackhawks 2010.
Disons que plusieurs y voient difficilement une simple coïncidence. Quand tout un marché te tombe dessus pendant des semaines et que le gardien continue de faire taire ses détracteurs sur la glace, le virage à 180 degrés devient beaucoup plus facile à comprendre.
Surtout que Jakub Dobeš qui continue exactement d’être lui-même.
Il n’a rien changé.
Il parle encore.
Il sourit encore.
Il provoque encore.
Il jase encore aux arbitres.
Il continue de jouer avec cette énergie presque chaotique qui fait complètement capoter les adversaires.
Mardi soir encore, on l’a vu rire dans une mêlée, échanger avec les officiels, rentrer dans la tête des joueurs adverses.
Même recette.
Même personnalité.
Même arrogance assumée.
La seule différence?
Waite a fini par s'excuser.
Dans le hockey, quand tu gagnes, soudainement, même tes plus grands détarcteurs changent leur disque.
Aujourd'hui, le pauvre Waite se met à genoux devant le gardien qui montre exactement les mêmes traits de personnalité qu’aujourd’hui.
Hier, ça le dérangeait.
Aujourd’hui?
Ça rappelle une Coupe Stanley.
Jakub Dobeš n’a pas changé.
On se demande si Waite avait eu le guts de s'excuser... s'il n'avait pas été envoyé sous l'autobus par le Québec en entier.
Poser la quesiton... c'est y répondre...
