4000 dollars pour une nuit: Nick Suzuki tranche

4000 dollars pour une nuit: Nick Suzuki tranche

Par David Garel le 2026-02-12

On ne pourra plus jamais accuser Nick Suzuki d'être snob.

Nick Suzuki se faisait clouer au pilori parce qu’il avait choisi une chambre d’hôtel à 4000 $ la nuit en République Dominicaine plutôt que le Championnat du monde. On l’accusait d’être déconnecté. Trop confortable. Pas assez patriote. Pas assez guerrier.

Et aujourd’hui?

Aujourd’hui, le capitaine du Canadiens de Montréal dort… au village olympique.

Pas à l’hôtel.

Pendant que la majorité des joueurs d’Équipe Canada utilisent leur chambre cinq étoiles pour s’isoler, récupérer et vivre en mode « bulle », Suzuki a tranché:

Il choisit de rester au village. Il dort là. Il mange là. Il vit là.

Avec les autres athlètes. Avec les gymnastes. Les patineurs de vitesse. Les skieurs. Les délégations du monde entier.

Et ce choix-là est tout sauf banal.

Quand on lui a demandé si c’était « bizarre » de préférer le village olympique aux hôtels de luxe, sa réponse a été instantanée :

« Ce n’est pas bizarre du tout. C’est super. C’est toute la camaraderie que ça amène aussi de pouvoir rencontrer des athlètes de tous les pays et de tous les sports. De pouvoir discuter avec eux et échanger des épinglettes. »

Voilà.

Nick Suzuki n’est pas aux Jeux pour se construire un cocon. Il est là pour vivre l’expérience complète.

Il passe ses journées à échanger des “pins” de chaque pays comme au tournoi pee-wee. Il se fait aborder constamment pour sa collection. Il raconte même qu’à son premier jour, surpris par l’enthousiasme ambiant, il a presque remonté sa fermeture éclair par réflexe tellement les gens venaient lui parler.

Ce n’est pas une anecdote cute.

C’est un statement.

Parce qu’on parle du même joueur qui, l’an dernier, était présenté comme un enfant gâté en vacances dans un palace. Le même Suzuki qu’on accusait d’avoir perdu le sens des priorités. Le même capitaine qu’on disait trop confortable, trop doux, trop loin de la réalité du « hockey canadien ».

Et là, le voilà qui choisit volontairement la vie de dortoir olympique.

Pas de service aux chambres.

Pas d’intimité cinq étoiles.

Pas de luxe.

Juste des couloirs bondés, des cafétérias communes, des ascenseurs remplis d’athlètes, des conversations improvisées à toute heure.

Le narratif a viré sur un dix cennes.

De la suite à 4000 $… au village olympique.

De la caricature du joueur trop riche… à celui qui veut partager le quotidien des autres athlètes.

Et ce revirement est puissant.

Encore plus quand on regarde ce qu’il fait sur la glace.

Lors du premier match du Canada, Suzuki a marqué. Il a joué 13:33. Trois tirs. Un but. Aligné à l’aile avec Nathan MacKinnon et Brandon Hagel, il a été exactement ce qu’il est depuis trois ans à Montréal : calme, intelligent, efficace.

Après la victoire, il avait ce sourire discret qu’on lui connaît.

Il a parlé de l’atmosphère.

« J’ai beaucoup de plaisir. J’essaie de ne pas trop le laisser paraître. Mais j’adore chaque moment. L’atmosphère, c’est fou. »

Même les « Olé Olé » des partisans québécois à Milan ne lui ont pas échappé. Il en a ri, racontant au Journal de Montréal qu’il avait demandé à Brad Marchand s’il aimait ça, lui, quand ce chant visait son équipe.

Toujours ce mélange de sérieux et de légèreté. Toujours ce naturel.

Mais le vrai message, il est ailleurs.

Il est dans ce refus volontaire du confort.

Dans ce choix conscient de rester au village.

Dans cette volonté d’être un athlète parmi les athlètes, pas une vedette isolée dans sa tour d’ivoire.

Nick Suzuki aurait pu dormir à l’hôtel comme tout le monde. Personne ne lui aurait reproché. C’est ce que font la majorité des joueurs. C’est plus calme. Plus contrôlé. Plus facile pour récupérer.

Mais lui a choisi le bruit, le mouvement, l’énergie.

Il a choisi l’expérience humaine.

Et ça raconte exactement quel genre de capitaine il est.

Pas flamboyant.

Pas bruyant.

Mais profondément connecté.

On peut dire ce qu’on veut sur son style. Sur son leadership tranquille. Sur son absence de grandes déclarations.

Mais quand un joueur passe du symbole du luxe à celui du village olympique en l’espace de quelques mois, sans jamais changer son discours, sans jamais jouer de rôle, sans jamais se justifier… ça veut dire une chose.

Nick Suzuki n’a pas changé.

C’est simplement le regard sur lui qui était faux.

Aujourd’hui, pendant que d’autres se réfugient à l’hôtel, lui échange des épinglettes dans les corridors du village olympique.

Et franchement?

C’est peut-être la plus belle réponse qu’il pouvait offrir à tous ceux qui doutaient encore de lui.