Michael Hage a encore dominé le camp de développement du Canadien de Montréal. Ce n’était même plus une question de talent. C’était une question d’écart.
Sur la glace de Brossard, Hage semblait jouer dans une catégorie à part. Deux buts, une passe, un but en tirs de barrage. Physiquement, techniquement et mentalement, il faisait pratiquement ce qu’il voulait.
À plusieurs moments, on avait davantage l’impression de voir un joueur professionnel affronter des joueurs juniors qu’un espoir évoluer parmi ses pairs.
Voilà pourquoi sa décision de retourner une troisième saison à l’Université du Michigan continue de faire jaser.
Et pas seulement chez les partisans.
À l’interne, le Canadien aurait aimé le voir signer dès ce printemps. L’organisation croyait qu’il était prêt à entreprendre son parcours professionnel. La blessure subie en fin de saison a certainement changé le calendrier, mais plusieurs personnes croyaient malgré tout qu’une signature demeurait possible cet été.
Elle n’est jamais venue.
Selon les informations qui circulent, le Canadien a tenté de convaincre Hage de faire le saut. Une deuxième fois. Puis une 3e fois.
Encore une fois, la réponse a été non.
Évidemment, les explications existent.
La mère de Michael Hage a affirmé que sans sa blessure, son fils aurait probablement signé en avril.

La mère de Michael Hage, Rania, a tenu à mettre les choses au clair. Selon elle, son fils n’est pas retourné à l’Université du Michigan pour des raisons financières comme certains l'accusent. (il sera grassement payé dans la NCAA (voir plus loin dans l'article).
Elle affirme que la blessure subie à la fin de la saison dans la NCAA a véritablement ralenti son développement et que, sans cet incident, il aurait probablement signé son contrat avec le Canadien dès le printemps dernier.
C’est sa version des faits.. pour protéger son fils.
Mais il faut reconnaître qu’elle ne convainc pas tout le monde. Dans le hockey d’aujourd’hui, la NCAA n’est plus seulement un circuit de développement. Avec les ententes de nom, image et ressemblance (NIL), les meilleurs joueurs peuvent toucher des revenus très importants tout en profitant d’un environnement universitaire exceptionnel.
Le Canadien possède des médecins, des préparateurs physiques et des ressources parmi les meilleures de la LNH. Voilà pourquoi certains ont du mal à croire qu’une blessure, à elle seule, explique le choix d’un espoir aussi dominant de repousser son arrivée chez les professionnels.
Soyons sérieux. Hage a choisi le "cash".
L’argument du développement sonne faux. Hage veut revenir comme premier centre de Michigan, jouer dans toutes les situations, poursuivre sa progression et arriver chez les professionnels avec un rôle important plutôt que de simplement survivre dans un alignement.
Un espoir de premier plan, à 20 ans, n'a pas peur de la LNH.
Max Pacioretty, maintenant entraîneur adjoint à Michigan, partage cette philosophie depuis toujours. Lui-même avait déjà expliqué qu’il préférait dominer dans la Ligue américaine plutôt que d’occuper un rôle marginal dans la LNH.
Mais doit-on rappeler que Pacioretty était un joueur tellement "soft" ?
Pas sûr que Hage soit sous bonnes mains avec Pacioretty qui ne voulait pas se casser un ongle en allant dans le coin.
Plusieurs personnes près du dossier reconnaissent également que Michael Hage adore sa vie au Michigan.
Le campus.
Les jeunes femmes à ses pieds.
Les amis.
L’ambiance universitaire.
Les installations.
Le gym.
Les matchs devant des amphithéâtres pleins.
Et maintenant, avec les règles NIL aux États-Unis, les étudiants-athlètes peuvent également toucher des revenus importants grâce à leur image.
Ce n’est plus la NCAA d’autrefois. Pour plusieurs vedettes universitaires, il est aujourd’hui possible de vivre très confortablement tout en poursuivant ses études.
Selon nos information, Hage va empocher en 400 000 et 500 000 dollars cette année.
À 20 ans, difficile de nier que cette qualité de vie peut être extrêmement séduisante. Il est tout simplement une "rock star au Michigan.
Quand un joueur est aussi dominant que Michael Hage, est-il normal qu’il choisisse encore la facilité du circuit universitaire?
Est-ce simplement une décision intelligente de développement?
Ou est-ce qu’on retarde inutilement l’étape suivante?
Pendant ce temps, d’autres organisations continuent de cogner à sa porte. On sait notamment que les Maple Leafs de Toronto ont démontré de l’intérêt dans le passé lorsque son nom circulait dans différents scénarios pour Matthew Knies.
Le Canadien, lui, continue d’attendre.
Encore.
Personne ne remet réellement en question le talent de Michael Hage.
Le potentiel est immense.
Mais lorsqu’un joueur semble déjà au-dessus du niveau auquel il évolue, il est normal que certains commencent à s’interroger.
Les plus grands compétiteurs veulent généralement se mesurer aux meilleurs le plus rapidement possible.
Le Canadien semble convaincu que Hage finira par signer en avril prochain.
Mais d’ici là, une question continuera de revenir.
Si Michael Hage est réellement prêt pour le hockey professionnel… pourquoi ressent-il encore le besoin de repousser ce défi?
Voilà la véritable interrogation qui entoure aujourd’hui l’un des plus beaux espoirs de l’organisation.
