Le chiffre donne rapidement le vertige. La LNH pourrait investir jusqu’à 3,5 milliards de dollars pour permettre l’arrivée d’une nouvelle franchise au Texas. Pendant ce temps, Québec possède déjà un amphithéâtre prêt à accueillir une équipe et continue pourtant d’attendre son retour dans la Ligue nationale.
Pour plusieurs amateurs québécois, difficile de ne pas ressentir une certaine frustration devant cette situation.
Le vice-commissaire de la LNH, Bill Daly, vient de confirmer que les discussions avancent sérieusement avec un groupe d’investisseurs dirigé par Dan Friedkin. Houston demeure la priorité, alors qu’Austin représente une autre possibilité. Une entente définitive pourrait même être conclue dès décembre, avec une arrivée potentielle de la 33e équipe pour la saison 2029-2030.
Gary Bettman et son groupe sont donc prêts à ouvrir la porte à une nouvelle franchise américaine.
Le projet pourrait coûter environ 3,5 milliards de dollars, une somme qui comprendrait les droits d’expansion ainsi que la construction d’un nouvel amphithéâtre. À titre de comparaison, Seattle avait payé 650 millions de dollars pour obtenir sa franchise d’expansion, sans compter les coûts liés à son aréna.
La différence donne une idée de l’ampleur du projet texan.
Pendant ce temps, le Québec possède déjà le Centre Vidéotron.
L’amphithéâtre de Québec compte 18 259 places et a été conçu pour répondre aux standards d’une équipe de la LNH. Les infrastructures sont déjà en place. La glace est là. Les loges sont là. Les installations sont là. Une nouvelle équipe n’aurait pas besoin de partir de zéro pour bâtir son domicile.
Il manque principalement une chose : un groupe d’investisseurs prêt à acheter une franchise et à l’opérer à Québec.
C’est précisément cette réponse de la LNH qui risque de faire réagir.
Questionné sur la possibilité d’une expansion au Canada, Bill Daly a reconnu que Québec possède plusieurs qualités. Il a même qualifié les installations de premier ordre. Toutefois, il a aussi expliqué que l’intérêt pour une nouvelle équipe canadienne est moins important que celui démontré par certains marchés américains.
Le problème ne serait donc pas nécessairement le marché québécois.
Le problème serait plutôt l’absence d’un propriétaire prêt à déposer les milliards nécessaires.
Pour les partisans des Nordiques, cette situation laisse un goût amer. Voir la LNH préparer un projet gigantesque au Texas alors que le Centre Vidéotron attend toujours une équipe nourrit inévitablement l’impression que Québec n’occupe pas une place importante dans les plans de Gary Bettman.
La ligue ne cache d’ailleurs plus son intérêt pour les États-Unis. Une franchise au Texas permettrait de poursuivre cette expansion tout en augmentant considérablement la valeur de l’ensemble des équipes.
Québec, de son côté, possède déjà une histoire avec la LNH, une base de partisans passionnée et un amphithéâtre construit précisément pour accueillir une formation professionnelle de haut niveau.
Il manque seulement le groupe capable de présenter un dossier financier suffisamment solide.
C’est peut-être ce qui rend la situation encore plus frustrante. La LNH est prête à envisager une facture de 3,5 milliards de dollars pour créer une nouvelle équipe dans un marché américain, avec tout ce que cela implique en matière d’infrastructures, alors que Québec n’aurait pas à reconstruire son aréna.
Pour les amateurs québécois, le message envoyé par cette nouvelle expansion risque donc de faire mal.
Tant qu’aucun propriétaire sérieux ne se présentera avec une offre capable de convaincre Bettman et son conseil des gouverneurs, le Centre Vidéotron devra continuer d’attendre.
Encore une fois, le Texas pourrait passer devant Québec.
Et cette fois, le prix annoncé risque de faire réagir.
Ouch...
