Le dossier Zachary Bolduc commence sérieusement à retenir l’attention à Montréal... pour les mauvaises raison.
Plus les comparables tombent partout dans la LNH, plus la prochaine négociation entre Kent Hughes et le clan de l’attaquant québécois s’annonce complexe. Selon nos informations, Bolduc veut toucher près de 5 M$ par année.
Le CH avait commencé les négociations à 3,5 M$. Kent Hughes serait monté à 4 M$.
Et voilà que l'ancien gardien de la LNH devenu journaliste, Martin Biron, parle d'une entente visée par le clan Bolduc entre 4,5 et 5 millions de dollars par saison sur sa prochaine entente.
Au début de l'été, cela paraissait ridicule. Aujourd’hui, avec l’explosion du plafond salarial et les contrats signés partout dans la Ligue nationale, ce montant paraît beaucoup moins irréaliste.
Sur papier, la production offensive de Bolduc a été horrible. 30 points en 78 matchs ne représentent pas les statistiques d’un joueur qui fait normalement sauter la banque.
Mais les chiffres ne racontent pas toute l’histoire. Le Canadien n’a jamais caché qu’il voyait en lui beaucoup plus qu’un simple ailier de soutien. Kent Hughes a d’ailleurs accepté de céder Logan Mailloux pour aller le chercher, une transaction qui a immédiatement créé d’immenses attentes autour du Québécois.
Montréal n’a pas payé ce prix pour un joueur de quatrième trio. L’organisation croit manifestement que son plafond est beaucoup plus élevé que ce qu’il a démontré jusqu’à maintenant.
Toute la négociation tourne d’ailleurs autour de cette question : le Canadien doit-il payer le joueur qu’il est aujourd’hui… ou celui qu’il pourrait devenir dans deux ou trois ans?
Un contrat-pont de deux saisons permettrait à Bolduc de revenir rapidement sur le marché alors que le plafond salarial continuera de grimper. Une entente de cinq ans offrirait davantage de stabilité à Montréal, mais obligerait Kent Hughes à investir immédiatement sur un potentiel qui reste encore à confirmer.
Bolduc, lui, ne semble pas vouloir ignorer la nouvelle réalité économique de la LNH. Dans une récente entrevue accordée à La Presse, une phrase a retenu l’attention.
« Je vois les contrats sortir partout et les gars signent de bons contrats. C’est bon pour nous, les joueurs. Tout est une question d'argent. »
Cette déclaration a été interprétée par plusieurs comme un message envoyé directement à la direction du Canadien.
Chaque nouvelle signature fait grimper le marché. Chaque contrat majeur devient un nouvel argument pour les joueurs qui négocient actuellement. Le clan Bolduc regarderait particulièrement du côté de Mavrik Bourque, dont la récente entente (6 nas et 5,5 M$ par année) est rapidement devenue un comparable naturel dans les discussions.
Le problème pour Kent Hughes, c’est que les comparables ne racontent jamais exactement la même histoire. Le directeur général du Canadien possède lui aussi des arguments solides.
Le contrat d’un an accordé à Kirby Dach pour 3,6 millions de dollars vient modifier la dynamique. Dach demeure un ancien troisième choix au total qui possède encore un immense potentiel malgré les blessures qui ont ralenti son développement. Ce contrat crée un nouveau point de référence beaucoup plus favorable au Canadien que certains des comparables avancés depuis le début de l’été.
Encore plus intéressant, l’entente conclue par Peyton Krebs pourrait donner un argument supplémentaire à Hughes.
Krebs, un joueur de centre de 25 ans comptant près de 400 matchs d’expérience dans la LNH, a finalement accepté un contrat de quatre saisons à 4,5 millions de dollars par année.
Son profil diffère de celui de Bolduc, mais il demeure un comparable difficile à ignorer. Les centres conservent généralement une valeur supérieure aux ailiers, Krebs possède davantage d’expérience et bénéficiait même du levier de l’arbitrage salarial. Malgré tout cela, Buffalo n’a pas dépassé 4,5 millions de dollars par saison.
Voilà pourquoi plusieurs recruteurs croient que la véritable zone de négociation pourrait finalement se situer entre les deux positions.
Le clan Bolduc viserait un salaire se rapprochant de cinq millions de dollars sur une longue durée, alors que le Canadien serait probablement beaucoup plus confortable dans une fourchette d’environ quatre millions de dollars par saison.
Une entente autour de 4,25 ou 4,5 millions sur plusieurs années représenterait peut-être le compromis naturel si les deux camps souhaitent éviter que le dossier s’étire jusqu’au camp d’entraînement.
Une autre réalité complique toutefois les discussions. Depuis son arrivée à Montréal, Bolduc a été placé dans la niche de Martin St-Louis.
Le coach a toujours refusé de le faire jouer sur le top-6 avec Ivan Demidov et l'a coupé net de l'avantage numérique.
Du côté du clan Bolduc, on clame que cette utilisation a directement nui à sa valeur marchande. À Saint-Louis, Bolduc était perçu avant tout comme un attaquant offensif capable de produire lorsqu’il évoluait Robert Thomas sur la première unité d'avantage numérique.
À Montréal, Martin St-Louis lui a plutôt demandé de devenir un joueur responsable dans les trois zones, de gagner ses batailles le long des rampes, de fermer le jeu défensivement et d’accepter un rôle beaucoup plus ingrat. bref... un « plombier » et non un marqueur.
Son agent Pat Brisson pense que si l’organisation souhaite continuer à lui confier un rôle qui limite sa production offensive, elle ne peut ensuite utiliser cette même production pour tenter de réduire sa valeur contractuelle. C’est l’un des véritables points de friction dans ce dossier.
Son implication physique et son travail sans la rondelle ont été remarqués, particulièrement durant les séries éliminatoires. Cette évolution plaît certainement au personnel d’entraîneurs, mais elle ne fait pas nécessairement exploser les statistiques offensives d’un joueur au moment de négocier son prochain contrat.
Pendant que les négociations se poursuivent, les rumeurs de transactions continuent également d’alimenter les discussions.
Le nom de Zachary Bolduc revient régulièrement lorsqu’il est question de joueurs capables d’intéresser d’autres organisations.
À Vancouver, l’intérêt des Canucks ne date pas d’hier. Rick Dhaliwal a déjà évoqué son nom, TVA Sports a apporté que le Québécois faisait partie des joueurs qui attirent l’attention de l’organisation britanno-colombienne, et plusieurs recruteurs voient en lui un profil capable de remplacer une partie de la production de Jake DeBrusk s'il est échangé à Montréal.
Du côté de Columbus, Bolduc est aussi régulièrement associé à différents scénarios de "package deal" impliquant Kirill Marchenko.
Plus les négociations contractuelles s’éternisent, plus son nom risque de refaire surface dans les discussions entre directeurs généraux.
Son âge, son potentiel offensif et son contrat encore à négocier en font une pièce qui attire inévitablement l’attention à travers la Ligue nationale. Plus un jeune joueur possède de marge de progression, plus sa valeur sur le marché demeure élevée.
Kent Hughes se retrouve donc devant une décision importante. Miser immédiatement sur le potentiel de Bolduc avec un contrat à long terme ou privilégier une entente plus courte afin d’obtenir davantage de certitudes avant d’investir massivement?
Le dossier Bolduc est donc loin de se résumer à une simple question de chiffres. Encore une fois, le fantôme de St-Louis est présent, lui qui aime casser ses mal-aimés. (parlez-en à Xhekaj).
Une négociation qui semblait relativement simple il y a quelques semaines est tranquillement devenue l’un des dossiers les plus délicats et tendu de l’été chez le Canadien de Montréal.
Ça va mal tourner.
