10 millions en jeu : Ivan Demidov ne laisse rien au hasard

10 millions en jeu : Ivan Demidov ne laisse rien au hasard

Par André Soueidan le 2026-02-11

Pause olympique ou pas, vacances ou pas, plage ou pas : Ivan Demidov s’en fout.

Pendant que la majorité de la Ligue décroche mentalement, le jeune phénomène du Canadien de Montréal est déjà de retour sur la glace à Brossard.

Pas parce qu’on l’exige.

Pas parce qu’il y a une caméra.

Parce que c’est exactement comme ça qu’il conçoit sa carrière.

Ce geste-là, il est loin d’être anodin.

À 19 ans, Demidov domine déjà le classement des recrues de la LNH. Douze buts, 34 passes, 46 points en 57 matchs.

Soixante-dixième pointeur de toute la Ligue nationale.

Et quand tu prends deux secondes pour comparer, le portrait devient encore plus frappant.

Même production qu’Adrian Kempe à Los Angeles.

Même total de points que Matthew Knies à Toronto.

Même rythme que Dylan Strome, Filip Forsberg, Alex Tuch, John Tavares.

À peine quelques points derrière Alex Ovechkin et Auston Matthews.

Des joueurs établis. Des joueurs payés. Très payés.

Kempe touche 10,6 millions par saison. Forsberg est dans la même zone. Matthews frôle les 13. Tavares dépasse les 11.

Et Demidov, lui, est encore sur un contrat d’entrée.

C’est là que le vrai calcul commence.

Parce que ce qui se passe à Brossard cette semaine, ce n’est pas juste un entraînement optionnel.

C’est un message. Un message à l’organisation. Un message à Kent Hughes. Un message à toute la Ligue.

Ivan Demidov n’est pas ici pour faire joli. Il est ici pour devenir un joueur élite. Et un joueur élite, ça se paie.

Le parallèle interne est impossible à ignorer. Juraj Slafkovský a signé à 7,6 millions par saison jusqu’en 2033. À 20 ans. Avec un impact offensif nettement inférieur à celui que Demidov affiche dès sa première saison complète. À âge égal, la comparaison fait mal. Et elle ne joue pas en faveur du Canadien s’il décide d’attendre trop longtemps.

Parce que le timing, dans ce genre de dossier-là, est tout.

Signer tôt, c’est verrouiller un talent avant l’explosion complète.

Attendre, c’est accepter de payer le prix du nouveau plafond salarial.

Et ce plafond-là, on le sait déjà, va grimper en flèche.

Quand les contrats de Brendan Gallagher, Josh Anderson et Phillip Danault vont tomber à la fin de 2027, ce sont environ 17,5 millions qui vont se libérer d’un coup.

L’argent sera là. Le problème ne sera pas la capacité de payer.

Le problème sera le montant à inscrire sur le chèque.

Parce que si Demidov continue sur cette trajectoire ... et tout indique que oui ... on ne parlera plus d’un contrat à 7 ou 8 millions.

D’un ailier capable de driver une ligne. D’un gars qui change le rythme d’un match par ses décisions, ses mains, sa vision.

Et à ce moment-là, le chiffre commence par un 9. Minimum.

Le plus ironique dans tout ça, c’est que Demidov n’a même pas besoin de parler d’argent.

Il n’a pas besoin de lancer des messages en conférence de presse.

Il n’a pas besoin d’un agent bruyant.

Son langage, c’est la glace. Son discours, c’est le travail.

Être à Brossard pendant la pause olympique, c’est exactement ça : une façon silencieuse de dire « je sais ce que je vaux, et je m’en vais le prouver encore plus ».

Ce n’est pas un hasard si on le voit déjà agir comme un leader.

Ce n’est pas un hasard non plus s’il prend le temps de signer des autographes, de s’impliquer, de respecter le logo.

L’attitude est irréprochable. La progression est constante. Le plafond est encore loin d’être atteint.

Et pendant ce temps-là, Kent Hughes observe.

Parce qu’il sait exactement ce qui s’en vient.

Chaque match joué par Demidov sans extension à long terme, c’est une petite hausse du compteur.

Chaque séquence spectaculaire, chaque point de plus, chaque comparatif flatteur avec un vétéran à 10 millions, ça rapproche le Canadien d’un contrat massif.

D’ici la fin de son contrat actuel, la balle est dans le camp de Demidov.

Mais le chronomètre tourne aussi pour la direction.

Attendre trop longtemps, c’est perdre l’avantage. Agir trop vite, c’est prendre un risque calculé.

Une chose est certaine : Ivan Demidov ne se comporte pas comme un joueur qui vise un rabais. Il se comporte comme un joueur qui vise l’élite.

Et l’élite, en 2026-2027, ça vaut 10 millions par saison.

À Brossard, le message est clair.

Le talent est là.

L’éthique de travail est là.

Et le prix… est déjà en train de monter.

À suivre ...