Douche froide pour Florian Xhekaj : le rêve montréalais s’éloigne brusquement

Douche froide pour Florian Xhekaj : le rêve montréalais s’éloigne brusquement

André Soueidan
Le 2026-07-19

L’euphorie a laissé place à une réalité beaucoup moins emballante.

Pendant des mois, Florian Xhekaj a été présenté comme l’une des prochaines armes du Canadien de Montréal.

Un attaquant imposant, capable de distribuer des mises en échec dévastatrices, de déranger l’adversaire et d’apporter cette dose d’intimidation qui manque tant au groupe de Martin St-Louis.

Aujourd’hui, le discours vient de changer.

Pourtant, les attentes étaient immenses.

Au printemps dernier, Pascal Vincent ne ménageait pas les éloges envers son protégé.

L’entraîneur du Rocket de Laval parlait d’un joueur presque introuvable dans le hockey moderne. Il allait même jusqu’à évoquer Dustin Byfuglien lorsqu’il cherchait une comparaison, non pas pour le talent offensif, mais pour ce mélange rarissime de puissance physique, de mobilité et de capacité à influencer un match de multiples façons.

Une déclaration qui avait fait rêver bien des partisans du Canadien.

À ce moment-là, plusieurs imaginaient déjà les frères Xhekaj réunis à Montréal.

Arber pour faire respecter l’ordre en défense, Florian pour semer le chaos à l’attaque.

Le scénario avait tout pour séduire les amateurs du Centre Bell.

Puis Grant McCagg est arrivé avec une analyse beaucoup plus froide.

Dans le plus récent épisode de HabsCast, Grant McCagg s’est installé devant les séquences vidéo des deux derniers matchs de séries de Florian Xhekaj avec le Rocket de Laval… et ses conclusions risquent d’en surprendre plus d’un.

Après avoir décortiqué les deux derniers matchs éliminatoires de Florian avec le Rocket contre les Marlies de Toronto, le recruteur n’a pas remis en question son courage ni son désir de compétition.

Ce sont plutôt les détails de son jeu qui l’ont inquiété.

Selon lui, le jeune attaquant est encore loin d’être prêt pour un rôle régulier dans la LNH.

La première faiblesse saute aux yeux. La vitesse.

Dans une ligue où chaque seconde compte, Florian éprouve encore de la difficulté à suivre le rythme lorsqu’il évolue au centre.

Personne ne lui demande de devenir Connor McDavid, mais le niveau d’exécution exigé dans la LNH ne pardonne pas ce genre de retard.

Son échec-avant soulève aussi des questions.

Oui, Florian termine presque toujours ses mises en échec.

Oui, il impose le respect physiquement.

Le problème, c’est qu’il quitte trop souvent sa position uniquement pour compléter cette collision, laissant parfois un espace que l’adversaire exploite immédiatement.

Cette lecture du jeu devra évoluer avant qu’il puisse gagner la confiance d’un entraîneur dans la grande ligue.

Cette partie de son apprentissage rappelle étrangement les débuts de son frère Arber. Lui aussi avait tendance à vouloir tout frapper sur son passage avant de comprendre que la LNH récompense davantage les bonnes décisions que les coups spectaculaires.

Depuis qu’il joue avec davantage de contrôle, Arber est devenu un défenseur beaucoup plus efficace.

Les statistiques de Florian racontent également une histoire plus nuancée que la réputation qui le suit. Beaucoup associent automatiquement son nom aux bagarres et aux pénalités.

Pourtant, ce portrait mérite d’être nuancé.

En séries avec le Rocket, il a récolté 34 minutes de pénalité en seulement huit matchs, mais 20 de ces minutes provenaient de deux inconduites de partie.

Ce n’est donc pas une succession de combats qui gonfle son total, mais bien quelques débordements qui coûtent cher à son équipe.

C’est d’autant plus important que le Rocket lui confie déjà des responsabilités dans toutes les situations.

Florian est utilisé à forces égales, en avantage numérique et en désavantage numérique.

Ce n’est pas le traitement réservé à un simple homme fort. Son entraîneur voit chez lui un joueur capable d’influencer un match autrement qu’avec ses poings.

Son parcours démontre d’ailleurs une progression constante.

Après une saison de 24 buts à Laval en 2024-2025, il a disputé cinq matchs avec le Canadien avant de retourner dans la Ligue américaine, où il a ajouté 17 buts cette saison.

L’organisation continue clairement d’investir dans son développement plutôt que de brûler les étapes.

Voilà pourquoi cette analyse de McCagg risque de refroidir plusieurs amateurs.

L’idée de voir Florian régler dès cette année le manque de robustesse du Canadien devient soudainement beaucoup moins réaliste. Kent Hughes peut toujours croire au potentiel de son jeune attaquant, mais le chantier est loin d’être terminé.

La bonne nouvelle, c’est que les qualités qui ont convaincu Pascal Vincent n’ont pas disparu.

Florian demeure un joueur intimidant, doté d’un lancer dangereux, responsable défensivement et prêt à payer le prix sur chaque présence.

Des outils que peu de joueurs possèdent en même temps.

Le rêve montréalais n’est donc pas disparu. Il vient simplement d’être repoussé.

Et dans une organisation qui répète constamment qu’aucun jeune ne sera promu avant d’être réellement prêt, Florian Xhekaj devra gagner cette bataille une étape à la fois.

À suivre…