310 000 dollars dans les poches: les Montréalais ne pardonneront jamais à Valérie Plante

310 000 dollars dans les poches: les Montréalais ne pardonneront jamais à Valérie Plante

Par David Garel le 2026-02-06

310 000 $ pour partir. Le dernier scandale de Valérie Plante, payé par les Montréalais

Il fallait bien que ça se termine ainsi.

Après huit ans de pouvoir, des milliards en chantiers mal coordonnés, une ville paralysée par les cônes orange, une dette alourdie d’un milliard de dollars, des routes défoncées, des crises d’itinérance hors de contrôle, des transports publics à bout de souffle et une succession de scandales liés aux dépenses, Valérie Plante quitte l’hôtel de ville avec un chèque historique de plus de 310 000 $.

Pas pour un projet livré.

Pas pour une relance économique.

Pas pour un héritage qu'elle laisse à Montréal.

Non.

310 000 $ simplement pour partir.

C’est officiellement l’indemnité de départ la plus généreuse jamais versée à un maire dans l’histoire de Montréal.

Et ce n’est pas une opinion : c’est un fait documenté.

Selon les chiffres obtenus par le Journal de Montréal via l’accès à l’information, la Ville a versé 95 984,40 $ en allocation de départ et 214 028,92 $ en allocation de transition à l’ex-mairesse. Total : 310 013,32 $.

Un record.

Pourquoi? Parce que Mme Plante était déjà l’élue municipale la mieux payée au Québec, avec un salaire annuel de 221 299 $.

La mairesse la mieux rémunérée de la province devient aussi celle qui part avec la plus grosse indemnité.

La boucle est bouclée.

Pendant que des familles n’arrivent plus à joindre les deux bouts, pendant que des aînés comptent leurs pilules, pendant que des travailleurs paient 4,50 $ de l’heure pour stationner près de leur emploi, pendant que des étudiants sautent des tourniquets faute de service, Valérie Plante empoche, calmement, plus de 310 000 $ pour fermer la porte derrière elle.

Et ce chèque, rappelons-le, ne tombe pas du ciel.

Il sort directement des poches des Montréalais.

Mais le scandale ne s’arrête pas à Plante.

Au total, 45 ex-élus municipaux se partagent plus de 6,5 millions de dollars en allocations de départ et de transition.

Six virgule cinq millions.

Pour partir.

Parmi eux, deux autres figures de Projet Montréal dépassent aussi la barre symbolique des 300 000 $ :

Émilie Thuillier : 302 275,20 $

Benoit Dorais : 301 025,52 $

Luc Rabouin, ancien bras droit de Plante, touche pour sa part 229 335 $.

Dominique Ollivier, éclaboussée par le scandale de ses dépenses à l’OCPM, repart avec plus de 125 000 $.

Même après avoir été forcée de démissionner.

Même après que le Bureau d’enquête eut révélé qu’elle avait englouti 17 793 $ en restaurants entre 2016 et 2019.

Même après ses missions internationales répétées.

Même après les soupers d’huîtres, les bouteilles de vin, les factures de prestige.

Elle aussi repart avec un chèque.

C’est ça, Montréal version Projet Montréal.

Un système où l’on peut mal gérer, dépenser sans retenue, perdre la confiance publique… et partir riche.

Champagne pour eux, factures pour nous.

Ce qui met le feu aux poudres sur les réseaux sociaux, ce n’est pas seulement le montant.

Les Montréalais n’ont pas oublié.

Ils n’ont pas oublié le souper à Vienne, au restaurant Und Flora.

Douze convives.

Huit bouteilles de vin à près de 288 $ chacune.

Menus trois services.

Addition réglée par les contribuables.

Ils n’ont pas oublié les repas à 208 $ chez Ikanos.

Les factures à 170 $ chez Damas.

Les carrés d’agneau, le filet mignon, le champagne à volonté.

Ils n’ont pas oublié Los Angeles, Paris, Vienne et tous les voyages personnels de la mairesse payée par les contribuables.

Ils n’ont pas oublié que les remboursements sont toujours venus après les révélations médiatiques.

Jamais avant.

Ils n’ont pas oublié non plus que pendant ces soupers, pendant ces voyages, pendant ces séances photo Instagram, Montréal sombrait dans le chaos logistique, la crise du logement, l’explosion de l’itinérance et l’effondrement du réseau routier.

Ils n'ont pas oublié que la Fédération Française de Football cherchait une ville nord-américaine pour accueillir ses Bleus pendant la Coupe du monde 2026 : trois semaines complètes d’entraînements, de préparation, de conférences de presse et de vie quotidienne pour une délégation pouvant facilement dépasser 150 personnes (joueurs, entraîneurs, médecins, analystes, médias, entourage, partenaires).

On parle ici de milliers de nuitées d’hôtel, de restaurants pleins chaque soir, de couverture médiatique internationale, de caméras françaises braquées sur Montréal matin et soir, une vitrine mondiale gratuite.

Tout ce que la Ville devait assumer, c’était la logistique de base : sécurité, escortes policières, circulation, signalisation. Coût estimé : environ 600 000 $.

Une somme dérisoire à l’échelle d’un budget municipal de plusieurs milliards. Et pourtant, l’administration de Valérie Plante a dit non. On comprend maintenant pourquoi? Elle voulait cet argent pour pouvoir "se servir dans le sac".

Montréal est devenue, selon la MLS elle-même, la seule grande ville nord-américaine à refuser un camp de base pour la Coupe du monde. La France est allée ailleurs. Et Montréal a encore raté une occasion historique de rayonner comme vraie ville de sport.

Aujourd’hui, on demande aux Montréalais d’avaler un chèque de 310 000 $ comme si de rien n’était.

Comme si c’était normal.

Comme si c’était mérité.

Le plus indécent dans toute cette histoire, c’est le contexte financier.

Sous Valérie Plante, Montréal s’est alourdie de près d’un milliard de dollars de dette supplémentaire.

La vérificatrice générale l’a documenté : la Ville « navigue à vue », incapable de planifier adéquatement ses infrastructures.

25 % des artères principales sont en mauvais état.

37 % du réseau local est dégradé.

Les nids-de-poule deviennent des pièges professionnels.

Les chantiers s’empilent sans coordination.

Les citoyens perdent des heures chaque semaine dans la congestion.

Et malgré ce bilan, malgré cette dette, malgré cette désorganisation, la priorité reste de protéger financièrement ceux qui quittent.

Pas les citoyens.

Pas les commerçants.

Pas les étudiants.

Les élus.

La colère est réelle. Et elle est légitime.

Sur les réseaux sociaux, c’est la rage.

Pas une petite grogne.

Une colère noire.

Parce que pendant que Valérie Plante touche plus de 18 400 $ par mois, des Montréalais doivent choisir entre payer leur loyer ou leur épicerie.

Pendant qu’elle repart avec 310 000 $, des infirmières prennent deux autobus pour aller travailler.

Pendant qu’elle encaisse, des familles attendent leur permis de rénovation pendant des mois.

Pendant qu’elle quitte riche, Montréal reste pauvre.

Et qu’on ne vienne pas nous parler de loi, de mécanique administrative ou de règles impersonnelles.

La loi permet aussi d’avoir du jugement.

La loi permet aussi d’avoir de la décence.

Personne n’obligeait Valérie Plante à accepter chaque dollar.

Elle aurait pu refuser.

Elle aurait pu réduire.

Elle aurait pu poser un geste symbolique.

Elle a choisi d’encaisser.

Jusqu’au dernier cent.

Valérie Plante voulait qu’on se souvienne d’elle comme de la mairesse des pistes cyclables et des espaces verts.

On se souviendra plutôt.. de la mairesse des billets verts... et d’une ville où les élus mangent du caviar pendant que les citoyens s’appauvrissent

Une honte sans précédent.

Une trahison morale.

Et une facture que les Montréalais n’oublieront jamais.