12 millions de dollars: Jason Robertson lié au Canadien de Montréal

12 millions de dollars: Jason Robertson lié au Canadien de Montréal

Par David Garel le 2026-05-16

Jason Robertson à Montréal?

Il y a quelques semaines à peine, toute la conversation tournait autour d’un deuxième centre. On répétait que les Canadiens de Montréal avaient absolument besoin d’un joueur de centre établi pour alléger la pression sur Nick Suzuki, mieux entourer Ivan Demidov et stabiliser un top-6 offensif encore jeune.

Puis, tranquillement, quelque chose a changé.

Le nom de Jason Robertson commence à circuler.

Pardon? Cela vient du journaliste de RG Media, Marco D'Amico. D'où viennent ses infos?

Les Stars de Dallas sont coincés financièrement. Robertson vient de terminer un contrat avantageux pour Dallas (7,75 M$ par année) et arrive à un moment où il peut pratiquement exiger ce qu’il veut.

À 26 ans, après une saison de 96 points et 45 buts, il est en position de force totale. Un ailier de 6 pieds 3 pouces, 204 livres, qui produit comme un joueur élite, ça coûte une fortune dans la LNH moderne.

On ne parle pas ici d’un contrat de huit ou neuf millions.

On parle d’un joueur qui pourrait demander autour de 12 millions par saison.

Et selon ce qui circule, Robertson ne veut aucunement accepter un rabais sur son prochain contrat.

Ouch.

Est-ce que ça ressemble vraiment aux Canadiens de Montréal version Kent Hughes et Jeff Gorton?

Pas vraiment. Pour ne pas dire... pas du tout..

Depuis leur arrivée, tout ce qu’ils ont bâti repose sur une certaine discipline salariale. Même quand Noah Dobson est arrivé, l’idée n’était jamais de casser toute la structure économique du vestiaire.

Dobson aurait pu empocher plus que 9,5 M$ par année. Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky font tous moins que 8 M$ par année.

Ivan Demidov finira par coûter cher, mais son agent a déjà été averti qu'il ne dépassera pas les 10 M$ par année.

Lane Hutson a accepté un immense rabais pour un joueur qui est rendu top-5 dans la LNH.

8,85 M$ par année étalés sur 8 ans, c'est du vol.

Donner 12 millions à Robertson, ce serait envoyer le pire message à la chambre.

"Vous avez accepté un rabais immense, mais je vais donner 12 M$ à un buteur unidimensionnel comme Robertson?

Justememt. Il faut regarder le type de joueur qu’il est.

Oui, Robertson marque énormément. Oui, ses statistiques sont élites. Deux saisons de plus de 45 buts, une campagne de 109 points il n’y a pas si longtemps, huit points en six matchs éliminatoires cette année. Personne ne peut nier la production.

Mais il y a aussi un débat qui revient constamment autour de lui : est-il trop unidimensionnel?

Quand Robertson marque, il ressemble à une supervedette. Quand les buts disparaissent, il devient un fantôme.

Il n’est pas reconnu comme un joueur qui impose son rythme physiquement malgré son gabarit. Il ne gagne pas des matchs avec sa vitesse. Il n’est pas ce type de joueur qui renverse une série juste avec son intensité ou son moteur.

À Montréal, surtout dans la culture actuelle instaurée par Martin St-Louis, on valorise énormément les joueurs complets. Des gars capables d’aider partout sur la glace, même lorsque les points ne viennent pas.

En même temps, St-Louis pourrait faire de Robertson un joueur plus complet.

Il pourrait prendre exemple... sur Phil Danault...

Pendant que tout le monde regarde les buts et les vedettes dans cette série contre les Sabres de Buffalo, Danault a discrètement rappelé pourquoi Kent Hughes est allé le chercher. Ce n’est pas glamour. Ce n’est pas sexy sur papier. Mais en séries, ce type de joueur change des matchs.

Danault détruit Tage Thompson dans le cercle des mises en jeu. Il étouffe les meilleurs trios adverses. Il gagne ses confrontations. Il joue un hockey intelligent, détaillé, structuré.

Martin St-Louis lui fait confiance dans les missions les plus ingrates.

Et Danault lui rend ça.

Quand un entraîneur peut envoyer un joueur neutraliser un premier trio adverse soir après soir, ça change toute la construction d’équipe.

Alors la vraie question devient intéressante : si Montréal regarde davantage un marqueur comme Robertson qu’un centre cet été, est-ce que ça veut dire qu’ils sont finalement à l’aise au centre?

Suzuki est établi.

Jake Evans demeure utile.

Joe Veleno remplit un rôle.

Kirby Dach continue d’être une interrogation, mais le retour de Danault a peut-être changé les priorités plus vite que prévu.

Kent Hughes voit peut-être une équipe qui possède déjà son équilibre au centre grâce aux mises au jeu, aux responsabilités défensives et au travail de Danault, ce qui permettrait maintenant d’investir dans un pur marqueur.

Mais encore là, Robertson à 12 millions?

Impossible.

Surtout quand on regarde la philosophie du groupe actuel. Ce noyau est bâti sur le travail, le sacrifice collectif, la responsabilisation... et le sacrifice du portefeuille. Pas sur un contrat monstre qui vient complètement bouleverser la hiérarchie salariale.

À moins qu’il y ait un revirement majeur dans la vision de Robertson face au "cash", Kent Hughes va passer son tour.