Le 4 février n’est pas une date anodine à Montréal.
Pierre LeBrun l’a clairement laissé entendre cette semaine : plusieurs équipes devront agir avant le gel des transactions lié aux Jeux olympiques, simplement pour sauver leur saison.
Pas pour devenir meilleures.
Pour survivre.
"Plusieurs équipes devront agir avant le gel des transactions pour les Jeux olympiques afin de sauver leur saison. Je m’attends à voir des mouvements mineurs et moyens dans les prochaines semaines, mais les plus importants pour les prétendants au titre auront lieu après les Jeux olympiques"
Les vrais gros mouvements des aspirants viendront après les Olympiques, mais d’ici là, il y aura du bruit. Des appels.
Des dossiers qui s’ouvrent à contrecœur. Des directeurs généraux qui sentent la pression monter.
Et pendant que certains paniquent, le Canadien observe.
La force de Montréal en ce moment, c’est justement de ne pas être pris à la gorge.
Le Canadien n’a pas besoin de faire un coup pour rester en vie.
Il n’a pas besoin de sacrifier le futur pour une bouffée d’oxygène artificielle.
Il est deuxième de sa division, solidement installé à mi-saison, et surtout, il a quelque chose que très peu d’équipes possèdent présentement : du temps et du levier.
Le levier, il est partout.
Il est dans la masse salariale.
Il est dans les retours imminents. Kirby Dach. Alex Newhook. Patrik Laine. Jake Evans. Kaiden Guhle.
Autant de noms qui représentent, à eux seuls, des ajouts internes majeurs sans coûter un seul choix au repêchage.
Pour plusieurs équipes, la date limite, c’est une obligation. Pour Montréal, c’est une option.
Et Kent Hughes l’a répété en conférence de presse : oui, il veut être actif… mais à quel prix.
Ce n’est pas un discours de façade. C’est une stratégie.
Le Canadien n’est pas encore dans sa fenêtre de Coupe Stanley.
Il n’est pas en mode “all-in”. Il est en mode poker.
Et quand les autres joueurs autour de la table commencent à s’agiter, à miser trop vite, à regarder leurs cartes avec nervosité, celui qui a la pile de jetons peut attendre.
Ce n’est pas un hasard si Kent Hughes a déjà frappé juste avant un gel, lors du freeze précédant la pause des Fêtes, pour aller chercher Phillip Danault.
À ce moment-là, le besoin était réel, le coût était logique, et surtout, l’impact allait au-delà de la saison en cours.
Ce genre de mouvement-là, Hughes est prêt à le refaire. Pas un coup de panique. Un coup de précision.
D’ici le 4 février, ce sont les autres équipes qui seront sous pression.
Celles qui glissent au classement.
Celles qui n’ont pas leurs gardiens.
Celles qui n’ont plus de marge de manœuvre salariale.
Celles qui regardent Montréal avec envie, en se disant que le Canadien peut absorber un contrat, peut prendre un risque calculé, peut faciliter une transaction à trois équipes.
Et plus on s’approche du freeze olympique, plus ce levier grandit.
Kent Hughes n’a pas besoin que son téléphone sonne sans arrêt.
Il lui suffit que les bons appels arrivent au bon moment.
Et dans ce genre de marché, ce sont rarement les équipes patientes qui se trompent.
Ce sont celles qui n’ont plus le choix.
Le 4 février approche. Les lignes vont se fermer.
Et d’ici là, à Montréal, on ne se demande pas s’il va se passer quelque chose.
On se demande qui va craquer en premier.
À suivre ...
